DIAGNOSTIC DES A.BCÉS RÉTRO-AURICULAIRES
Opérée le 2\ avril. Pas de |>u- sous la peau ni sous le périoste ; la trépanation au lieu d'élection chu. luit dans une cavité pleine <le pus et de granulations. Gurettage el agrandissement de la cavité, drainage.
Cessation des douleurs. Température aux environs de 37.
27 avril. — Premier pansement ; on remet un drain ; on pratique trois autres pansements à intervalles de 5 joui-.
Le [^juillet, la malade est guérie ; l'audition est normale, la perforation est cicatrisée.
2° Il y a des signes d'inflammation rétro auriculaire. — Dans ces cas, qui constituent la grande majorité, certaines affections peuvent présenter quelques-uns des caractères de la mastoïdite aiguë, alors que celle-ci n'est pas en cause : nous avons à envisager à ce point de vue l'adénite du ganglion mastoïdien et la furonculose du conduit. De plus, avec chacune de ces lésions, on peut commettre l'erreur inverse, c'est-à-dire méconnaître une mastoïdite qui existe. Pour terminer, nous nous demanderons quelle valeur il faut attribuer aux essais de diagnostic différentiel entre la périostite de l'apophyse et l'inflammation des cellules.
a) Adénite du yanglion rétro-auriculaire. — A la suite d'ulcérations impétigineuses du cuir chevelu, d'excoriations diverses de la peau de larégion mastoïdienne ou du pavillon, de lésions variées du conduit telles que l'eczéma ou les furoncles, le ganglion rétroauriculaire peut être atteint d'adéno-phlegmou : d'où (ièvre, frissonnements, douleurs irradiées, chaleur,
ADKNO-PHLEGMON MASTOÏDIEN 6d
rougeur, gonflement phlegmoneux de la région mastoïdienne. Puis le ganglion suppure, et la fluctuation révèle l'existence d'un abcès.
Le diagnostic n'est pas à discuter entre cet adénophlegmon et les abcès mastoïdiens qui siègent vers la base de lamastoïde, c'est-à-dire au niveau de l'autre, et qui soulèvent, décollent et dévient le pavillon en effaçant le pli rétro-auriculaire. Jamais un adénophlegmon n'agit de la sorte, n'empiète sur le pavillon. Mais pour les abcès mastoïdiens qui occupent la partie moyenne et la pointe de l'apophyse , la question est quelquefois plus délicate, et cela surtout lorsqu'il existera en môme temps un écoulement d'oreille et que l'infection de la peau aura été produite par le traitement dirigé contre cet écoulement: topiques irritants dans le conduit, vésicatoires malencontreux en arrière du pavillon. Dans l'adénophlegmon, les douleurs seront moins irradiées, la pression sur l'os lui-même au-dessus de la tumeur sera indolente, la rougeur de la peau sera plus vive cl plus précoce, l'empâtement des tissus mous apparaîtra plus vite ei sera plus marqué, plus phlegmoneux, le sillon rétro-auriculaire ne sera pas effacé. Si l'on a (h;s renseignements exacts sur le mode de début, la solution du problème aura fait un grand pas, cardans L'adéno -phlegmon la lésion aura commencé par l'engorgemenl d'un ganglion douloureux . dur, roulant sous le doigt, tandis que dans la mas-
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toïdite, le gonflement aura dès le début fait corps avec l'os. Avant de se prononcer, on examinera avec grand soin s'il n'existe pas une-porte d'entrée possible pour \v< germes infectieux sur les territoires tributaires du ganglion mastoïdien. Dans Ions les cas, enfin, l'examen attentif du conduil s'impose, car il va sans dire que la chute de la paroi postérosupérieure tranchera la question, dans les cas douteux, en faveur de la mastoïdite.
Quelquefois, malgré toutes ces investigations, le diagnostic conservera quelques obscurités, et nous renverrons à cet égard à nos observations IV et L1V.
La conclusion à tirer est que toutes les fois que l'on incisera un abcès superficiel de la région mastoïdienne, on devra explorer avec grand soin, du doigt et du stylet, l'os sous-jacent, de façon à bien s'assurer s'il existe ou non un point dénudé: et si l'on en trouve un, on instituera séance tenante le traitement opératoire de la mastoïdite.
b) Furonculose du conduit. — Le furoncle du conduit est très souvent une cause d'erreur, et cela dans plusieurs cas cliniques qu'il importe de distinguer.
Les causes pour lesquelles, d'une manière générale, la confusion est possible sont les suivantes. La furonculose du conduil s'accompagne de violentes douleurs, dues à ce que le furoncle ne peut se développer à son aise dans un tube étroit, à ce que la peau est peu épaisse el repose presque sans intermé-