NIÈVRE
Ce département qui avait fait une si courageuse réaistoce au coup d'État et qui, à cette époque, fut si rigourevsement frappé» eut le privilège en 1658 fonrnif à la transpertatton np grand nombre de inckimes.
Nous o'avops pu avoir qiie les qonis des citoyens qui suivent :
LÉLU, de Nevers.
JdoREàç, avocat à Glamecy.
Laudbt, —
Bougon, —
Quenouille, négociant, à Glamecy.
BuRET, ébéniste, à Varzy.
Davighon, marchand de nonveantés, à Gorvol.
YnOLLARD.
Galvillot, à la Charité-sur-Loire.
Baudelin, menuisier, — UzoBY, teinturier, à Gorbigny.
Le citoyen Lélu, qui était menuisier à Nevers, avait environ cinquante ans lors de sa transportation. n fut
interné à Souk-liarras où se trouvaient la plupart des
condamnés du Rhône. Dévoré par le chagrin, la misère
et l'ennui, Lélu était devenu sombre et taciturne, recherchait la solitude et semblait s'y complaire. 11 se promenât soayent seul aux alentours du village. Dans la première quinzaine de juin 1858, Lélu, qui habitait avec quatre autres de ses co-transportés une masure à l'extrémité du village, disparut et on ne le revit jamais plus. Tout d'abord, ses camarades pensaient que s'ennuyant avec eux, il était allé se réunir à d'autres, et n'y |>rirent pas garde. Le lendemain matin, l'éveil tai donné et toute la colonie fut en émoi. On savait qu'il avait reçu la veille de sa disparition quelques petites sommes d'argent» et qu'il n'avait pris nul souci de le cacher aux habitants du village. C'est une imprudence grave, disait à ce propos le commandant de place, « de montrer son argent dans un village où des aesâssinats ont été commis pour moins de cinq francs*. »
Pendant les premiers jours, toutes les recherches firent vaines. Ce n'est que le dixième, qu'un habitant de Souk-liaiT3s, allciiit lo matin du village à un moulin situé au bord de l'Oued-Mejerdah, trouva sur son chemin, à moins de deux kilomètres de Souk-barras une téte séparée du tronc. L'autorité judiciaire se transporta sur les lieux pour faire la levée de cette téte.
!. Et e*Mi li qu'on aviit conduit do tîto forco d'honnêtes gens qui no demandaient qu'à rester au milieu do leur liuniUel
Le citoyen Durand, méilecin, qui était parmi les transportés et à qui nous devons ces détails^ fut appelé pour 86 joindre aa médedii militaire» et ils procédèrent en- ' semble & un rapport méd!co«légal, dans lequel, après avoir constaté l'identité de Léln,' Ils reconnurent que celui-ci avait eu une aile du nez et les paupières enlevées, le maxillaire inférieur fracturé. Us établirent ensuite que Lélu avait été assommé d*an coup de marteau <\tt de téte de hache, qui lui avait enfoncé le crftne, qu'enfin la détroncation avait été faite d'arrière en avant, contrairement aux habitudes des Arabes. Trois semaines après, des intestins d'homme et les chaussures de Lélu furent trouvés parmi les buissons, sur lé bord du chemin, où sa téte avait été déjà trouvée.'Ge qu*on ne retrouva pas, c'est le coupable!
Tous les transportés se réunirent pour assister aux funérailles de leur malheureux ami dont ils conduisirent les restes au cimetière, précédés d'un prêtre que l'autorité leur avait imposé, malgré leurs protestations.
Puis, ils s'occupèrent des moyens, d'ériger un monument à la mémoire du républicain martyr. Ils n'étaient pas riches, ils prirent sur leur •nécessaire. Ils en vinrent à bout, et alors ils inscrivirent sur la pierre horizontale qui recouvre les restes de Lélu :
Le$ Èfmipofiét dê 1858
à leur ami et coreligionnaire politique \q démocrate^ L^lu, de la Nièvre, transporté en 1852 et en lb58, mort assassiné dans la première quinzaine de juin 1858 & Souk-harras. •
Modftle d« constance et de sincérité, Gloire et honnenr à ta mémoire t
Serait-il mort assassiné, cet lionDéte liomqie, si pfi l'avait l^i^Bé à Nevers?
Nous ne disons rien des arrestations et transportatlons
des autres victimes de la Nièvre; elles se ressemblent toutes : arrêtés dans leur domicile, ils sont conduits en voiture cellnlaire à Marseille et de là embarquas pQur rAIg^riOi nom du salut social l
PDY-DE-DOME.
Ce département, dont le préfet était Bf. de Pressitc»
a cûfppté en 1858 au uioins uqe victiipe :
Pboboux, papetier à Issofre.
Après le coup d'£tat» le citoyen Peohoct s'était retiré en Angleterre, n était rentré en Fhtnce depuis à peine