FAMILLE FERRE
Madame Ferré, née Marie Rivière
décédée le 15 juillet 1871
à l'âge de 59 ans
Th. Ferré
décédé le 28 novembre 1871
à rage de 26 ans
Marie Ferré
décédée le 23 février 1882
à l'âge de 37 ans
Près du caveau se tient M. Ferré père, un vieillard à cheveux blancs qui ressemble à un juge d'instruction en retraite.
Le convoi ne peut approcher de la tombe. Les couronnes d'abord, puis la bière passent au-dessus de nos tètes. On est tellement pressé qu'on a peine à respirer. A côté de nous, une femme se
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trouve mal. Les orateurs eux-mêmes sont daps rîmpossibîlîté dé venir devant lé caveau. Ils sont, forcés de monter 'ïMngt pas de la bière sur une tombe du haut de laquelle ils parlent à la foule.
Ils sbnt au "ndnlhte de sept qui s'appellent les cftoyens Ernest Roche, de V Intransigeant; Chabert, conseiller municipal; Digébn, Duprat, anarchistes; Chanipy, blanquiste; Tortelîer, anarchiste.
Ernest Roche, au nom de la douleur de Louise Michel; la grande martyre, demande l'union de tout le parti révolutionnaire; le citoyen Chabert appuie ce vœu.
Les anarchistes, au contraire, sans insister sur Tunion, ne parlent qu'au nom de leur parti. Ils demandent la fin de tout gouvernement et pous- ' sent les cris mille fois répétés de « Vive la Révolution sociale I »
Il y a un huitième orateur qui réclame Tamnistie.
— Non, lui répond-on. Pas de grâce 1 Nous n'en ferons pas.
Il est trois heures. Tout le' monde est brisé de fatigue, affamé. On se retire. Ceux qui peuvent s'approcher du monument jettent dans le caveau les fleurs rouges que les révolutionnaires ont l'habitude de porter à la boutonnière, quand on
enterre un des leurs. On quête pour les détenus pbiîtigues et les familles des ouvriers sans ouvrage.
Pendant ce temps, M. Clemenceau, retourné à Saint-Lazare, essaî^ Ae consoler la prisonnière. Combien celle-ci ne (Jpit-elle pas maudire Thorrible politique qui Tçi empêchée de rendre, comme une simple mortelle, les derniers devoirs à sa mère I
A l'heure où ces pages s'impriment, Louise Michel, malgré Tattente générale, est toujours à Saint-Lazare. Ce n'est pas à moi de parler avec sentiment de la situation qui est faite à l'éternelle ennemie de toute société. Je ne peux pourtant pas m'empêcher, quand je pense à la prisonnière de Saint-Lazare, de me dire que ceux qui l'y détiennent ont fait bien plus de mal qu'elle à la France...
Quelle belle chose que la justice humaine I
LA CITOYENNE MINRADA
La remarquable poésie suivante, qui est vendue, au [profit de Fauteur, dans les principales
réunions publiques, est tout ce que nous connaissons de la cituvenne Mîurada.