DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
Mespames, MESSIEURS,
Que pourrait-on ajouter à ce discours?
L’orateur l’a résumé lui-même en une formule saisissante, il nous a dit : entre le Canada et la France il y a une communauté
“de sentiment, et et une communauté « d’ intérêts. Le s sentiment rendra facile la conciliation des intérêts. C’est l’histoire des bons ma- —
riages. Quand les futurs époux s’aiment, les notaires peuvent venir qui n’ont pas grand”peine à dresser le contrat. (Sourires.)
Pour le.dresser, et de façon que personne ne soit dupe, et que les deux conjoints gagnent également, les notaires ne nous manquent pas. ,
Au Canada, M. Montpetit est venu nous le
répéter, les sociétés particulières et les autorités publiques de la province la plus française cherchent les moyens de rendre plus intimes et plus efficaces les rapports entre nos deux pays.
Cet effort trouvera en France des bonnes volontés égales et expertes. Je tiens à honneur de le dire, après un trop long oubli qui ils semblaient avoir perdu l’un et l’autre le sentiment de leur parenté, quelques Français se groupaient pour rétablir à la fois un commerce d'amitié et une amitié de commerce avec le Canada. Je salue les fondateurs de la « Canadienne » parce que leur initiative, leur activité modeste et persévérante, brisa la première l’épaisse couche de glace entre les deux rives de l'Atlantique. Par le passage ouvert est passé le navire qui portait d’une terre à l’autre la délégation du « Comité France-Amérique. » L'importance de l’homme qui avait créé ce Comité, la faveur des circonstances, l'éclat de l'accueil fait par la cor-
dialité canadienne à la visite française, les rapprochements durables dont ce voyage a été l’occasion constituent ce Comité en intermédiaire actif et efficace des projets à venir. Ils se poursuivront dans l'esprit que vous avez défini, monsieur. Vos paroles de ce soir n’ont pas été perdues. Nous sentons et le besoin que vous avez de nous et Le besoin que nous avons de vous. Surtout nous avons conscience que notre plus intime, notre plus indestructible solidarité n’est pas une entente de gains matériels, mais de pensées, de sentiments, de croyances, de goûts, un trésor de civilisation. Nous n’oublierons pas votre dernière, votre émouvante parole, que dans d’autres pays la France peut avoir à conquérir, mais que sur deux points du monde, l’Alsace-Lorraine et le Canada, la France doit conserver. (Salve d’applaudissements. )