DIAGNOSTIC DES MASTOIDITES SANS ABCÈS L
gnostic de ces mastoïdites sans modification apparente extérieure doit continuer à être porté avec les moyens vulgaires d'investigation : et cela d'autant mieux qu'il s'agira assez souvent d'une intervention d'urgence pour laquelle le praticien éloigné d'une grande ville n'aura pas le temps, s'il veut sauver la vie de son malade, d'appeler à son secours un spécialiste, seul possesseur des instruments spéciaux exigés par les examens précédemment indiqués. Dans ces circonstances, donc, la douleur spontanée plus violente, la fièvre plus intense, les frissons plus fréquents, le délire, les vomissements survenant au cours d'une otite aiguë et s'accompagnantde la diminution de l'écoulement doivent faire soupçonner la complication et hâter l'intervention. Et puis, n'y a-t-il vraiment aucun signe local? Il n'y a pas de rougeur, de gonflement des téguments derrière Toreille, c'est exact : mais toujours l'apophyse sera douloureuse à la pression, parfois même cette sensibilité sera exquise. Associée à une hyperthermie notable, avec de la céphalalgie, cette douleur rétroauriculaire à la pressiou acquiert une valeur diagnostique considérable, et nous verrons en étudiant le traitement, que si clic ne cède pas rapidement à la médication ordinaire, elle constitue une indication opératoire importante. Nous renvoyons à cet égard à noire observation II el au tracé thermométrique probant qu'elle renferme. Déplus, les cellules
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du corps de l'apophyse, relativemenl profondes, ue manifestent rien au dehors ou à peu j>ivs : mais les cellules limitrophes du conduit son! bien plus superficielles; et dans les cas douteux la rougeur, l'œdème,
la « chute » de la paroi postérieure du conduit acquièrent une très grande utilité pour le diagnostic. Nous n'insisterons pas davantage sur ces considérations que nous aurons à discuter, à peu pics identiques, pour établir dans un instant les indications thérapeutiques et nous nous bornerons à relater ici quelques observations.
Observation VIII. — Abcès mastoïdien. — Trépanation de
la masloïde.
Mad... Humb..., ménagère, 54 ans, se présente à la clinique le 18 janvier 1894, se plaignant de maux de tête intolérables dans la moitié droite du crâne, et de douleurs localisées en arriére et au-dessous de l'oreille droite.
La région apophysaire ne présente à l'œil rien d'anormal mais est très sensible à la pression surtout vers la pointe; la région hypo-auriculaire est encore plus douloureuse, on y trouve un petit ganglion. Le conduit est normal, la membrane est normale également sauf un léger épaississement. Surdité complète de l'oreille droite, l'audition à gauche est normale. Le cathétérisme donne un souffle large, normal, sans amélioration aucune des maux de tête, ni des douleurs. Traitement : sachets de glace sur la région apophysaire, glycérine phéniquée chaude à 1 '15 en instillations dans le conduit.
Le 20 janvier, — Douleurs un peu moindres, mais toujours très vives.
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Le 'l'A. — L'oreille a coulé abondamment mais les douleurs apophysaires persistent ; perforation de la membrane dans le segment antéro-inférieur, cathétérisme, lavages par la trompe.
Le -25. — L'écoulement a diminué, le pus est plus épais, presque concret, cathétérisme, lavages par la trompe.
Le 29. — Les douleurs apophysaires sont toujours aussi violentes, les maux de tète intolérables ; la malade n'a pu fermer l'œil depuis quinze jours : les parties rétro-auriculaires sont un peu empâtées ; le pouls est à 110.
En raison des douleurs, des insomnies, de l'empâtement et de la fièvre on se décide à intervenir. Le 3 février la trépanation de l'apophyse est pratiquée : la corticale est saine. On trouve à la place ordinaire un os éburné et aucune cavité cellulaire. On cherche l'antre un peu plus haut que normalement, Le volume de cette cavité parait très réduit, on y trouve à peine quelques gouttes de pus, mais beaucoup de granulations qui remontent très haut vers l'aditus. Gurettage, tamponnement à la gaze iodoformée.
Le soir même le pouls n'est plus qu'à 80, température 37° 5. Le 4, température 37° le matin, 37° -2 le soir, plus de maux de tête.
Le 10, la malade est en très bonne santé, on défait le pansement, la plaie se montre tout à fait en bon état. (Uiérison complète à la fin de février.
Observation IX. — Mastoïdite aiguë. — Trépanation. — Guéris on.
Berthe Sim. .. !."> ans. Otite moyenne aiguë consécutive à la grippe il y a 15 jours. Depuis 4 jours, douleurs très vives dans la région de l'apophyse mastoïde, gonflement œdémateux, chute de la paroi postéro-supérieure «In conduit : perforation as grande de la membrane.