‹ Les suppurations de l'apophyse mastoïde et leur traitementChapitre 4 sur 83 · ANAT0M1E DES CELLULES MASTOÏDIENNES · texte numérisé non relu

ANAT0M1E DES CELLULES MASTOÏDIENNES

sur le chemin dr* ondes sonores : c'est donc elle qui sert à l'audition.

Pathologiquement, son importance esl grande également: en pathogénie d'abord, parer que les infections — venues par la trompe ou par une rupture du l\ mpan — commencent en elle : en pratique, parce que les lésions des osselets peuvent nécessiter dos interventions thérapeutiques spéciales et plus ou moins complexe-.

Mais à beaucoup d'égards, la caisse esl, au point de vue des inflammations du système cellulaire de l'oreille moyenne, bien moins importante que l'ensemble des autres cellules pétro-mastoïdiennes, et cela parce qu'elle est de beaucoup moins vaste qu'elles. Voyons doue, en gros, comment sont constituées les cavités dont est creusée l'apophyse mastoïde.

On trouve d'abord en arrière de la caisse, dans la partie supérieure de l'apophyse, une cellule appelée antre mastoïdien. Elle esl située en arrière el un peu au-dessus de l'orifice du conduit auditif externe, à la hauteur de l'articulation de l'enclume et du marteau (Schwartze). Son plancher est situé un peu au-dessous d'une apophyse qui horde en un point le méat auditif externe et est formée par la cpalescence de la portion écailleuse el de la portion pétrée du temporal [spina supra méat um). Ces! la seule cellule qui existe à la naissance et pendant les premiers mois, et lorsque nous étudierons la question opératoire,

ANATOMIH DES CELLULES MASTOÏDIENNES

nous verrons quelles conséquences en résultent. Mais peu à peu — et ce développement est à rapprocher jusqu'à un certain point de celui des sinus de la face (1) — des cellules se creusent autour de l'antre, en nombre assez variable, il est vrai, en sorte que Zuckerkandl, dont M. le professeur Duplay a fait connaître les recherches, a établi les types suivants :

1° Dans 30 à 40 0/0 des cas, la mastoïde présente de nombreuses cavités processus mastoïdeus pneumatieus) ;

2° Dans 20 0 Odes cas, on ne trouve pas de cellules au-dessous de l'antre, mais seulement une substance spongieuse, analogue au diploé, contenant des vaisseaux et du tissu adipeux ; quelquefois même l'apophyse est éburnée (processus diploeticus) ;

3° Dans 10 à 50 0/0 des cas, ces deux structures sont associées et outre les cavités aériennes, il existe de la substance diploïque, surtout dan- le segment an téro- supérieur de l'apophyse.

Le type diploïque, où les cellules mastoïdiennes sont en somme réduites à l'antre, ou à peu près, est donc rare; et même — si nous niellons à pari 1rs jeunes enfants chez lesquels il es! la règh — il est, d'après ce que nous avons vu, plus rare que ne le pensent Zuckerkandl et Politzer.

I Voyez sur ce point Tillaux, Traité d\inat. topogr., 6* éd., p. 134, Paris, 1890,

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Presque toujours doue, chez l'adulte, l'apophyse est creusée de nombreuses cavités, qui communiquent entre elles et avec L'antre, par d^> pertuis il est vrai quelquefois très lins, véritables piqûres d'aiguilles trouant <l<i minces cloisons. La masloïde est en résumé une sorte d'épongé, dont tontes les cellules s'ouvrent finalement dans l'antre, et l'axe de toutes ces cellules se dirigevers l'antre, comme les rayons vers le centre d'une sphère.

De ce centre, les unes se dirigent en avant, vers le conduit qu'elles ferment et limitent dans sa partie postéro-supérieure (cellules limitrophes); les autres, très variables comme volume, directement en bas (grandes cellules) ; les autres tout à l'ait en arrière et en bas, vers l'occiput, les autres enfin en arrière et en haut, venant se soudera celles de la portion écailleuse. Le tout ne forme-t-il pas comme les rayons d'une roue autour d'un moyeu? Or, toutes ces cellules, toutes ces cloisons sont tapissées par une muqueuse identique à celle de la caisse, c'est-à-dire riche en glandes et sécrétant abondamment. On comprend donc que, relativement à celle de la caisse, la surface des cellules mastoïdiennes soit immense. En effet, à part quelques petits replis qui se font autour des osselets, la muqueuse de la caisse tapisse tout simplement six parois. Dans les cellules, au contraire, elle est multipliée d'une manière considérable par les cloisons incomplètes: tout comme

INFECTION DE LA CAISSE ET DE L'APOPHY>L Ji

les feuilles de tournure de cuivre dont est remplie la bouteille de Leyde offrent une surface d'accumulation extraordinairement multipliée.

Ces quelques préliminaires posés, voyons comment vont se comporter les infections de l'oreille moyenne.

Ces infections viennent par la trompe, et elles atteignent d'abord, cela va sans dire, la caisse du tympan, c'est-à-dire la première cavité ou cellule qu'elles trouvent sur leur chemin. Mais dans presque toutes les otites aiguës, comme le dit M. le professeur Tillaux (1 ), le canal de l'antre, l'antre et les cellules mastoïdiennes se prennent successivement. Déjà la clinique nous en fournit la preuve, en nous montrant que presque toujours il y a dès le début de ces otites un certain degré de tension, de gêne, de douleur spontanée ou à la pression dans toute l'apophyse. De ces constatations, nous pouvons rapprocher celles que Politzer (2) a faites sur le cadavre. Cet auteur écrit, en effet : « Dans tous les cas d'otite moyenne suppuréc dans lesquels il n'existait pendaiil la vie aucune trace d'inflammation de l'apophyse mastoïde, ni douleurs spontanées, ni sensibilité à la pression, et où l'autopsie a été faite, on a

(4) hoc. cit., p. 132.

(2) Politzer, Ann. des mal. de roi-, cl du ter., 1892, n°5, p. 317. - Disc, p. :{*:>.

1? INFECTION DE LA CAISSE BT DE l/APOPHYSE

constamment trouvé du pus dans les cellules mastoïdiennes ».

Comme explication pathogénique, Poli tzer ajoute : « Cela se conçoit aisémenl si l'on réfléchil que chaque fois qu'une suppuration a lien dans la caissedu tympan la pesanteur fait pénétrer le pus dans l'apophyse pendant le décubitus du malade. » Il l'ait intervenir, en outre, la propagation de l'inflammation par continuité des muqueuses: à nos yeux, ce second facteur est de beaucoup le pins important.

Tant que le canal de l'antre reste bien perméable, le pus contenu dans les cellules mastoïdiennes s'écoule dans la caisse par trop plein et de là an dehors parla perforation du tympan : el même il est probable que, dans Totorrhée de l'otite moyenne aiguë, l'écoulement vient en majeure partie dv> cellules et non delà caisse (1). Cela ne résnlte-t-il pas de ce que nous avons dit sur la surface comparée de la muqueuse des cellules et de celle de la caisse? VA on peut donner encore quelques arguments importants.

Que, par exemple, on fasse la paracentèse du tympan pour évacuer un épanchemènt purulent de la caisse : il ne sortira immédiatement que peu de pus. mais pendant les heures suivantes on verra s'écouler du liquide en ahondance, celui des cellules mastoïdiennes, sans uni doute ; et si l'on donne des dou-

(1) Cette opinion, qui d'après uou< répond absolument à la réalité des laits, a déjà été' soutenue par M. le professeur Uuplay.

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