‹ Les suspects en 1858; étude historique sur l'application de la loi de sureté générale; emprisonnements - transportationsChapitre 21 sur 53 · CHAPITRE Yill · texte numérisé non relu

CHAPITRE Yill

piPRISONNEMENTS ET TRANSPORTATIONS DANS LES DÉPARTEMENTS DU CENTRE.

SOMMAIHB : Allier, Ardôche, Charente, Cher, Corrèze, Creuse, Dordogne, Indre, Indre-et-Loire, Loire, Loir-et?Gher, Haute?Loire, Nié- VFO) Pu|-iie-I)ômç, ftliô|^| Haute -Yieji^Qq.

Le préfet deTAlUer en 1858 était H* Genteur, aujour*

d'hui conseiller d'État.

Les victimes sont : •

A. Gazabd^ ancien préfet.

Farœh-Iayolib (SoimiBAT), andeB r^résentant

éa peuple.

fiux. LAKTAim, propriétaire à (9i8vtetie.

Georges Gallay, propriétaire aux Beccauds.

Hylas le Moine, propriétaire à Malinet, ancien secrétaire général de la préfecture de l'Allier. Fbkjbkrt Bomnit, ancien agent voyer.

I1I1A11CBRDR9 andenoondacteor des ponts elchanasées*

Philipon, docteur médecin.

Bionx.

On avait aussi lancé des mandats d'amener contre 1* le citoyen Geassbru, pharmacien à Saint-Ponrçain^ transporté en Afrique en 1858, interné k Milianah où il

était mort le 7 juin de la même année, c'est-à-dire près de six ans avant l'attentat Orsini ; 2» le citoyen Gobert, transporté en Afrique en 1852, interné depuis 1853 à BUdalioù 11 exerçait la profession de défenseur qu'il n'avait jamûs abandonnée.

Le citoyen A. Gazakd, un des défenseurs des accuses d'avril en 1835 devant la cour des pairs, ancien préfet des départements de TAveyron et de l'Allier, après avoir sous la présidence de M. Louis Bonaparte donné sa démission de préfet, s'était retiré dans une propriété qu'il possède dans ie département de l'Allier, ne s'occupant plus absolument que d'agriculture. Il n'en fut pas moins saisi au coup d'État, condamné à la dépor* talion à Gayenne*, peine qui fiit commuée en celle de l'exil.

f. La e«BaiiMioa mille da départenuBt de l'AUkr était eemp ert e ,

Lorsderattentat Orsini, il était rentré en France depuis quelque temps. D viTait retiré dans sa propriété consaeraht toat son temps à des questions agricoles et si fort désintéressé de la politique qu'il ne recevait en

fait de feuilles publiques que le Journal de VAgriciUture de Bixio !

Quand éclatèrent les bomiMs, il fut probablement, comme il nous l'écrit lui-même, le dernier de tous les Français qui connut le ftit. Il en entendait parler par

ses valets de ferme qui racontaient entre eux qu'on avait lancé des bombes sur le chef de l'État, mais^ comme il n'avait aucune idée de ces bombes, il leur disait que bien certainement ils se trompaient et que si on avait voulu assassiner l'empereur, on ne se serait pas servi de ce moyen-là. Ce n'est que cinq ou six semaines après qu'il apprit par son beau-frère, qui était venu le voir, les circonstances de l'aventure.

Il était donc bien loin de s'attendre à ce qu'on vint le frapper pour ce &it, quand un jour, à minuit, six geu' darmes pénétrèrent dans un jardin anglais contigu à sa maison d'habitation. 11 fut prévenu de cette invasion par son homme d'aflaires. Il crut d'abord que celui-ci se

«n 1861, d0 M. d« Chtnukilles, préfet, le général Bjnard et de H. Deleeftiu, alors procureur de la république à Vonliiw, ai^Jourd'bttl ptéaidont de cbanbva an tribunal de U Seine. M. Delesvaui devait au citoyen Gaxaid, oonl, la* fonotiODs de pnocnvenr de It république, dent il était fnveiti.

trompait, qu'il s'agissait de malf&iteirfi> qu'il fallait repo'fsaÈet ieû tinnéi à lA màib, èt il maugréait d^à de ii^toi^ pas se^i pistolets chargés, lbfsqU*imtaat jies Hf^

néires, il entfevit dans robsetirité dnq on lit hoilimei

couverts de longs manteaux, qui lui déclarèrent « qu'ils étaient gendarmes et qu'ils venaient auprès de lui poUlr avoir des rènseigoeineiits stir ufi mëurtrb qui tenftit d'éti*e commis dans les bnvironê. » Lë citoyen QaiàH

leur répondit qu'il n'était pas dupe delèur fable, mafil que ne voulant pas fuir, il àllait leur ouvrir. Il leur ouvrit en effet et les gendarmes (car c'en était) le déclarèrent en état d'aitestation. Le bitoyen Gâzard leur demanda Texhibition du mandat en Vèrtu duquel ilH agissaient? ils lui montrèrent une simple lettre d'un ofTicier de gendarmerie qui en ordonnant son arres^ ' tation, prescrivait d'y procéder aussi secrètement que possible.

Il ht conduit à ritt^ttt dans une àubergë tolsittb, où

une voiture fut requise, et il arriva à (îannat à* troiâ heures du matin. Il fut placé dans un cachot noir muré de tous côtés et sans fenêtre; n'ayant f^our tout mobilier qu'Un monceau dè paille pourrie, et qui constituait ft proprement parler une écurie. Il dut y demeurer jusqu'à onze heures du matin. Il lui fut possible d'entendre pendant qu'il était là, la voix de son ami Féux LartàOD quii arrêté dans les mêmes tonditioiM, 0b trouvait dans un cachot pareil au sien.

A onzb heures du matin, ils reçurent la visite de M. le «itià-ptèM tfà idft fit tltii^iar dans nbfe chambre ha» bitable. Quelques jotirs après, ils ré^ntent la visite dë M. Genteur, le préfet du département qui les aborda en interpellantle citoyen Gazard par ces mots :«Pourrle2-vous ine dire, monsieur Gazàrd, pourquoi vouâ êtes arrêté î > Gelui-tiylégittmemènt indigné de cette ^uMUbn, répondit ail préfet : < £àt-cë que vous venez ici joindre l'ironie k Tinique violence dont je suis I*objet? C'est moi qui vous somme de me dire pourquoi je suis arrêté? aveztons un préteite à me donner 7 etc., eic. » Le pfélet se retira en lui disUitqti'il seràiiâàhs dôUtéprddiabement irelàché. ,

Il n'en devaitmalheureusement rien être et peu après les citoyens Lartaud et Gazard furent conduits sous escorte à là garé dé Gânnat, enfermés dans une voiture cellulaire et» au lieu de les conduire directement stt^ Marseilte, on tes fit rétfogràder sur Paris, k la gare de Nevers on les fit stationner par un froid de plusieurs degrés au-dessous de zéro pendant sept heures sans leur peiméttre de descëndre de leurs cellules. Au point du Jotar la voiture hit remplie par les tlransporiés delà Nièvre. Us arrivèrent à Paris, de là ils partirent pour Marseille où on les enferma au fort Saint-Nicolas. C'est là qu'ils rencontrèrent d'autres proscrits de TAliier dont ils ignoraient ëho6t« Tarréstation.

De Blarseîlle ils partirent pour l'Afinquè : le dtôyen

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