‹ Les Suppurations Prostatiques à StaphylocoquesChapitre 19 sur 28 · LES NN · texte numérisé non relu

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par crises et s’accompagnaient d’anurie pendant quelques heures; la douleur devenait rapidement très intense jusqu'à provoquer des nausées ou mjème des vomissements. Elle disparaissait après 4 ou 5 heures et laissait le malade abattu, fatigué; Ia douleur disparaissait alors complètement et jusqu’à la crise suivante, soit pendant une période de 3 ou 4 semaines.

C’est pour ces crises à répétitions que je voyais le malade : les urines étaient un peu troubles, mais il n’y avait aucune fréquence à la miction; le rein droit cependant était mobile et facile à palper dans toute l’étendue de sa hauteur. IL n’y avait rien aux testicules, rien à la prostate.

L'état général était assez bon : il s’agissait d’une pyélonéphrite légère, peut-être provoquée par un calcul urétral. Il fallait d’abord un cathétérisme de l’uretère et une exploration fonctionnelle des reins. C’est ce que je proposai au

malade.

Le 8 avril, je faisais une cystoscopie qui me montrait une vessie normale, un urêtre gauche intact et un urêtre droit un peu tuméfié; la sonde ne peut s’y introduire, elle bute presque aussitôt. Je ne voulus pas faire le cathétérisme de l’autre côte, et je nŸen tins là pour ce jour, pensant faire une radiographie quelques jours plus tard.

Le malade retourna chez lui aux environs de Paris, à Orsay. Au bout de 8 jours, il fut pris d’une crise douloureuse, comme les autres, à droite, et qui, tout de suite, détermina des accidents nouveaux. D’abord, il y eut une fièvre très élevée à 38°5, 39°. Le rein était plus gros et plus sensible que d’habitude, l’état général s’altéra assez vite pour que l’on s’inquiétât assez rapidement dans l’entourage du malade; et l’on me fit appeler. Quinze jours s'étaient écoulés depuis que j'avais vu le malade.

Je le trouve en puissance d’une infection assez grave : teint pâle, langue sèche, température élevée. Le rein droit est très augmenté de volume; il semble avéré qu’il y a un

LME PEU

peu de périnéphrite tellement les dimensions du rein sont augmentées et les contours vaguement dessinés. Les urines contiennent plus de pus que lors des deux autres examens; elles sont en même temps sanguinolentes.

En présence de cet état, je diagnostiquai une périnéphrite suppurée autour d’une pyélonéphrite de cause inconnue en prévoyant la nécessité presque immédiate d’une opération, je fais transporter le malade dans ma maison de santé à Paris.

Là, une radiographie est faite qui reste négative.

Et le lendemain, 27 avril, je pratiquais, sous anesthésie la découverte lombaire du rein droit; je trouve un phlegmon périnéphritique, mais il n’est pas tellement développé que je ne puisse reconnaitre le rein. Celui-ci est ouvert; sur la tranche de son parenchyine, je reconnais et j'ouvre plusieurs abcès miliaires de néphrites descendants, j'ouvre le bassinet qui contient un peu de pus; et je laisse un drain dans le rein, et un drain autour du rein. Le pus du rein et de la périnéphrite recueilli dans les pipettes donna à la culture du staphylocoque pur.

Je pensais que le malade allait se remettre assez rapidement et, de fait, pendant les premiers jours, tout sembla rentrer rapidement dans l’ordre. La température s’abaissa, l’état général s’améliora rapidement : le drainage s’effectuait facilement.

Cependant, 15 jours après, le malade faisait une parotidité à droite: en 2 jours, la twméfaction atteignait un volume considérable. Puis une parotidite se développait à gauche, de volume également considérable, en même temps que la fièvre remontait; la langue était sèche, rotie; le pronostic nous parut à ce moment assez grave. Bientôt il fallut ouvrir la parotidite à gauche, puis la parotidite à droite. Et le malade, contrairement à notre attente, sembla prendre

le dessus.

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