‹ Les supercheries littéraires dévoiléesChapitre 257 sur 898 · RICHE SOURCE · texte numérisé non relu

RICHE SOURCE

emnpoflés par H. SoDlatie, absnrde même de le snppoter. Il n'y av&it que M. Sonlavie en France qni ne sftt pu ce dont il était capable ; aussi esiril le seul qni ait en la modestie de laisser entretoir quelquefois qu'il pourrait être l'auteur d'un livre dont il voulait bien laisser croire qu'il n'était que l'éditeur, liais la part des onrrages de M. Sonlatie est faite depuis longtemps ; sa manière est connue ; on la retrouve dans tout ce qu'il a écrit ; personne ne saurait plus y être pris : chacun sait aqjourd'hni avec quel empressement il a su préserver de la destruction révolutionnaire tous les on- ' vnges manuscrits sur l'Histoire de France, qu'il savait exister dans les bibliothèques publiques et particulières ; quel soin il prit de les recueillir, lors même | qu'on ne l'en priait pu : il pénétra Jusqu'au portefeuille des hommes qui avaient eu une part quelconque an naniement des affiiires publiques pendant la seconde moitié du dernier siècle ; il n'y eut pas un ministre. pas un ambassadeur, pas un général, pas un courtisan, pas une maîtresse en titre qui ne lui remit ses archives les plus secrètes ; il devint rbeureux dépositaire de tontes les confidences ministérielles, diplomatiques, militaires et galantes : le palais du prince, le cabinet du ministre, la tente du général, le boudoir de la favorite, les chiffres de l'ambassadeur, tout lui fut ouvert; il vit tout, il connut tout, il entendit tout. U semblait que tous les secrets de la politique française, obligés, eux aussi, de s'expatrier, avaient été chercher un asile contre les persécutions révolutionnaires dans h discrétion de M. Sonlavie. Mais il paraît qu'au milieu du trouble général qui égarait alors les meilleurs esprits, ancun d'eux n'avait eu l'attention de lui recommuider U secret. Car, à peine se furent-ils livrés de gré, quelques-uns disent de force, à M. Soulavie, qu'anssitdt chacun sut qu'ils étaient là. Il est vrai qn ils n'en sortirent qu'après avoir été préalablement soumis à une petite opération qni, pour être différente de celle de la circoncision, n'en était pas moins douloureuse. M. Sonlavie, pour qui la doctrine de Pythagore avait beaucoup de charmes, leur faisait subir une espèce de métempsycose ; c'est-à-dire qu'ils ne rentraient dans le monde qu'avec des traits nouveaux. Aussi ne f^irent-ils reconnus de personne ; on avait beau nous dire que c'était le duc de Richelieu, le duc de Choiseul. le comte de Saint-Germain, que nous entendions, que nous voyions ; nous croyions tonjour» voir, nous croyions toujours entendre M. Soulavie. C'était luimême, en effet ; c'était sa physionomie insignihante, sa voix bourgeoise et son petit collet de province. Comment donc cela pouvait-il se faire? Je vais vous l'expliquer : M. Soulavie avait hérité par droit de conquête de la défroque politique de MM. de Richelieu, d'Aiguillon, de Saint-Germain; mais cette déft'oqne, publiée telle qu'elle était, n'aurait formé qne quelques volumes, et ce n'était pas ce que voulait M. Soulavie. Il lui follait gagner de l'argent, et dès lors les Mémoires du duc de Richelieu eurent neuf volumes ln-8. 11 est vrai que M. Soulavie ne fut pas un moment en peine pour les composer. Mémoires sur l'administration des finances, sur la marine, sur l'abolition des corvées ; Mémoires de marchandes de modes, d'intendants de provinces, de valets de chambre, de généraux, de gardes-chasse, de guerre, et du lieutenant de police , des ambassadeurs et du commandant du guet, du cardinal de Fleury et de la Fillon. de M. Turgot et de la Gourdan, de madame de Pompadour et de Boyer. évêque de Mirepoix; de madame du Barry et de Saint Labre ^ le tout mis ensemble sans ordre, sans suite, sans sujet, comme sans occasion. Nous avons donc raison de demander par qui ont élé composés tant d'ouvrages dé-

cousus; car il est évident qu'ils ne sont pas plus l'ouvre de M. Soulavie que de ceux auxquels il lui a plu de les attribuer pour en rendre le débit plus certain. » P. R. A~s. « Prébce envoyée de Berlin ».

H- L'édition donnée par M. F. Barrière des «Mémoires de Richelieu» (Paris, Didot,iShS. % vol. in-i2), est moins complète que celle de Sonlavie, mais elle a été soumise à une critique consciencieuse ; l'éditeur annonce lui-même qu'il a cherché à discerner le vrai du faux et les narrations fidèles des récits arrangés à plaisir >.

RICHEMONT (le général), nom pairim.

[Louis-Auguste Camus, baron de Richemont, général du génie].

Pour la liste de ses ouvrages, voy. notre a France littéraire », à Richemont.

RICHEMONT (le baron de). Voy. Louis- Cii ARLES DE France.

-+- RICHE SOURCE (J.-D.-P. escuyer sieur de), modérateur ae TÂcadémie des Orateurs [Oudart],

1. Conférences académiques et oratoires, sur toutes sortes de sujets problématiques, utiles et agréables, accompagnées de leur décision, où Ton voit l'usage des plus belles maximes de la philosophie et des plus beaux préceptes de 1 Eloquence. Dédiées à Mgr Fouauet, procureur général, sur-intendant des nnances et ministre d'Èstat. Par — . Paris, rAuiheur^àr Académie desOrateitrs, Place Dauphine^ aux deux Croissants, du costé du grand cours d'eau, 1661-65, 4 part, in-4, faux-titre et titre, 13 feuillets non chiffrés, («t 242 pag. : — â* part, paginée de 243 à 597 ; 3* part, de 262 pag. ; 4* part, de 330 pag.

Chacune des parties de cet ouvrage se compose de conférences : la première partie en a 22, la seconde 44. la troisième 22, la quatrième 22. Chacune de ces parties a un frontispice gravé, servant de faux-titre, repréjentant un portique sur le fronton duquel on lit : L'Académie de Platon.

II. L'Éloquence de la Chaire, ou la Rhétorique des prédicateurs. Paris, 1661, in-12.

m. Des Plaisirs de la lecture aux vives lumières du camouflet, ou Maximes de la critique rectifiante et raisonnée sur les plus excellentes pièces de nos plus parfaits auteurs latins, françois, prosateurs et versificateurs. Paris, 1681, m-12.

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