‹ Les suspects en 1858: étude historique sur l'application de la loi de surété généraleChapitre 11 sur 60 · NM · texte numérisé non relu

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Arrivée de nouveaux transportés en exécution de la loi du 27 février 1858.

Constantine, le 20 mars 1858.

Mon cher commandant, Par dépêche du 13 mars courant, dont j'ai l'honneur de vous adresser ci-joint copie, M. le gouverneur général m'annonce l'envoi prochain en Algérie d'environ

300 individus^ transportés en exécotiiHi de k ki do 27 février 1858.

Sur ce nombre, notre proYînœ doit en r e cc f uii les deux cinquièmes, soit environ cent viog^. Soixante d'entre eux seront internés dans les trote localités de la subdivision de Bdne, désignées par M. le gonvonair général, vingt seront envoyés à Bougie, autant i Djîdjelly. Les centres de Tébessa et de Bords-Bonar6rîd|j en recevront chacun dix.

La dépêche d-jointe, fait connaître les dispo^tîons qui seront prises pour subvenir aux besoins de ces hommes qui n'ont pas de ressources personnelles, en attendant quUls trouvent du travail. Jlnvite M. Tintendant militaire à prendre à cet effet les dispositions nécessaires.

Ces transportés sont placés, comme les internés, sons la direction de Tautorité militaire. Pendant quelque temps, ils devront être astreints à répondre journellement à rappel, à une heure qui sera fixée devant le commandant de la place. Lorsqu'on se sera assuré de leurs dispositions, on pourra réduire le nombre des appels à un par semaine.

n devra m'étre rendu compte de Tarrivée de ces transportés. Des notes seront fournies chaque semaine sur leur conduite, conmie pour les autres tranqrartés.

Recevez, mon cher conmiandant, l'assurance de mes sentiments respectueux, etc.

Le général de divisiany comnumdanl la procmctj

Signé: Gastu.

= IM =r

GOUVERNEMENT GÊNfiRAL DE L'ALGfiRIB.

Premier hureau.

Transportés de 1858. — Instructions générales.

Je Yieiuf eomplétor, tout eo Idi modiflaot mv derUiiM points, d*après les nécessités qu'un noiiyel wamm m'a révélées» \m mstructioos que j» tqua ai àmniBn tout récemment relativement m% indwidm tariinsportic in Al* gérie, in vertu de la loi 4if S7 février demi^pf

D'aprèi toi instructions que vient de me ôotifter M. to ministre de la guerre, l^^l/Mi^us dont il s'agit, seront embarqués A Marseille p^ les soins de Tautorité militaire et surveillés à bord jusqu'au moment du départ du paquebot; puis ils accompliront la traversée $ans escorte.

Au moment de leur arrivée au port de débarquement, le commandant du navire préviendra l'autorité militaire qu'il a des transportés à bord, et celle-ci devra envoyer une escorte de gendarmerie pour les recevoir.

Il y a lieu d'espérer que les traversées s'accompliront sans accident. S'il survenait quelques désordres, ils seraient facilement réprimés.

On veut ainsi prouver aux transportés qu'ils ne sont point considérés comme des malfaiteurs.

Le gouvernement désire qce la mesure de transportatîon s'efTectue dans le plus bref délai possible. Tous tes individus atteints par la loi de sûreté générale, et envoyés en Algérie, seront arrivés à Marseille avant la fin de ce mois, et tout fait supposer qu'ils auront quitte la France le l" avril. Leur nombre s'é\hve axyourd'hui k 380 et M. le ministre a autorisé M. le général commandant la 9* division militaire, à faire partir un paquebot supplémentaire, si les départs réguliers ne suffîsaient pas.

D'après les proportions, que j'ai déterminées, ce serait donc un eSfeclif d'environ 150 individus pour votre province. Userait possible quepouréviter un encombrement àMarseille dont les prisons ne peuvent loger convenablement que 100 transportés à la fois, ces proportions dussent être changées, de façon à ne pas ralentir le mcuvement de départ. M. le ministre m'annonce que le cas échéant, il y pourvoirait d'office et m'en informerait aussitât. Je vous en informerais à mon tour.

Ainsi que le portaient mes précédentes instructions, les transportés ne devront séjourner que le moins possible au port de débarquement, vous aurez donc à prendre à l'avance toutes les dispositions voulues pour assurer leur prompt transport, sous escorte, dans les localités que je vous ai désignées, comme lieu d'internement.

Les convois de transporlation devant être composés

en ttu^etind pftftid ûHndividus sans ressodrees autres (}iie lent trâTtdly j'avais décidé que ces derniers recevraient t>ar jont^ tifle iution militaire, telle qu'elle est attribuée à la troupe, c'est-à-dire partie en nature, partie en argent, et une allocation de fr. 75 c. pour les autres besoins de la vie. Ces dispositions ont besoin d'être complétéed, et voici à quoi je m'arrête à cet égard.

Conmie tous les transportés, ceux qui peuvent avoir des ressources personnelles comme ceux qui s'en trouvent dénués, ont été inopinément arrêtés , on doit Supposer que la presque totalité se trouvera dépourvue d'argent, et par conséquent de moyens immédiats d'existence^ eu moment où ils mettront le pied dans la .colonie. La ration et l'allocation devront donc être attribuées à tous indistinctement jusqu'au moment de leur arrivée au lieu d'internement. Mais une fois au lieu de leur résidence, les mesures de bienveillance prises à leur égard doivent être combinées de façon à prévenir la continuité de ces allocations, qui seraient une lourde charge pour le Trésor.

Dans ces vues, il convient d'instituer provisoirement partout où il sera possible, dans les localités d'internement, ce que j'appellerai un dépôt où tous ces individus resteront casernes tant qu'ils ne pourraient pas se suffire à eux-mêmes.

11 ne s'agit pas, cela doit être bien entendu, d'une prison, mais d'un établissement où, trouvant la nourri-

tore et le coucher dont toui pourrex demander le maté* riel à Tintendant militaire» ils seront néanmoins soomisi sans être privés de leur Hberté^ h un régime d'ordre et de régulariU^ qui ians être trcp répressifs les incite cq^endatA à y échapper en se créant des ressources par leur traîail, ou par l'emploi des fonds que leurs £uniiles peuvent mettre à leur disposition. Ils demront itre notammetu soumis à des heures de rentrée et de sortie et à des appels journaliers.

Vous comprendrez parfaitement ma pensée : le but que je me propose ici est de peser sur la paresse q^i pour» rait porter quelques-wis à se considérer pour ainsi dire comme pensionnaires de VÈtat.

Ciomme il peut se faire que, selon les localitéS) il se rencontre plus ou moins de difficultés pour l'installation de ces établissements, je ne résoudrai pas ici la question de savoir, si là où ils auront pu être complètement installés, c'est^-dire là où l'homme trouvera gtte et nourriture, on ne devrait pas réduire ou même supprimer l'allocation en argent. C'est un point que je vous laisse le soin de régler selon les drcon'» stances.

Quant aux transportés qui pourvoiront eux-mêmes à leurs besoins^ ils devront itre soumis à une surveUlanee active ; on divra éviter qu'ils aknt des rapports avec LES muTAiRES. Lefijurs friquentaiiani deoront être Vobjet d^une amntion touie partieulitre. Tous les huit jours au

moinSy et plus souvent, si Tautorité locale le juge nécessairOy ils devront être astreints à faire constater leur présence'à la place ou à la gendarmerie.

Mes recommandations précédentes subsistent toujours relativement aux facilités que l'autorité locale devra fournir à ceux qui manifesteraient Tintention de s'établir définitivement dans le pays.

Je verrais avec plaisir que cette autorité pût aider les internés à trouver du travail, et partout où cela se pourrait les admit comme colons en leur attribuant des concessions proportionnées à leurs forces et à leurs ressources.

Les présentes instructions, seront également portées par mes soins à la connaissance de MM. les préfets, pour qu'ils aient à y concourir à ce dernier égard dans les localités d'internement qui appartiennent à leur circonscription.

En ce qui concerne les dépenses résultant soit du transport, soit de rétablissement des dépôts provisoires, soit enfin des distributions en vivres et numéraire, c'est à MM. les intendants qu'incombe le soin d'y pourvoir* Vous aurez à leur donner à ce sujet tels ordres que de besoin. M. le ministre vient de m'informer que les ordonnateurs vont recevoir des délégations pour satisfaire aux dépenses de la transportation. Mais, en attendant que ces délégations leur parviennent, ils devront, comme j'ai déjà eu l'honneur de vous le dire, imputer les-

dites dépenses sur les délégations générales qu'ils ont déjà reçues.

Vous aurez k pourvoir, selon les éventualités, à diverses mesures de détail, que je ne puis prévoir ici. Voici toutefois celles que j'ai arrêtées.

C'est l'autorité militaire du lieu d'internement qui dressera l'état des transportés admis à recevoir la ration et l'allocation, qui prononcera les radiations. C'est elle qui visera les bons de vivres; et c'est en son nom que sera délivré le mandat pour les allocations, lequel mandat sera établi par l'intendance sur les états de mutation fournis par le commandant supérieur ou tel ofBcier qu'il désignera, le commandant de place par exemple.

11 me reste à vous entretenir d'un détail d'ordre. M. le général commandant la 9' division militaire, à qui j'avais demandé de me fournir un double des pièces qui j devaient accompagner les transportés, me fait savoir! que dans l'impossibilité où il se trouve de satisfaire h * cette demande, faute de temps, il me fera parvenir les états signalétîques des individus dirigés sur Stora et Oran et fera suiiTe les convois des arrêtés de transporlation avec un état nominatif.

Comme il importe que la centralisation se fasse à Alger d'une manière Irês-régulière, j'aurai soin de vous transmettre copie de ces feuilles signaléliques; et de votre côté vous aurez à me renvoyer les arrêtés de

transportation, après en avoir toutefois fait consigner des extraits sur les copies des feuilles signalétiques que je vous enverrai.

Je vous prie de m'accuser réception de la présente circulaire en me donnant l'assurance que toutes les mesures seront prises pour Texécution.

Le maréchal de France^ gouverneur général.

Signé : Randor.

Suit une circulaire conforme du général aux commandants de place.

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