‹ Les Suppurations Prostatiques à StaphylocoquesChapitre 18 sur 28 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

Sujet de 50 ans. — Après deux localisations secondaires qui évoluèrent avec un syndrome de septico-pyohémie atténuée pour donner un abcès dans les muscles de l’avani-bras droit et une suppuration de la loge péri-néphrétique gauche, la localisation prostatique se mianifesta un mois et demi après les premiers accidents par des épreintes, de la pollakiurie angoissante, des réactions douloureuses iusqu’au niveau du rein droit. Le toucher révélait une prostate tendue surtout dans son lobe droit, rénitente. sans fluctuation nette, si bien que nous n’avons pas encore juge à propos d'’inciser ce phlegmon prostatique qui ne semble pas avoir par luimême aggravé l’état du malade. Par contre, dès que celui-ci fut confié à nos soins, et dès les premières menaces d’infection généralisée, nous avons eu recours à un auto-vaccin dont l’usage n’a pas été sans doute étranger à l’évolution preÿque subaiguë des lésions sans les frissons et les poussées thermiques que l’on observe habituellement en pareil cas.

Ajoutons que M. F. Marsan dans un congrès de l'association française d’urologie a rapporté plusieurs cas

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d'infection à stàphylocoques qui ont guéri par lautovaccin. Il a cité l'exemple suivant : Un médecin, frère d’un illustre chirurgien soigné depuis trois semaines pour une fièvre typhoïde probable. Un jour il présente du ténesme vésical et on me fait appeler. Je constate un abcès de la prostate, un rein gros et douloureux des urines troubles et une température .variant de 38° le matin, à 395 le soir. Les urines renferment du pus et du staphylocoque. Dans le sang, il y a du staphylocoque. Je cherche la cause de cette infection et le malade se souvient que quelques jours avant sa maladie, il avait eu un petit furoncle de la fesse. La thérapeutique médicale et notam ment l'emploi de l’auto-vaccin l'ont Rens guéri. La convalescence a été très longue.

Nous communiquons l'observation de M. J. Martin (de Toulouse). Rapport de M. A. Savenant) sur la Pyohémie à staphylocoques consécutive à un abcès de la prostate (Journal d’urologie de 1926, t. 1).

OBSERVATION x.

Le 14 février 1924, nous sommes appelés par un de nos confrères des environs auprès d’un homme de 48 ans, atteint d’un abcès de la prostate, ouvert dans l’urêtre, et d’un abcès de la région temporale droite. Voici son histoire pathologique résumée d’après les renseignements fournis par le médecin :

L’affection a eu un début soudain, le 29 décembre 1924, par des élancements très pénibles dans la région anale, du tenesme, de la pollakiurie, des frissons et de la fièvre. Peu après, le médecin träitant a constaté de la pyurie, Le tou-

cher rectal montra, dès le premier examen, les signes évidents d’un abcès de la prostate; gros placards indurés et douloureux avec centre dépressible, le pus sous la pression du doigt s’écoulait dans l’urêtre.

L'examen du pus recueilli au méat a décelé la présence de nombreux diplocoques intracellulaires. Malgré les lavements chauds et les suppositoires, les symptômes s’aggravèrent rapidement, et une rétention d'urine nécessita le cathétérisme, Le patient fut alors adressé à un chirurgien voisin, qui pensant que cet abcès de la prostate, ouvert dans les voies naturelles, avait toutes chances de guérir sans intervention sanglante, mit une sonde à demeure (du 3 au 7 janvier) et pratiqua des massages prostatiques. Le malade rentra ensuite chez lui où ce dernier traitement fut continué. La rétention disparut et il y eut une phase d’amélioration nette, le volume. des lésions perçues par le toucher rectal ayant très sensiblement diminué. Cependant la température oscillait toujours autour de 38° le soir et 37°5 le matin.

Dès les premiers jours de février, nouvelle poussée fébrile, 39°, et apparition d’une péri-arthrite du genou gauche, d’aspect phlegmoneux, sans liquide intrasynovial (ponction). Le médecin traitant injecta un stock-vaccin antigonococcique, puis du lantol, puis de la septicémine, sans obtenir d’amélioration. Le 12 février: apparut une tuméfaction dans la région teniporale gauche, d’où s’écoula après incision un pus crémeux où un bactérologue trouva du staphylocoque doré pur.

C’est peu après que nous voyons le malade. Le toucher rectal montre un eéempâtement diffus très dur, paraissant situé surtout au-dessus de la prostate, au niveau des vésicules séminales et du trigone et s’étendant loin en arrière autour du rectuni qu’il entoure en formant un croissant. À gauche et à bout de doigt, on trouve un point ramtolli. Ce seul examen fait sortir une abondante quantité de pus par lurêtre. Le cathétérisme avec une sonde béquille montée sur mandrin courbe est facile, il n’y a pas de résidu vésical.

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Au fond de l’abcès incisé, à la région temporale, un stylet sent l’os dénudé sur une large surface. Le malade est amené à Toulouse où nous l’opérons dès le lendemain de son arrivée,

Opération le 17 février. — Anesthésie à l’éther. Nous pratiquons d’abord une dérivation d’urines par cystostomie destinée à permettre w:3 désinfection plus rapide et plus efficace des lésions prostatiques et périprostatiques en supprimant leur réinfection constante par l’urine.

Nous faisons ensuite une large incision bi-ischiatique en avant du rectum, qui nous permet d’aller chercher et d’ouvrir un abcès très haut placé, au-dessus de la prostate à gauche, d’où s’é oule une petite quantité de pus épais.

Passant alors à la région temporale, nous agrandissons l’incision et trouvons tout de suite sur l’os dénudé un petit pertuis par où sort le pus ef qui nous conduit sur un abcès extradure-mjérien assez volumineux que nous ouvrons et draînons largement, en réséquant à la pince gouge une grande partie de l’écaille du temporal. Dès les premiers jours, cette large intervention paraît efficace. Les urines s’éclaircissent rapidement et la suppuration diminue, tant au périnée qu’au crâne.

Nous pensions déjà être maître de la situation, quand se manifestèrent de nouveaux phénomènes inquiétants, La courbe thermique remonte et nous. remarquons au niveau du miollet gauche, en pleine masse musculaire, une tumeur fluctuante qui s’est développée sans grande réacticn locale, Une ponction aseptique, à la seringue de Pravaz, ramène du pus où un examen bactériologique décèle du staphylocoque doré pur, avec lequel nous faisons préparer un auto-vaccin. Aussitôt après la ponction, ouverture large et draînage de l’abcès.

Les jours suivants la température reste élevée, malgrél'emploi de propidon, puis de l’auto-vaccin à staphylocoques, dès qu’il est préparé.

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Des phénomènes pieuro-pulmonaires apparaissent alors et comme une ponction dans le sixième espace intercostal gauche, au niveau de la ligne axillaire, ramène du pus, nous pratiquons une pleurotomie à cet endroit. L’ircision de la plèvre donne issue à du liquide citrin (le pus ramené par la ponction siège probablement dans le parenchyme pulmonaire, où nous ne jugeons pas utile de le chercher).

Malgré la fièvre toujours élevée, l’état général reste bon et le malade s’alimente bien. |

Le 9 mars, nouvel abcès de la jambe gauche, que nous incisons. :

Le 13 mars, poussée fébrile très forte. À partir de ce moment l’état général décline rapidement et tout espoir paraissant perdu, le malade est ramené chez lui où il s’affaiblit de plus en plus et succombe le 3 avril.

Le médecin traitant’a dû ouvrir un abcès du tibia droit et faire une arthrotomie du genou gauche.

Nous signalerons encore l'observation typique de staphylococcémie d’origine urinaire de M. le Professeur Legueu bien que la prostate n’ait pas été intéressée. Nous avons cru devoir la reproduire pour bien montrer le danger du staphylocoque pour l'arbre urinaire lorsqu'il circule dans le sang et de sa localisation élective sur les os. Observat. I du journal d'urologie de 1913, tome IT.

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