‹ Les Suppurations Prostatiques à StaphylocoquesChapitre 10 sur 28 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Abcès de la prostate consécutif à un anthrax de la nuque et terminé par la mort subite à la suite de la perforation du tronc coeliaque.

Malade âgé de 26 ans, se présente à la polyclinique « Inbirea de Oumani » le 29 octobre 1925, pour des douleurs à la miction et une gêne au niveau du périnée.

En 1916, une urétrite, dont il guérit; quatre ans après, nouvelle urétrite, guérison. Le 29 septembre un furoncle à la nuque, accompagné de fièvre et de douleurs. Ouverture spontanée et guérison après deux semaines. |

Cinq jours après, mictions fréquentes, douloureuses et hématurie terminale, et en même temps sensation de pesanteur au périnée, Adressé à la polyclinique, on constate un abcès net de la prostate, avec urines troubles et état général relativement bon.

Legère secrétion urétrale, dans laquelle on trouve des poiynucléaires, des cocci, et pas de gonocoques. Le 30 octobre,

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avec rachianesthésie à la novocaïne, on lui fait une incision périneue, qui donne issue à une grande quantité de pus, dans lequel on trouve des staphylocoques en culture pure, dont on réussit à préparer un autovaccin, qui est appliqué de suite en injections. Suites presque normales jusqu’au 2 novembre; :orsqu’on constate des douleurs épigastriques avec constriction et une certaine gêne respiratoire. Température normale, état général bon. Le même état se maintient, sauf une constipation opiniâtre, jusqu’au 7 novembre, date à laquelle la douleur épigastrique devient très intense, excruciante, avec des crises de dyspnée, sans accélération du pouls.

Le o novembre il est transféré à la clinique urologique ne pouvant plus revenir aux pansements à la polyclinique. Son état était stationnaire, lorsque dans la matinée du 10 novembre, après une nuit agitée, sans fièvre, 1 est pris de lipcthymies et d’une sensation de faiblesse et, après quelques instants, il succomdbe brusquement.

A la nécropsie on constate à l’ouverture du ventre une grosse quantité de caïtlots sanguins qui remplissent tout le bassin et l’hypocondre droit.

Les ganglions mésentériques sont enflammés, au-dessus et derrière la petite courbure de l’estonrac, on constate une tumeur, imprégnée de sang, dure, du volunmte d’une mandarine, et déchirée à sa partie supérieure.

Cette tumeur est située au-dessus du pancréas et appliquée sur l’aorte abdominale; après dissection, on se rend compte que la tumeur ne présente aucune connexion avec les organes voisins et que le tronc coeliaque est détruit à son origine même.

Rien d’anormal dans le péritoine et les organes abdominaux. La prostate est légèrement augmentée, congestionnée à la périphérie. Rien d’anormal dans le petit bassin.

Ur PS

Cette métastase prostatique de nature staphylococcique qui s’est terminée par la mort subite, due à la perforation du tronc cœliaque est peut-être très rare, mais il reste évident que le staphylocoque charrié par le torrent circulatoire peut déterminer dans certains points de l'or. ganisme les pires méfaits. 6

Nous citerons encore l'observation de M. Gayet à ia société de chirurgie de Lyon (Séance du 10 mars 1927).

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