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ANATOMIE DES CELLULES MASTOÏDIENNES

nous verrons quelles conséquences en résultent. Mais peu à peu — et ce développement est à rapprocher jusqu'à un certain point de celui des sinus de la face (1) — des cellules se creusent autour de l'antre, en nombre assez variable, il est vrai, en sorte que Zuckerkandl, dont M. le professeur Duplay a fait connaître les recherches, a établi les types suivants :

1° Dans 30 à 40 0/0 des cas, la mastoïde présente de nombreuses cavités (processus mastoïdeus pneumaticus) ;

2® Dans 20 0/0 des cas, on ne trouve pas de cellules au-dessous de Tantre, mais seulement une substance spongieuse, analogue au diploé, contenant des vaisseaux et du tissu adipeux ; quelquefois même Tapophyse est éburnée (processus diploeticus) ;

3® Dans iO à 50 0/0 des cas, ces deux structures sont associées et outre les cavités aériennes, il existe de la substance diploïque, surtout dans le segment antéro-supérieur de Tapophyse.

Le type diploïque, où les cellules mastoïdiennes sont en somme réduites à Tantre, ou à peu près, est donc rare ; et même — si nous mettons à part les jeunes enfants chez lesquels il est la règle — il est, d'après ce que nous avons vu, plus rare que ne le pensent Zuckerkandl et Politzer.

(i) Voyez sur ce point Tillaux, Traité cVanat. (opogr., 6* éd., p. i34, Paris, 1890.

INFECTION DE LA CAISSE ET DE l'aPOPHYSE 11

les feuilles de tournure de cuivre dont est remplie la bouteille de Leyde offrent une surface d'accumulation extraordinairement multipliée.

Ces quelques préliminaires posés, voyons comment vont se comporter les infections de Toreille moyenne.

Ces infections viennent par la trompe, et elles atteignent d'abord, cela va sans dire, la caisse du tympan, c'est-à-dire la première cavité ou cellule qu'elles trouvent sur leur chemin. Mais dans presque toutes les otites aiguës, comme le dit M. le professeur Tillaux (1 ), le canal de l'antre, l'antre et les cellules mastoïdiennes se prennent successivement. Déjà la clinique nous en fournit la preuve, en nous montrant que presque toujours il y a dès le début de ces otites un certain degré de tension, de gêne, de douleur spontanée ou à la pression dans toute l'apophyse. De ces constatations, nous pouvons rapprocher celles que Politzer (2) a faites sur le cadavre. Cet auteur écrit, en effet : « Dans tous les cas d'otite moyenne suppurée dans lesquels il n'existait pendant la vie aucune trace d'inflammation de l'apophyse mastoïde, ni douleurs spontanées, ni sensibilité à la pression, et où l'autopsie a été faite, on a

(i) hoc, cit., p. 132.

(2) Politzer, Ann, des mal. de l'or, et du lar.^ 1892, n^'S, p. 317. — Disc, p. 382.

ROLE DE l'occlusion DU CANAL DE L' ANTRE 13

ches d'air répétées coup sur coup, à chacune on verra sourdre du pus.

En outre, il est très fréquent qu'au moment où se déclare une mastoïdite, avec ses symptômes habituels, l'écoulement par le conduit cesse brusquement, si bien même que parfois, rarement il est vrai, la perforation du tympan se cicatrise pendant qu'évolue l'abcès mastoïdien ; c'est qu'il s'est produit une occlusion du canal de l'antre, occlusion sur le rôle de laquelle nous allons avoir à revenir. Enfin, lorsqu'il existe une mastoïdite aiguë accompagnée d'otile moyenne aiguë avec écoulement purulent, il est de règle qu'après la trépanation de l'apophyse, l'otorrhée cesse ; et le tympan se répare sans qu'on ait touché à la caisse.

Nous venons de parler de l'occlusion du canal de l'antre ; elle a en effet un rôle pathogénique important. Si ce canal, si la perforation du tympan — car jamais, quoiqu'on en ait dit, le pus ne reflue par la trompe — sont larges et béants, les cellules mastoïdiennes se vident bien, leur envahissement ne se traduit au dehors que par des symptômes médiocres ou nuls, leurs lésions peuvent guérir sans opération. Mais que le libre écoulement du pus soit gêné, que la perforation du tympan soit trop étroite, que surtout la muqueuse boursouflée rétrécisse ou oblitère Vaditus^ et les conditions vont se trouver changées. Cette occlusion de Taditus est encore facilitée

16 LES VOIES DE MlGKAtlOX DU PUS

des (obs. X, XXII, CXIX . Celle voie sera rarement choisie par le pus el rinfeclion lendra. avec une fréquence malheureusemenl Irop grande, à gagner en haul le plafond de Tadilus el la fosse cérébrale moyenne, en arrière la goullière du sinus laléral. De là des complicalions de la plus haute gravilé : les collections purulentes sous-durales, les méningites, les abcès du cerveau, les thromboses des sinus. Assez souvent l'os est enflammé, raréfié, ramolli dans une ou plusieurs de ces directions. Il n'esl pas rare qu'au fond d'un abcès mastoïdien rétro-auriculaire on trouve une perforation spontanée ou tout au moins une zone rouge, dépressible. où la curette s'enfonce avec facilité. Il v a un véritable abcès en

bouton de chemise. De même pour certaines poches sous-durales. De même, sans poche sous-durale, dans un des cas où l'un de nous a opéré, pour tenter d'arrêter une méningite déjà caractérisée, il a trouvé le plafond del'adilus raréfié, s'effritant sous la curette, si bien qu'après rugination de l'os malade, la duremère s'est trouvée largement à nu (obs. XLVl). Chez cet enfant, la paroi de la gouttière du sinus latéral était dans le même état et le sinus, lui aussi, fut dénudé. Cette carie de la gouttière latérale n'est pas excoptionneUe, puisque cinq autres fois nous l'avons constatée à un haut degré : une fois dans un cas aigu, quatre fois dans des cas chroniques.

Lorsque, sur le cadavre, on a examiné les rapports

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