‹ Les Suppurations de l'apophyse mastolde et leur traitementChapitre 16 sur 76 · ABCÈS SE VIDANT PAR LE CONDUIT · texte numérisé non relu

ABCÈS SE VIDANT PAR LE CONDUIT

tion rétro-auriculaire. Ce symptôme peut exister, mais il exige que la mastoïde se soit spontanément trépanée en une large perforation et que de plus le canal de l'antre soit libre et de grand diamètre. Or, ces conditions sont rares. D^autre part, c'est une recherche à proscrire lorsque la pression est douloureuse, car elle ne conduit, quoiqu'on en ait dit, à aucune conclusion pratique. Chez un de nos malades, nous avons fait cette constatation, qui sautait aux yeux dès qu'on mettait le doigt sur la région rétro-auriculaire, mais il s'agissait d'un cas tout particulier, chez un enfant que l'un de nous avait trépané plusieurs mois auparavant et dont l'otite chronique, insuffisamment soignée ensuite, avait provoqué une récidive de l'abcès rétro-auriculaire : et la cicatrice s'est soulevée en une bosselure blanche, grosse comme une noisette, indolente, que la plus légère pression vidait par le conduit. Mais on n'oubliera pas que cette apophyse avait subi une large trépanation chirurgicale, et ce n'est pas à comparer aux perforations spontanées. C'est un symptôme rare dans les mastoïdites aiguës des otites moyennes aiguës; il l'est beaucoup moins dans les abcès mastoïdiens des otites moyennes chroniques. Cela est facile à comprendre, car dans les cas aigus il est exceptionnel de trouver dans la corticale un trou de diamètre notable, tandis que cela est assez fréquent dans les vieilles fistules.

ABCÈS A LA POINTE DE l'aPOPHYSE 43

premiers jours, la suppuration a été assez abondante, mais elle n'a pas tardé à diminuer.

Le tamponnement a toujours été fait surtout par le conduit.

Le 25 février y le conduit bien dilaté ne suppure plus. La cavité postérieure est réduite à une surface granuleuse large comme une lentille. A partir de ce moment, Tétat local a toujours été bon, mais il persistait, vers la pointe de l'apophyse, une fistulette intarissable, sans que rien coulât par le conduit. Le 28 octobre 1894, en faisant un pansement, on trouva au fond de la fistulette un crin de Florence, qui fut coupé. Le 29 octobre^ la fistule était fermée. En février 1895, la guérison se maintenait.

Le siège de ces abcès est assez variable. Dans la majorité des cas, ils occupent la partie supérieure de Tapophyse, en arrière du conduit, parfois même au-dessus de lui, gagnant vers la fosse temporale, soulevant et effaçant le sillon rétro - auriculaire . Quelquefois la bosselure apparaît à la face externe du pavillon, soulevant les cartilages et effaçant tes plis à la région supérieure du conduit, et de ce point à l'abcès rétro-auriculaire on perçoit la fluctuation.

Chez d'autres malades, c'est à la pointe de l'apophyse que se forme l'abcès, alors en général plus petit, séparé du pavillon par le sillon rétro-auriculaire conservé. Nous donnerons comme exemple de cette forme nos observations iV, LIV. Quelquefois même lapointe paraît libre, le pusétantdescendudans la partie supérieure de la gaînc du sterno-mastoïdien (obs. V).

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Observation IV. — Abcès mastoïdien à la pointe de V apophyse, — Trépanation, — Guérison,

Rond... (Angèle) âgée de 7 ans, est entrée à l'hôpital Trousseau le 22 arri/ 1893, pour une tumeur blanche du genou gauche, vieille d'environ 4 ans, actuellement fîstuleuse et en attitude vicieuse.

Son père et son frère sont morts tuberculeux.

Le 5 jui7i, sans avoir été averti par une otorrhée préalable, on constate un gonflement situé au sommet de l'apophyse mastoïde. La peau est rouge, il y a de l'empâtement, le sillon rétro-auriculaire n'est pas effacé et vu l'absence d'otorrhée, je diagnostique plutôt un adénophlegmon du ganglion mastoïdien, tout en faisant quelques réserves pour un abcès mastoïdien.

Le 1 juin, la fluctuation étant nette, j'incise l'abcès et j'explore l'apophyse que je trouve dénudée au sommet. Je la trépane au lieu d'élection, les cellules renfermaient du pus. Le canal de l'antre paraissant sain, la caisse n'a pas été ouverte. Tamponnement sans suture.

Les pansements ont été faits comme de coutume, tous Les 4 ou 5 jours, et la guérison était complète ]e3i juillet,

31 décembre 1893. — L'enfant est toujours dans le service pour sa tumeur blanche du genou. La mastoïde est en excellent état. Cicatrice blanche, linéaire, absolument cachée par le pavillon.

30 septembre 1894. — Même état.

Observation V. — Abcès mastoïdien dans la gaine du sternocleïdo-mastoïdien , — trépanation, — Guérison,

Mart..., 16 ans fut prise en avril 1893 de la grippe et, à la suite, d'un écoulement de l'oreille droite qui survint après de

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