‹ Les sœurs RondoliChapitre 4 sur 26 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

précîpilaî ca avant une bougie à la main, je poussai d*un coup de pied la porto entrebâillée de ma chambre, et je jettai un regard effaré vers la cheminée. Je no vis rien. — Ah!...

Quel soulagement! Quellejoie! Quelle délivrance! J'allais et je venais d'un air gaillard. Mais je ne me sentais pas rassuré; jemerelourliais par sursauts ; Tombre des coins m'inquiétait.

Je dormis mal, réveillé sans cesse par des bruits imaginaires. Mais je ne le vis pas, Non. C'était fini I

Depuis ce jour-là j*ai peur tout seul, la nuit. Je la sens là, près de moi, autour de moi, la vision. Elle ne m'est point apparue de nouveau. Oh non! Et qu'importe, d'ailleurs, puisque je n'y crois pas, puisque je sais que ce n'est rien I

Elle me gène cependant parce que j'y pense

sans cesse. — ^.Une main pendait du côté droit, sa

tète était penchée du côté gauche comme celle

d'un homme qui dort... Allons, assez^ nom de

, Dieu! je n'^ veux plus songer 1

Luif m

Qu^est-ce que cetto obsession, pourtant?

Pourquoi cette persistance ? Ses pieds étaient tout près du feu!

II me hante, c'est fou, mais c'est ainsi. Qui, II? Je sais bien qu'il n'existe pas, que ce n'est rien! II n'existe que dans mon appréhension, que dans ma crainte, que dans mon angoisse!

Allons, assez!...

Oui, mais j'ai beau me raisonner, me roidir, je ne peux plus rester seul chez moi, parce qu'il y est. Je ne le verrai plus, je le sais, il ne se montrera plus, c'est fini cela. Mais il y est tout de mémo, dans ma pensée. II demeure invisible, cela n'empêche qu'il y soit. Il est derrière les portes, dans l'armoire fermée, sous le lit, dans tous les coins obscurs, dans toutes les ombres. Si je tourne la porte, si j'ouvre Tarmoire, si je baisse ma lumière sous le lit^ si j*éclaire les coins, les ombres, il n'y est plus; mais alors je le sens derrière moi. Je me retourne, certain cependant que je ne le verrai pas, que je ne le verrai plus. Il n'en est pas moins derrière moi, encore.

fit LUI?

C'est stupidê^ mais o^est atroee. Que vonx* tu ? Je n'y peux rien.

Mais si nous étions deuxchei moi, je sent, oui^ je sens assurément qii*il n'y serait plus! Car il est là parce que je suit seul» uniquement parce que Je suis seuil

MON ONCLE SOSTHÊNE

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