‹ Les survivants de la communeChapitre 14 sur 68 · LA CAGE AUX PARISIENS · texte numérisé non relu

LA CAGE AUX PARISIENS

Présentons en quelques couplets Les captifs qu'assembla l'orage.

Tenez, voyez-les dans leur cage.

Les voici tous, les oiselets !

Malicieux pince-sans-rire, Cachant de Tesprit plein son sac, Sachant mordre avec un sourire, Ce fin roitelet, c'est Brissac I

Le coeur d'amour épanoui, Prêt à gracier Thiers lui-môme, Voici le modéré Géresme, Voici l'apôtre de l'oubli I

38 LES SURVrV^ANTS DE LA COMMUNE

L'histoire émue a pris ses notes, Et nous ne pourrons oublier L'homme aux mirobolantes bottes, Le trop peu vacciné Gaudiér !

Toujours prudent, posé, discret, Lentement s'explique Lagarde; A parler prompt s'il se hasarde, Il dit : Un pain... Un vin... Un lait!...

Ce jeune coq toujours en rage, Qui s'en va quêtant un refrain.

Et trouve une scène au passage.

Est-ce Sardou? non, c'est Guérin!

Sous ces barreaux l'empire mort A mis celui qui, pour Tempire, Fut l'oiseau moqueur, dont le rire Mène aux abîmes : Rochefort I

Et là-bas notre grand Fracasse, Bombe vivante, obus humain, Qui fond, bondit, éclate et casse, Ce fulminate, c'est Séguin I

Cornac d'un pot monumental, Déterreur de Tite et de Pline, Cet autre a découvert... la Chine, Et pris un brevet : c'est Marchal !

Ce sombre faiseur de cascades A fait naître, nouvel Haussmann,

LES MEMBRES DE LA GOMMTjr^ 39

Une ville... de barricades

Au Panthéon : c'est Allbbiânn !

a Quels bons ratas il nous servait 1 Dirons-nous aux mangeurs profanes, Quand vers la cuisine aux gourganes Ira notre vieux JolivetI »

Celui-ci montre, dès qu'il entre.

Qu'il est bourgeois, fils de bourgeois.

Vous en doutez? Voyez ce ventre.

Ce ventre immense a nom Barrois I

Ce docteur qui prend son babil Sans doute pour de l'éloquence, C'est,— ô grandeur et décadence! — C'est Son Excellence Goupil !

Fils de Bobèche et de Bellone, Celui-ci parait, on a ri I Est-ce Mélingue, est-ce Lisbo.nnk?

C'est l'échappé de Satory I

Cet autre, cherchant au hasard Un point d'appui vaille que vaille.

C'est le tricolore Budaille Dévot, Favriste et communard I

Pleurant encor le beau domaine.

D'où Thiers le délogea trop lot.

Voici notre docte Fontaine, Un forçat des plus comme iffaut !

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On vous a banni, cher Reclus, Mais le monde est votre patrie.

Vous vous plaisez en Italie :

Nous, nous vous préférions reclus I

Paris qui de tout s'émerveille, Paris te verra-t-il bientôt.

Ton fier bonnet vert sur l'oreille, Et ta chaîne au pied, Maroteau?

Non, tu ne verras plus Paris, poète à rame sereine I C'est la mort qui brisa ta chaîne.

Dors en paix sous les niaoulis !

Dors! la justice populaire Saura faire à ce bonnet vert, Un jour, une revanche altière, En acclamant Trinquet, Hlmbert I

Nous avons vu, dans ces couplets, Les captifs qu'assembla l'orage.

Enfin s'est ouverte la cage, Pour tous ces tristes oiselets !

Enfin vers la forêt aimée.

Où sont suspendus tous leurs nids, Ils ont pu prendre leur volée :

Ils ont revu leur cher Paris I

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