OSTÉOMYÉLITE PRIMITIVE DU TEMPORAL
déjà auparavant il y avait du gonflement rétro-auriculaire. Depuis 8 jours, ce gonflement est stationnaire.
Actuellement, il existe un abcès mastoïdien typique, volumineux.
Le 25 avril, incision de Tabcès ; ouverture de la mastoïde à la curette, en passant entre les deux pièces non soudées ; on voit au fond le cadre tympanal. Suture avec drainage.
Le 19 mai, Tenfant est entièrement guéri, les fils et le drain ayant été enlevés le 2 mai.
27 décembre, — L'enfant est, sur notre demande, soumis à notre examen. Lu cicatrice est parfaite, l'oreille n'a jamais coulé depuis l'opération, l'état général est excellent.
Observation XII. — Fistule mastoïdienne par ostéomyélite (?) — Trépanation de Vapophyse et de la caisse, — Guérison.
Ren. Fernand, 3 ans, entré le 12 janvier 1893, hôpital Trousseau, salle Denonvilliers.
Mère morte tuberculeuse ; père bien portant. Un enfant mort à l'âge de 1 mois.
A la suite d'une bronchite violente et longue, l'enfant, bien portant jusque là, a été pris d'un abcès mastoïdien qu'un médecin a traité par une incision simple. Comme la fistule persistait, l'enfant a été conduit à l'hôpital.
Le ^^ janvier, ablation d'un séquestre inter-squamo-mastoïdien, excision de la partie postéro-supérieure du cadre tympanal ; curettage de la caisse et ablation des osselets. Les 3 parties du temporal ne sont pas soudées. La mastoïde est remarquablement en retrait sur Técaille.
L'enfant a quitté Thôpital n'étant pas encore guéri, puis il a été perdu de vue.
Il a (Hé revu le 27 février 1894 entièrement guéri, sansotorrhée. L'audition est bonne.
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Tout ce que nous pouvons dire, c'est que nous avons trouvé chez ces deux malades des lésions différentes de celles que nous avons constatées chez les nombreux autres enfants en bas âge pour lesquels l'opération a consisté en une simple trépanation de l'antre.
Une autre variété d'ostéite est une ostéite condensante sur laquelle M. Duplay a insisté avec raison dans son remarquable mémoire sur la trépanation de l'apophyse (1). Le plus souvent sans cause connue, quelquefois à la suite d'un choc, l'apophyse devient douloureuse et si on la trépane on constate qu'elle estéburnée. Dans ces dernières années, cette lésion, dont l'origine est encore obscure dans bien des cas, a été étudiée dans son ensemble par G. Nuvoli(2).
Chez ces malades, on obtient en général la guérison complète en évidant l'apophyse, et comme l'a dit fort justement M. Duplay, il y a là une indication très nette à la trépanation. Dans nos observations personnelles, il en est deux qui sont de cette espèce, et où l'opération a eu un excellent résultai ; chez un
(1) S. Duplay, Arc/i. g^/?. r/e mêd., mai etjuin 1888, p. 586 et 719.
(2) G. Nu VOLT, Ostéite condensante douloureuse de l'apophyse mastoïde, Boll. délie Malatt. dell'OrecchiOy mai 1891, t. IX, no 5, p. 27. — Voy. aussi Owen et Pye, Brit. med.journ.^ 1885, t. II, p. 64. — Lipp:ncott, Journ. of the am. med. ass., Chicaf^o, 1890, t. XIV, p. 50. — Florkncy, Parisméd,, 1886, p. 157.— Knapp, Trana. of the amer. otol. Soc, New Bedford, 20 juillet 1886, t. HI, p. 6*76.
«0 OîSTÊITE feBURNANTE DE l'aPOPHYSE
(le nos malades, Téliologie est restée inconnue lobs. XIII), chez l'autre, la lésion semble avoir été consécutive à un choc lobs. XIV). L'enseignement à tirer de ces faits est qu'on ne se repentira pas d'avoir ouvert Tapophyse dans des cas où on avait diagnostiqué une mastoïdite et où on n'a trouvé aucune lésion des cellules, ni même aucune cellule ; et quand on aura entrepris une opération de ce genre, on ne fouillera pas trop loin dans l'apophyse, sous prétexte d'aller à la recherche d'un abcès mastoïdien imaginaire.
Observation XIII. — Ostnte condensante douloureuse de lapopht/se, — Trépanation. — Guérison.
Corne... se plaint de douleurs très vives du o6té de rapophvse mastoïde irauche. Pas de gonflement, pas de douleurs à la pression, pas d'écoulement d'oreille. Le malade ne sait à quoi attribuer l'origine de ses douleurs. Elles sont lancinantes, presque constantes, avec exacerbations nocturnes; il présente une parésie faciale de ce côté ; l'application de sangsues, la palvérisation de chlorure de méthyle, la douche d'air, les applications de glace ne calmt^^nt pas la douleur. Nous pratiquons la trépanation de Tapophyse mastoïde.
Le 5 février 1802. nous trouvons une apophyse éburnée dans laquelle on a toutes les difficultés à pratiquer un orifice. La trépanation poussée très profondément jusqu'à deux centimètres ne rencontre aucune cellule. Suture, réunion par première
intenti«m.
Depuis cette époque les douleurs n'ont pas reparu, la parésie faciale a disparu. Le malade a été revu bien portant à plusieurs reprises (février 1895).
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Observation XIV. — Ostéite condensante douloureuse de l'apophyse, — Trépanation. — Guérison,
Lam... Jeanne, 9 ans, entrée le 11 décembre 1892 à Thôpital Trousseau, salle Giraldès.
Fille unique de parents bien portants, cette enfant est de bonne santé habituelle, malgré la coqueluche à 4 ans et la scarlatine à six ans. Depuis trois ans, à la suite d'un coup qu'elle s'est donnée contre un bec de gaz, elle ressent une douleur nettement localisée à la pointe de l'apophyse masloïde droite ; cette douleur, vivement exaspérée par la pression, se manifeste quelquefois spontanément sous forme d'élancements.
Outre la douleur à la pression, l'examen local révèle que du côté droit la saillie mastoïdienne est un peu plus volumineuse qu'à gauche. Aucune rougeur, aucune modification de la peau et des plans sous-cutanés.
Le 11 décembre 1892, trépanation au lieu d'élection. L'apophyse est dure, éburnée, ne contient pas de cellules. Réunion sans drainage, pansement aseptique.
18. — Ablation des fils : réunion parfaite. L'enfant quitte rhôpital.
Depuis, elle a été revue à plusieurs reprises, et en particulier nous a été ramenée sur notre demande le 30 décembre 1893. La cicatrice est à peu près invisible. L'apophyse est absolument indolente, spontanément et à la pression ; l'audition est excellente ; l'état général est parfait.
Lorsque, comme dans notre observation XIV, une cause extérieure bien déterminée intervient (trauma), lorsque, par contre, il n'y a ni otorrhée ni trouble de l'audition, on peut affirmer l'existence d'une ostéite condensante primitive de l'apophyse.
Broga et Lubet-Barbon 6
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Mais la netteté du diagnostic peut être moins grande, d'autant mieux qu'après certaines otites chroniques on a vu la mastoïde s'éburner et devenir l'origine de douleurs irradiées (obs. XV). Dans les deux cas, d'ailleurs, l'opération est indiquée, et elle devra être conduite suivant les règles exposées p. 1 72 à propos des fistules mastoïdiennes. Dans les deux faits de ce genre que nous rapportons, nous comptons un succès et un résultat nul, malgré plusieurs interventions.
Observation XV. — Eburnation de V apophyse consécutive à une otite, — Trépanation, — Guérison.
La nommée Gil..., âgée de 30 ans, entre à Thôpital St-Antoine, salle Cruveilhier, dans le service du docteur Monod, le iO janvier 1894 pour des douleurs siégeant au niveau de Tapopliyse mastoïde droite.
Bien portante jusqu'au mois de septembre 1873; à cette époque elle eut la grippe, avec angine et otite moyenne suppurée, douleurs d'oreille très violentes n'ayant disparu qu'au moment de la perforation spontanée du tympan, avec écoulement de pus par le conduit.
L'écoulement a persisté depuis ce moment jusqu'à il y a un mois ; depuis sa disparition, céphalalgie, douleur au niveau de la mastoïde ; apyrexie.
Au bout d'un mois, ne constatant aucune amélioration dans son état, la malade se décide à entrer à l'hôpital.
A l'examen, pas de température. Un peu de rougeur, de chaleur et d'œdôme au niveau de l'apophyse mastoïde, la pression digitale éveille de la douleur.
Aucun écoulement par le conduit auditif externe. M. Monod prie M. Broca d'examiner cette malade, et ce dernier après exa-
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men, conclut à Tindication de trépaner cette mastoïde, opération qui fut pratiquée le i^ janvier 1893. La mastoïde est attaquée avec le ciseau, au niveau de Tantre, mais on ne trouve pas de pus. Apophyse certainement éburnée. Au fond de la cavité on voit Taditus dans lequel passe le stylet.
Cette intervention eut pour résultat de faire cesser le céphalalgie, et dès le premier soir la malade put dormir.
La malade quitta Thôpital 8 jours après et revint au pansement tous les quatre jours.
Revue à la fin de février. Cicatrisation complète. Pas de douleurs, ni de céphalalgie.
Observation XVL — Eburnaiion douloureuse de l'apophyse (Otorrhée ancienne). — Evidement infructueux de V apophyse.
Nég..., 18 ans, vient à la clinique le 21 avril 1892. Se plaint d'entendre des bourdonnements à gauche et d'avoir des douleurs très vives et spontanées dans toute la région apophysaire gauche. Les douleurs sont augmentées par la pression au niveau de l'insertion mastoïdienne du sterno-mastoïdien. Elles irradient surtout en arrière et en bas. Il existe en même temps une suppuration ancienne de Toreille et on trouve une perforation de la membrane du tympan.
Le traitement de Totorrhée continué pendant plusieurs mois amène la disparition de l'écoulement mais non la cicatrisation de la membrane et les douleurs persistent avec des alternatives d'aggravation et d'atténuation malgré tous les traitements qu'on emploie (sangsues d'Horteloup, chlorure de méthyle). Elles deviennent tellement intolérables qu'elles empêchent tout sommeil. La malade maigrit, perd Tappétit et nous nous décidons à pratiquer la trépanation le 2 décembre 1892.
Incision, décollement du périoste facile, mais quand on atta-
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t\tu'. un r.is(»aii Tapophyse mastoïdc, on trouve un os dur éburné, dans lequel on a de lu peine à créer un orifice. On ne trouve paH de relliiles à lu pla<'e où on les rencontre habituellement, l/orilice [laraissant assez grand, la fdaie est fermée, suturée ust'.c soin et pansée. \ai pansement est enlevé au 7«jour, et la plaie Hv réunit par |)remiére intention.
Pendant l(*s jours (fui suivirent cette opération, la malade paraît aller mieux, elle dort, mange, mais ne trouve pas que leM douleurs aient disparu.
Klle quitte la clinique au bout de quelques jours sans être iri*M améliorée ; elle se plaint toujours de douleurs et ces douleiM'H deviennent si intolérables que nous tentons une seconde intervention le 1 jii'm 181)3. Cette fois-ci on évide encore plus ronqilètement la région mastoïdienne jusqu'au canal de Tantre, réunion par première intention : nous devons dire que cette Mer.onde intervention n'est pas non plus suivie de succès au point de vue fonctionnel.
INiiir \viu'A\v [\\\ cadre complet des affections de la rcfçion iiiasIoïditMiiu^ il nous resterait à parler de la HVpliilis cl de la lid)crculose, des tumeurs bénignes ou inaii^Mcs (sarcoiiuîs, carcinomes), des kystes séliîici'S et dcnn()ïd(»s.
Mais nous iu\ voulons pas nous appesantir sur ces ranîtcs, car ces alVections sont ou bien rares par elles-nienics, ou bien rarement disposées de façon à pnMer à l'cmMir.
liOrs(|iMî rcrn»ur(îst possible, est-elle toujours évilablc?ScliN\arl/e — dont la compétence est si grande — a ploiij^é un jour le bistouri dans un sarcome masloïdi(»ii qu'il prenait pour un abcès : que son