‹ Les suppurations de l'apophyse mastoïde et leur traitementChapitre 43 sur 83 · OUVERTURE DE LANTRE PAR LE CONDUIT · texte numérisé non relu

OUVERTURE DE LANTRE PAR LE CONDUIT

compléter quelques jours ou quelques semaines plus tard (1 ). Au contraire, quand une fois le facial a été coupé, le sujet est difforme pour la lin de ses jours. Nous ne voudrions pas pousser cette comparaison jusqu'au paradoxe, mais nous pensons qu'il n'est pas bon de s'exposer à sectionner le facial pour éviter plus sûrement de perforer le sinus.

Ce n'est pas tout : l'ouverture par le conduit n'est pas faite en un point déclive. Elle aborde l'antre en son milieu, puisqu'on sait que cette cavité commence en haut à 2 ou 3 millimètres au-dessus de la paroi supérieure du conduit, à la hauteur de l'articulation de l'enclume et du marteau, et finit dans les grandes cellules de la pointe de l'apophyse. Or l'ouverture ne pourra être prolongée par en bas, à cause du facial, qui est logé dans la paroi même du conduit, à la partie inférieure delà face postérieure de ce conduit.

Aussi l'évacuation du pus des cellules de la pointe se fera-t-elle difficilement ; et d'autre part les pansements seront malaisés, pour pénétrer dans la cavité

(1) Sur cette bénignité relative de l'ouverture du sinus, cf. von Baracz, Wien.med. Woch.. 1887, p. 1 200 ; 7 observations suivies de guérison, quoique dans celle de Guye, il y eut eu pénétration de l'air. Il y a cependant des cas de mort, et par exemple Ricard en cite dans son article. Tout récemment, G. Ciiiuom (Arch. ilal. d'otol., 1895, t. III, p. .'i.">) a publié 4 cas suivis .le guérison (trois opérés de 1']. de llossi, uu de Ferreri). Mais la fréquence <!•' celle complication nous étonne .

suppurante par un orifice étroil . profondément situé, où l'œil ei le st\lel n'auront pas un accès facile.

Ce que nous venons de dire pour l'ouverture par le conduit, nous le répéterons, ou à peu près, pour le procédé de Kùster (1 ) : après avoir trépané l'antre, ce chirurgien fait sauter la paroi postérieure du conduit. Nous ne pensons pas (pic cela doive cire généralisé pour les otites aiguës, mais l'opération de Kuster va être le complément de la trépanation de l'apophyse dans les cas chroniques, avec ou sans lis- Iule, où les lésions de la caisse exigent, connue nous l'avons dit en étudiant les indications thérapeutiques, une intervention directe et spéciale.

Donc, nous sommes partisans de la trépanation par voie rétro-auriculaire, qui seule permet d'opérer avec (\v> points de repère précis et d'assurer un drainage large.Mais il nous reste encore à choisir entre plusieurs procédés. Avant d'arrêter ce choix, il faut résumer Fanatomie de la région, car c'est de là qu'il dépend.

Les trois écueils qu'il faut savoir éviter sont, nous l'avons déjà dil. le sinus, la dure-mère, le facial : cl on pourrait leur en joindre un quatrième: le canal semi-circulaire transverse, lequel d'ailleurs ne de-

(1) Kuester, U ut. med. Woch . 1889, p. 254. Discussion à lu Soc. de méd. hit. de Berlin; revue d'ensemble par J a cobson, .4 rch. f. Ohr., 1889, t. XXVIII. p. 288.

Page 1