XV. Le Séminariste
Terminé par E. Th. Bourg, dit Saint-Edme.
M. Eusèbe de G..., dans sa * Revue des romans » {Paris, 1837, 2 vol. in-8), avance qu'aucun des romans de ce fécond écrivain ne lui étant tombé sons la main (ce qui peut paraître singulier), il se borue k donner la liste de ceux qu'il a publiés ou qu'on lui attribue. Cette liste comprend 37 ouvrages différents.
R.4BBI ISMAEL BEN ABRAHAM, pseudomme [Etienne Fourhont].
Voy. IsMAEL. II, 347 c.
RABBU (Jean), maître crocheteur et caporal-major de la milice de Céna (Caeû). pseudonyme [de Saint-Vandrille et Louis MiDY du Chauvin].
Lettre de l'honorable —, à l'honorable Pierre Tubeuf, garçon boucher de Poissy. Seconde édition, augmentée de pièces intéressantes, et enrichie de notes instructives propres à Tédification de tous nos lecteurs; avec cette épigraphe: ^
Les premiers seront les derniers.
Et les derniers seront les premiers.
Évang. selon S. Luc.
A Paris (Caen), chez Guillot Gorju (pseudonyme), rue Saint- Jacques, et chex touz les marchands de nouveautés, 1790, in-8, <>i pages.
opuscule rarissime dont on ne connaît que trois exemplaires, et dont Barbier n'a point parlé.
D'après la lettre même, il résulte qu'elle a eu une première édition beaucoup moins complète ; Je ne l'ai Jamais rencontrée.
Cette brochure fut composée, après la création de la milice bourgeoise à Caen, en haine des chefs nommés par cette milice. Les hommes des classes supérieures avaient d'abord boudé contre la garde nationale, et lorsqu'ils y entrèrent plus tard, ils trouvèrent tous les grades pris par les gens du peuple. Forcés d'obéir à de petites gens, ils firent pleuvoir sur eux une foule de quolibets; tous les chefs devinrent victimes de leurs invectives ; les caporaux, surtout, ne furent pas épargnés. C'est dans cette circonstance que la brochure fut écrite par deux aristocrates : Midy et de Saint-Vandrille. On ne sut leurs noms que longtemps après.
Voici le début de ce pamphlet très-spirituel et très- • mordant : « Eh l bonjour notre ami Tubeuf : comment
< va la Joie? A merveille chez moi, gai comme pinson ; « Je ne pèse pas une once depuis que Je suis de la « Nation. Vive la liberté, morbleu 1 vivent les enfants « de la balle! Je vous salue, honorables personnes, c garçons bouchers, brouettiers, crocheleurs, portec chaises, marchands de merlans, etc.; sans vous on-
< blier, dames de la Halle, qui vous êtes si bien mon- * trées. A genoux, mes amis, et remercions 80. Il y a
< six mois que nous n'étions rien ici ; à présent, nous c sommes tout : nous voilà devenus comtes, marquis, « barons ; nous avons droit de chasse, de pèche, de « colombier, et nous prenons notre revanche avec ces c gens à parchemins, qui se faisaient toujours blanc « de leur épée, et nous traitaient de Turc à More. »
Rabbu continue sur ce ton pendant 16 pages in-8, suivies de 6 pages de notes explicatives et d'une postface de 36 pages, qui n'est autre chose qu'une nouvelle diatribe sous une autre forme. La brochure se termine par une c EpttreàMM. les caporaox de G... > (Caen), puis par de nouvelles notes qui complètent un volume
Je croyais d'abord que les mois c seconde édition » portés au titre étaient de pure fantaisie, mais en lisant « l'épltre » Je me suis convaincu qu'il a réellement existé une première édition que j'ai cherchée en vain. Les auteurs mentionnent les tempêtes soulevées dans le* sein de la milice bourgeoise de Caen par la publication de leur première édition et reprochent aux caporaux la facilité avec laquelle ils ont reconnu la ville de Caen dans le mot Céna du titre de cette satire :
Quoi ! pour le noir vous avez pris le blanc I Vous avez pris l'éloge pour l'injure!
Et dans Céna, vous croyez trouver G
Ce n*est point en Neustrie
Qu'est mon Céna, mais bien en Barbarie.
Les noms propres cités dans la « Lettre de Rabbu » sont des pseudonymes très-transparents à l'époque :
Le major Soliveau était un M. de Saint-Mauvien qui fut si bien stigmatisé qu'il ne (tat plus connu que sous ce nom dans la ville et qu'il l'a porté jusqu'à sa mort ;
L'apothicaire FalourdUi se nommait Le Fauconnier ;
L'imprimeur Souche était l'imprimeur Ghalopin, qui passait effectivement pour être un peu souche ;
Le curé Cervelle était le curé de Bretteville, Mariette, qui, de royaliste ardent (i) devint démocrate non
(i) Il publia, en 1786, la page suivante in-4o, imprimée d'un seul côté avec luxe, et qui, si elle avait plus d'étendue, pourrait être considérée comme une singularité bibliographique fort rare, puisque probablement
RÂBBU