XII. Le Réveil du Peuple. Avec cette épigraphe
Din-don, din-don, din-don, ûnand vous réveillerez-vous donc?
Par Platon*Polichinelle. Paris, le même, 1850, in-18.
« L'Union suisse * terminait son article par l'expression de ce voBu : La presse périodique de Paris doit signaler les productions du chanoine de M***. Elles se recommandent par la science la plus solide, exposée 1 sooveiat dans des pages brftlantes d'éloquence ; par la ^
variété et la richesse des images ; par la correction toujours soutenae du style, malgré le feu roulant de plaisanteries propres à délasser l'esprit du vulgaire, que l'auteur admet aux discussions les plus élevées ».
Le rédacteur de « l'Union suisse * doit être satisfait, car la presse périodique de Paris vient de signaler la dernière des productions du déserteur des hautes gorges de Montiers. Le « Journal des Débats » a publié dans son n(> du 31 mars 1851, comme premier Paris, un article très-remarquable sur le « Réveil du Peuple », de M. Martinet, signé Alexandre Thomas. Dans cet article, qui ne forme rien moins que cinq colonnes. M. Thomas a fait bonne justice de cette mauvaise action, car c'en est une que cette publication. Nous engageons l'éditeur du « Réveil du Peuple > , si ce livre se réimprime, à réimprimer à la fin, comme antidote, l'article remarquable de M. A. Thomas, que nous regrettons de ne pouvoir donner ici en entier à cause de son étendue, mais dont nous donnerons néanmoins le passage suivant, pour faire connaître l'esprit des pamphlets qu'encourage M. Glanset de Montais.
« Il y eut, au débnt de la première Révolution, des pamphlétaires royalistes qui s'imaginèrent qu'il était fort ingénieux de parler au peuple comme lui parlait le « Père Dnchène * et de servir la vieille et noble cause de la monarchie avec les procédés et les jurons des plus sales démagogues. Les honnêtes gens furent bientôt dégoûtés d'un expédient si équivoque, et la populace ne s'y laissa point attraper. Ce souvenir n'a pas assex modifié le zèle du pieux auteur à qui nous devons « le Réveil du Peuple » . Il avait assurément la meilleure intention de faire tort aux clubs de la République démocratique et sociale : il n'a réussi qu'à leur faire concurrence. Non seulement, comme nous Talions dire, il argumente dans le sens de leurs idées, mais il s'abandonne jusqu'à leur emprunter leurs ligures de rhétorique. La religion a-t-elle donc tant gagné à posséder jadis un Père Garasse ? Ce ne sont encore à toutes les pages du nôtre que drôles et gredins, goinfrée et fripons, chiens et canailles, tigres et pourceaux. Il s'est donné pour interlocuteurs des gens c du petit peuple » , selon son expression favorite, et il traite de cette Verte façon tous ceux qui n'en sont pas ; c'est probablement sa manière de se mettre au niveau de son auditoire ; on ne s'y prend pourtant pas comme cela dans l'Évangile.
ff Ce n*est pas tout : Platon-Polichinelle est quelqu'un de très-sérieux ; il nous le déclare lui-même et nous en croyons sa robe ; mais il faut bien avoir le mot pour rire quand on s'adresse au « petit peuple ». — « Quoique extrêmement sérieux par le fond, mon livre est assez amusant par la forme pour que les barboas eux-mêmes se dérident en le lisant ». Aussi l'auteur se risque-t-il un peu loin parfois pour dérider les barbons, ce qui ne l'empêche pas d'affirmer en toute sûreté de conscience que son livre n'en est pas moins à l'usage de la jeunesse, et qu'il l'a fiiit « pour être lu des enfants » . U raconte agréablement, d'après la Genèse qu'il cite en marge, comment les filles des enfants des hommes, vraie postérité de Gain, mieux atti^ fées et plus égrillardes que les autres, donnèrent dans l'œil des enfants de Dieu ; comment les belles cousines entrèrent dans les tentes des saints et en prirent le gouvernement, etc. Il plaisante avec une ironie de haut goût sur la prétendue continence de ce païen de Scipion « qui livra peut-être dix millions de femmes à la brutalité de ses soldats ». — ce qu'on ne dit pas dans les eoUéges! ajoute finement Platon- Polichinelle.
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« Telle est cependant la Tonne d^nn oovrage destiné par on pr(flre à la défense de la religion ; mais que Tonlez-vons? son inexpérience anra trahi sa piété; la forme est mauvaise, soiti passons an fond ; — le fond est pire ! Afin de ramener plus vite les Ames dans le giron de TEglise, l'auteur spécule ouvertement sur toutes les méchantes passions, sur toutes les cupidités qui poussent aux erreurs violentes de ce tempsHii. Il plaide pour les privilèges monastiques et pour les biens du clergé, pour l'absolutisme ihéocratique et pour les royautés de droit divin, précisément dans les mêmes termes et sur le même terrain que les avocats du phalanstère et du communisme. Lui aussi il essaie d'amorcer son monde par l'appât des jouissances grossières ; lui aussi il cherche à déchaîner dans les cœurs tous les serpents do l'envie; c'est par la jouissance et par l'envie qu'il espère reconduire * le petit peuple » jusqu'à Dieu. Excitation à la haine d'one classe de la société, au mépris du gouvernement et des institotions établies, appel i la force brutale, à la résistance armée, tous les délits que la loi est obligée de réprimer dans les feuilles radicales, mais qu'elle ne pouvait point prévoir dans l'œuvre d'un champion de la foi catholique, il les commet tons pour la plus grande gloire de Dieu ».
XÏII. Arche du peuple ; par Platon-Polichinelle, Paris, Jacg.lecoffre et Cie, 1851, 2 vol. in-18.
-1-Voir dans le t GaUlogue général » de M. Ollo Lorenz, tom. III, p. 404, les titres de cinq autres ouvrages de l'abbé Martinet.
+ P. L. B. [P. L. BiGRES, ou BIGLIS].
Le Vainqueur de la mort, ou Jésus mourant, poëme, par — . Paris, Ch. de Sercy, 1632, in4, 67 p.
On a inséré dans ce volume les gravures de Callot dites la Petite Passion, ce qui. joint à sa rareté, lui donne quelque valeur aux yeux des bibliophiles. L'ouvrage avait déjà paru avec le nom de l'auteur à Paris, en 1644, in-8.
P. L. B., apocr, [M"" Guénard, baronne de Méré].
Lucien de Murcy, ou le Jeune Homme d'aujourd'hui ; par —, auteur de « Chrysostome, père de Jérôme ». Paris, Locard e^Dary.lSie, 2 vol. in-12.
Les initiales P. L. B. ont été placées sur le frontispice pour faire croire que ce roman était de Pigault-Ubrun. Ce n'est pas, du reste, la seule fois que l'auteur ou les éditeurs, an moyen de titres entortillés, ont voulu faire adopter par le public des romans de la composition de l'égrillarde M»« Guénard comme étant du chef d'une école de romans erotiques qui n'a point encore trouvé d'imitateurs aussi décents que le maître. Les romans que M>B* Guénard a voulu faire passer pour être de Pigaull-Lebrun, sont:
10 c Chrysostâme. père de Jérôme >, 2» « Achille, fils de Roberville », 3« « Le fut-il, ne le futril pas » ? Voy. ces titres aux Anonymes.
P. L. C. L. D. G., auteur déguisé [le comte I^opold de CurtyJ.
Lettres sur la Suisse. 1" vol., l"' partie. Altona, 1797, in-12.
al -h P. L. D. (le) [le P. Lalimak, dominicain].
Moyens propres à garantir les hommes du suicide, par — . Paru, Morin, A 11%, in-12.
H- PL. D. [Pluciion-Destouches].
Le Siège de Poitiers, drame lyrique en
trois actes, à grand spectacle. Poitiers, i783,
Voy. Petit neveu de Bocage (un).
P. L. D. G., /w. [le P. Lallemant, jésuite]. ''
Nouvelle interprétation des psaumes de David, avec le texte latin et des réOexions courtes et touchantes. Pam, Giffart, 1717,
• Mémoires de Trévoux », année 1718. A. A. B— r.
PLEXIACUS, ps. [Pabbé BrochardJ.
L^xicon philosophicum. Hagœ Comtium, 1716, in-4.
CaUl., de Bunau, t. le, part. I, p. 288.