GOUVERNEMENT GËNÊRAL DE L'ALGÉRIE
SECHéTABIAT GÉNÉBAL.
1*' bureau. — Service des trantportés,
Transportés de 1858. — Instructions générales.
Alger, le 13 avril 1858.
Mon cher général,
Je tiens à bien préciser l'esprit de ma circulaire du 23 mars dernier, n*^ 197, relative aux transportés de 1858 et à prévenir tout malentendu sur la ligne de conduite qui doit être suivie à leur égard.
Je- vous disais dans cette circulaire : « On veut prouver aux transportés qu'ils ne sont point considérés me des malfaiteurs, » Cette pensée a dicté les dis-
positions BIENVEILLANTES que le gouvernement a prèscrites, pour le traitement des transportés à bord des bâtiments de l'État pendant la traversée. Elle doit présider également aux mesures de surveillance et de précaution que nécessite leur séjour dans la colonie. Nous ne devons pas perdre de vue que, considérés comme dangereux en France et internés en Algérie, au nom de la sûreté générale, il convient de ne pas aggraver leur position par une sorte de rigueur préventive.
Vous avez dû remarquer comme moi que dans le contingent des divers convois, surtout la majorité se compose d'hommes établis, ayant une profession et des moyens d'existence et dont quelques-uns appartiennent aux divei'ses classes de la bourgeoisie.
Ceux d'entre eux qui manifesteraient l'intention de rester tranquilles, de travailler de leur état, de former en Algérie des entreprises agricoles ou industrielles, devront trouver de la part de l'administration toutes les facilités compatibles avec l'ordre public.
Recevez, mon cher général, etc.
Le maréchal de France^ gouverneur général.
Signé : Randon.
Nous nous abstenons de commenter : les récits qui forment l'ensemble des chapitres qui vont suivre, ils/suffisent pour permettre à tous de juger en connaissance de cause.