‹ Les Suppurations Prostatiques à StaphylocoquesChapitre 11 sur 28 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

P. Joseph, 35 ans, entre au service le 18 février 1926, -envoyé par le docteur Moutot, pour récidive de prostatite aiguë.

Antécédents : Dans l’enfance, pas , de maladies infectieuses graves, rougeole pendant son service militaire, compliquée d’otite. Une blénnorragie à 20 ans sans complications. Veuf sans enfant. Il rapporte le début de son affection à un refroidissement datant de trois semaines environ. A signaler pourtant que, consécutivement à des brûlures aux deux mains par l'électricité, il a fait quelque temps auparavant une furonculose localisée aux deux avant-bras. Donc, il y a trois semäaines, il a commencé à éprouver de la pesanteur au niveau du périnée et de grandes difficultés à la miction et à la défécation en même temps que la température montait à 39°, avec état général assez touché. La résolution se fit spontanément au bout de quelques jours, puis évacuation d’un flot de pus par l’urêtre.

Consécutivemient les troubles fonctionnels et généraux disparurent complètement. Après cette période d’amélioration, le malade reprend un mauvais état général avec température à 40° en même temps que les troubles de la miction et de la défécation réapparaissent. À l’examen, le ma-

Roi

Jade apparaît assez profondément touché, son teint est ter-

reux, Son pouls accéléré, sueurs profuses; état saburral des

voies digestives supérieures. Dysurie, pollakiurie très ac-

centuée allant, par moments, jusqu’à l’incontinence; au toucher rectal, on sent la prostate grosse, molle et douloureuse; donnant la sensation classique de toile tendue sur un cadre.

Le même jour, intervention, sous anesthésie au Kélèneéther. Incision préanale; dès qu’on a incisé la couche des muscles superficiels, on trouve une cavité remplie de pus bien lié, le doigt reconnaît une poche occupant tout l’espace prérectal. Débridement, lavage, tamponnement. Envoi de pus au laboratoire. Celui-ci répond : « Staphylocoques nombreux; quelques chaïînettes de streptocoques à quatre éléments au plus ». |

Après quatre jours de sédation de tous les symptômes et de retour de la température à la normale brusquement la fièvre reprend, le malade se plaint de son genou droit, celuici apparaît globuleux. Une ponction est pratiquée, on retire 25 centimètres cubes de sérosité citrine très légèrement louche. On envoie un prélèvement au laboratoire à fins d'examen et de préparation d’un auto-vaccin. On nous répond : « Staphylocoques, préparation d’un auto-vaccin avec 5 milliards de germes ». Le 1° mars, une nouvelle ponction est faite, et comme on trouve cette fois, du véritable pus, on pratique de suite une arthrotomie du cul de sac supérieur par le procédé de Jaboulay, plâtre, mise en position très inclinée pour favoriser le draînage en même temps on commence les injections d’autovaccin.

Mais l’infection semble redoubler et quatre jours après l’arthrotomie la température atteint 40°5. On pratique alors la résection du genou, comptant sur ce draînage à la plus haute expression, conime disait Ollier pour enrayer les accidents.

En effet, pendant quatre jours, la température retombe aux environs de 37°5; pendant ce temps, les injections d’auto-

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