‹ Les suppurations de l'apophyse mastoïde et leur traitementChapitre 16 sur 83 · SIGNES PHYSIQUES, TORTICOLIS · texte numérisé non relu

SIGNES PHYSIQUES, TORTICOLIS

femme atteinte d'un simple abcès mastoïdien (obs. XXIX).

Les mouvements de la tête exagèrent les souffrances, et on ne s'en étonnera pas si Ton songe que plusieurs muscles du cou — le splénius, le sternocléido-mastoïdien, le petit complexus et le digastrique — s'insèrent sur l'apophyse enflammée. De là peut résulter, par contraction instinctive cherchant à immobiliser la région, une sorte de torticolis, où la pari principale revient en général au sternomastoïdien, mais où l'attitude n'est cependant pas toujours déterminée avec netteté, vu l'antagonisme qui existe à certains égards entre le splénius et le sterno-mastoïdien : aussi comprend-on qu'en règle générale il y ait surtout inclinaison de la tête du côté malade, la rotation étant souvent nulle ou à peu près. Radzich (1 ) a consacré une note spéciale à l'étude diagnostique et pronostique du torticolis au cours des otites moyennes ; d'après lui, il indique presque toujours une complication mastoïdienne, avec myôsite du sterno-mastoïdien, maison ne saurait être absolu, car il peut reconnaître une autre cause, notamment uneadénite cervicale : et Radzich cite un cas développé au cours de la rougeole sans qu'il y eût trace de périostite mastoïdienne. Ce torticolis est très uel dans nos observations Y et XXII. Plus encore que les mouvements, la pression loca- (1) Radzich, cité par Grandhomme, th. de doc t., Paris, [890, p. 25.

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3'x SIGNES PHYSIQUES DES MA.STOIDITES LIGUES

liséo exagère les douleurs ; sur toute la surface de La mastoïde, la pression est mal supportée, mais, et Schwartze y insiste avec raison, c'est surtout au-dessous de la linea (emporalis ; et cela même alors qu'aucun changement ne s'esi produit soit dans la coloration, soit dans la consistance des parties molles extérieures. Quelquefois, d'après Politzer, — qui, il est vrai, n'attribue pas à cette constatation une valeur abs0lue la douleur à la pression se localise spécialement en un point qui indique le siège de l'abcès : à nos yeux cette dernière recherebe n'est pas importante, car nous conseillons de toujours pratiquera trépanation typique au lieu d'élection.

Au bout d'un temps assez variable, les téguments de la région mastoïdienne subissent des modifications dont on appréciera bien les phases initiales si on compare la région saine à la région malade. Normalement la peau est ici blanche, fine, facile à plisser entre les doigts : à un moment donné elle devient chaude, épaisse, peu mobile. Puis survient une tuméfaction œdémateuse, bientôt rouge, où le doigt laisse une impression en godet. Cet œdème peut s'étendre assez loin, envahir le pli rétro-auriculaire, et porter en avant le pavillon, dont la direction devient presque perpendiculaire au crâne. Toutefois, cette déviation extrême n'existe presque jamais, à moins qu'un abcès rétro-auriculaire ne se soil collecté.

GK8SATION DE L uïORRHÉE :>j

Mais, avanl d'étudier le- diverses voies par lesquelles le pus tend à se faire jour à l'extérieur, il nous faut indiquer certains phénomènes qui se passent du eût»' du conduit et de la caisse

Tout d'abord, l'écoulement purulent pur le • «induit : dans bon nombre de cas, le plus souvent peutêtre, il diminue, il peut même cesser hait à fait. Nous nous sommes déjà expliqués, dans le paragraphe précédent, sur la conclusion que nous tirons de ce fait. Ici, nous sommes donc en désaccord avec Polit- /••r I . d'après lequel la suppuration de l'oreille esl très abondante : Ce n'est que rarement que j'ai mi cet écoulement se tarir, bien que 1«'- symptômes inflammatoires persistassent du côté de l'apophyse avec la même intensité. a Et plus loin 2 il ajoute : « Le plus souvent, une suppuration profuse indique la persistance •'! l'extension de l'abcès : au contraire, on peut songeràune rétrocession delà lésion quand le pus devient moins abondant. J'ai cependant vu des cas où la cessation de l'otite moyenne -«• montrait en même temps que la perforation se reproduisait se cicatrisait tandis qu'au contraire ces symptômes morbides persistaient I< m i^ t « -m j .- encore du côté de l'apophyse mastoïde. » Loin d'être l'exception, ces derniers l'ait- -ont la règle et nous ne pensons même pas que l'opinion de Politzer -<»ii exacte

1 1 Loc. "/..

SIGNES PHYSIQUES DBS yASTOIDITES AIGUËS

pour la mastoïdite grippale, spécialement étudiée dans le mémoire que nous citons. Quant aux abcès mastoïdiens en général, on n'a qu'à parcourir nos observations pour constater combien <i-t fréquente la diminution el même la cessation de l'écoulement. Non- ajouterons qu'il n'est pas rare d'observer des enfants chez lesquels l'otorrhée a toujours été nulle ou insignifiante.

Si l'on pratique l'examen du conduit et du tympan avec le spéculum, on est tout d'abord frappé par une modification très particulière, que l'on a coutume d'appeler la « chute » de la paroi postéro-supérieure du conduit. C'est, eu somme, l'analogue du gonflement œdémateux que nous venons de décrire à la face externe de l'apophyse, mais il est utile d'entrer dans quelques détails à propos de ce symptôme dont la valeur diagnostique est considérable Scbwar-

tze, S. Duplav .

On sait que le conduit est formé par trois os: en avant, en bas, H en arrière parl'os tympanal, en haut par la portion écailleuse du temporal; mais tandis qu'en haut et en avant la portion tympanale vient se soudera la portion écailleuse, en haut et en arrière il reste entre ces deux pièces un espace qui est comblé par la portion mastoïdienne du temporal. troisième os qui entre dans la composition du conduit. Celte portion mastoïdienne du temporal est creusée <\r cellules, l«i- cellules limitrophes du con-

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