‹ Les supercheries littéraires dévoiléesChapitre 204 sur 898 · RABELAIS · texte numérisé non relu

RABELAIS

moins ardent. Rabbn le plaisante sur une fête qu'il donna à Bretleville-rOrgneilleaso, lors da passage dn comte d'Artois dans ce village le 2 mai 4786.

On reconnaît aisément à la désignation de leurs métiers les antres personnages cités dans la « Lettre » : Lair, anbergiste, à l'enseigne de la Barque; Propre, cordonnier; Seignenrie, rôtissenr; Barbot, commissaire de police.

Je ne sais pas ce qne devint de Saint- Yandrille, l'un des auteurs de la « Lettre de Babbu » ; l'autre, Midy, se trouva compromis dans une émeute royaliste qui eut lieu à Gaen, le 5 novembre 1791, et emprisonné au cliAteau de cette ville. Un auteur anonyme, partisan de la milice bourgeoise, publia à cette occasion, sur lui et ua amis, une chanson fort piquante et fort spirituelle anssi, sous le titre de « Couple» du cousin Tubenf au consin Babbu », C'était répondre avec les mêmes armes, et elles étaient acérées. Cette chanson est imprimée sur deux colonnes in-8, verso et recto (1). Je n'en ai jamais vu d'autre exemplaire que celui que J'ai déposé dans les cartons de la, bibliothèque de Caen.

Midy disparut après son élargissement, et, soit qu'il ttt aller résider dans une autre ville, soit qu'il eût émigré, on n'en entendit plus parler.

Je vous ai dit en commençant que Barbier ne parlait pas de la f Lettre de Babbu » , mais un remords m'est venu et j'ai tenu à r^érifler mon assertion ; Je n'ai

il n'en existe pas d'antre exemplaire qne celui que j'ai sons les yeux :

Fête champêtre.

Bouquet

présenté à son altesse royale

Monsieur, comte d'Artois,

revenant de Cherbourg,

au relai de Brettevillo-l'Orgueilleuse,

entre Bayeux et Caen ,

le 3 mai 1786,

par F.-J. Mariette,

prêtre et chapelain fondé de celte paroisse.

Consument.

c Une rose

« Est peu de chose ;

« L'accueil d'un prince chéri

R La rendra d'un grand prix. »

Aussitôt ce prêtre entonne l'allégro :

Vive le Boil

Vive à jamais Monseigneur le comte d'Artois !

vive le ....!

Ce canon musical est répété à quatre parties par un nombreux chorus de chantres des églises d'alentour, accompagnés d'un orchestre de vielles, violons, lonres et musettes.

Ce rustique concert est ainsi prolongé Jusqu'à ce que la voiture du prince ne soit pins aperçue ; après quoi les concertants terminent la fête par un petit festin rémunératoire.

Imprimé à Caen, le 20 mai 1786, chez Le Roy, imprimeur du Roy.

(1) c Les couplets du consin Tobcuf an consin Rabbn » sont imprimés en caractères usés, comme ceux des complaintes, sans lieu ni date, et sans nom d'imprimeur; mais nous devons croire que Chaloppin, qui avait été vexé par Midy, dut se chaiiger avec plaisir d'en être l'éditeur.

rien trouvé, il est vrai, dans le corps du catalogiie ; cependant la table porte, au mot Midy. un renvoi au no 7093, avec le commencement de titre c Lettres • au pluriel (avec nn a). Il y a évidemment une errenr oa faute d'impression de la part de Barbier lui-même oa de celle des éditeurs de sa table. Je n'ai pu rien deriiier à cet égard ; ce serait chercher une aiguille dans une botte de foin. Il serait, après tout, très-possible que Barbier eût eu révélation de la « Lettre » , puisque Motsant, le premier bibliothécaire de la ville de Caen, était son correspondant le plus actif, et qu'il avait en même temps été le rx>ntemporain de Midy et de Saint-Vandrille. Il faut dire, toutefois, que Moisanl émigra de fort bonne heure. — Je ne puis vérifier si vous parlez de Midy ou de Saint- Yandrille dans votre c France littéraire », parce qne votre livre est en ce moment à la reliure. Je pense, dans tous les cas, que mes renseignements ne vous seront pas inutiles.

Article de M. Georges Mancel, bibliothécaire de la ville de Caen.

RABELAIS, ci-devant curé de Meudoo, apocr.

Lettre de —, aux quatre-vinglrcpiatorze rédacteurs des a Actes des Apôtres ».

Paris, 1790, in-8, 22 p.

Cette feuille offre un mélange assex bizarre de gattés mêlées à des platitudes; à cdté d'nne bonne réflexion on rencontre une sottise. Ce contraste nous a paru assez piquant, et surtout nouveau. Diatribe contre le clergé, et surtout contre le haut-clergé, qui cherchait noise an curé de Mendon pour avoir fait un enfant à sa follette, à sa douillette Jeanneton. Rabelais imagine, pour se venger, de fabriquer une lanterne-magique dans laquelle était monseigneur l'évêque de trois-étoiles, grand orthodoxe de France, qui l'avait dénoncé. Celte lanternemagique est une pièce vraiment curieuse.

Note du tempi,

RABELAIS, aut, supp.

L L'Isle sonnante, par maître François Rabelais, qui n*a point encore été imprimée ni mise en lumière. Imprimé nouvellement. M.D LXII, pet. in-8, 52 fts.

Cet opuscule, devenu très-rare, contient seulement seize chapitres. La première édition dn « Cinquiesme et dernier livre des faitz et ditz héroïques du bon Pantagruel, composé par M. François Rabelais, nouvellement mis en lumière x, M. D. LXmi, in-16, parut onze ans après la mort de maiin François et renferme 47 chapitres. Il existe deux autres éditions datées de 15C5 et nne de 1567 ; ce sont les seules impressions séparées du cinquième livre ; il se trouve dans deux éditions publiées avec la date de 1558 {Lyon, Jean Martin), mais C3t éditeur est supposé, et la date est fausse ; l'impression est de la fin du XVI* siècle. (Voir le « Manuel du Libraire » et les « Recherches > de M. J. Ch. Brunet sur les éditions originales de Rabelais. Paris, Silvestre, 1852, in-8.)

M. C. Régis, qui a publié une bonne traduction de l'épopée rabelaisienne, accomfiàgnée d'un commentaire très-étendu, discute (introduction du tom. II, p. clii) la que^lion de l'authenticité du 5<> livre; il le regarde comme douteux ; il trouve de la différence dans les idées ; il signale un grand nombre de mots qui ne se trouvent pas dans les quatre autres livres (hurlnbnriu, chap. 3 ; bardococnlez, chap. 4 ; tropditieulx, malesuade, chap. 5 etc.) ; le prologue est un centon formé de passages des

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