INDICATIONS CLINIQUES
dilau début de ce chapitre ressort notre opinion, sans qu'il soit besoin d'insister davantage : nous conseillons d'opérer aussitôt que possible, sans se fier à la nature dont les velléités curatrices sont trop souvent insuffisantes à prévenir des complications mortelles. Aussi avons-nous même coutume de compléter l'intervention dès que nous sommes consultés par un sujet qui, à une époque plus ou moins récente, a été traité par l'incision de Wilde.
Lorsqu'il y a une fistule, nous ne sommes plus en présence, comme pour les mastoïdites aiguës, d'une opération d'urgence, ou à peu près. Sauf pourtant lorsqu'il existe des complications intra-crâniennes plus ou moins nettement diagnostiquées : l'intervention doit alors être pratiquée sans aucun délai s'il s'agit d'un abcès cérébral ou d'une phlébite du sinus. Nous croyons même qu'on doit traiter la fistule quand on soupçonne une méningite. Sans doute, contre la méningite aiguë suppurée, nous ne pouvons rien, et si nous opérions pour entretenir avec sollicitude une statistique aussi vierge que possible de décès, nous nous garderions de toucher à ces sujets. Mais tel ne doit pas être notre but, et comme l'opération est seulement inefficace, se borne à ne pas empêcher le malade de succomber à une méningite fatalement mortelle par elle-même, nous pensons qu'elle doit être entreprise. En premier lieu, parce qu'à côté des méningites confirmées il existe,
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avec ou sans fistule mastoïdienne, des cas analogues à nos observations IletXLII, où des accidents à allures méningitiques — pour ne pas préjuger de leur nature exacte — ont cédé avec une rapidité merveilleuse ou au bout de quelques jours, à la désinfection de l'oreille moyenne et de ses annexes ; en second lieu parce que notre diagnostic n'est pas toujours bien ferme entre la méningite, la thrombose des sinus, l'abcès cérébral. C'est pour cela que l'un de nous a opéré deux fois dans des cas de ce genre, sans se faire illusion sur le résultat probable : il s'agissait une fois d'un enfant chez lequel, au milieu des accidents d'une méningite aiguë, se déclara tout d'un coup une hémiplégie qui rendit probable le diagnostic, malheureusement inexact, d'abcès cérébral (obs. XLY . une autre fois, d'un enfant chez lequel fut tentée la chance d'une méningite non encore suppurée et curable (obs. XLYÏ).
Observation XLII. — Otite moyenne chronique bilatérale avec
abcès mastoïdien à gauche. — Accidents pseudo-méningitiques. — Trépanation de l'apophyse et de la caisse. — Guéri son.
Rat... Berthe, âgée de 5 ans, est entrée le 22 février 1893 à l'hôpital Trousseau, salle Giraldès.
Itère sujette aux bronchites, mais vigoureuse et n'ayant jamais craché le san<:. Père bien portant. Une sœur morte de méningite à 13 mois ; deux frères dont l'un, de lu ans 1/2, a eu beaucoup de Lr«»urmes. dont l'autre a été atteinl d'otorrhée.