‹ Les suspects en 1858: étude historique sur l'application de la loi de surété généraleChapitre 28 sur 60 · BAS-RHIN · texte numérisé non relu

BAS-RHIN

Le Bas-Rhin s'est toujours feit remarquer par son énergie républicaine. Od n'a pas oublié la grande dénQohstration^ôpUlaire de 1851, iiiiij Conduite par Flocon,

Ce* quatre* citoyens fbrent arrêta le 24 fcfmr, jonr annivenaire de la République et conduits i la maâna d'arrêt. Le 18 mars suivaDt, un ^mmissaire de pnUca vint leur annoncer qu'ils allaient être tranqwrtés eo Afrique- Il fut alors reconnu que l'on arait, par erreur, arrêta Georges Wein à la place de Théodore Wein, son fr^re. Ce dernier n'hésita pas & venir spontanément se constituer prisonnier et prendre la place de son firère.

I Is furent tous les quatre enfermés dans une voiture cel-

lulaire, sans qn*on leur eût même laissé le tonps de prendre ni manteau, ni linge. La voiture se dirigea successivement sur Nancy et sur Metz pour y prendre les victimes de ces deux, villes, et ils furent tous dirigés sur Marseille ; pendant ce long voyage, les malheureux républicains souffrirent le martyre dans ces étroites cellules où ils étaient obligés de garder une immobilité complète. Le citoyen Bœrsch, qui était atteint d'une sdatique, endura, paraft-il, des soullrances atroces.

Arrivés à Marseille, ils furent enfermés dans les casemates du fort Saint-Nicolas. -^

Cinq jours après, ils furent embarqués sur un bateau ^ des Messageries et débarqués en Afrique, successivement conduits à Phiiippeville et à Bône, et enfin internés à Guelma (province de Constantine).

Jean-Jacques Boersch était un républicainv4le vieille date, homme fort considéré à Strasbourg, ancien conseiller mu nicipal, et propriétaire du plus riche moulin de la ville. En 1851, il avait pris part à la défense de la loi et de la constitution, et s'était mêlé à la grande démonstration populaire de Strasbourg dont nous avons parlé et qui faillit entraîner dans la résistance le 4" régiment d'artillerie , caserne au quartier d'Austerlitz. Fugitif à cette époque pendant quelques mois,

— ifld-.

U avait pu rentrer à Strasbourg, où il fut îDlerné dans son usine il'où il ne pouvait sortir sans une autorïu- Uon spéciale du commissaire central. U est de retûor i Strasbourg depuis sa transportation, el à ]a Icte d'nm industrie considérablo*

CEiRLEs Relier, au i décembre, avait été arrêté sur 11 pl^ce d'Austerlitz, emprisonné, puis transporté en Afri< que d'où il était revenu h Strasbourg en iHhT. Pendant son absence, il avait dû abandonner son commerce aui mains de ses emplqyés, et il en éprouva un très-grand préjudice. Au retour de sa seconde transportation, il trouva ses affaires Irès-compromîses et mourut quelques mois après.

Guillaume: Zabbrn avait été également transport^ après le coup d'Etat, pour avoir cherché h soulever ti V régiment d'artillerie et l'avoir énergiqnement appelé à la défense de la loi. Son industrie fut ruinée par sa transportation. Il était revenu pourtant à Strasbourg quelques mois avant l'attentat du 14 janvier, et cher-, chait à remonter ses glTaires lorsqu'il fut de nouveait transporté. A son retour, il se trouva dans une ruine compIHet fut déclaré en faillite^ il a émigré en Amérique en 1867.

Théodore Wedi avait été condamné, en 1851, par fa^ commissioa mixte à cinq années de déportation en Afri< que ; il fut alors conduit de Strasbourg à Paris de brigade en brigade comme un malfaiteur. Sa peine ayant

Mé commuée en celle de l-exil, pais en celle de IMnternoment i Strasbourg, où il vivait sous la surveillance de la police, lorsqu^arriva 1858. A son retour d'Afrique, il

a quitté la France.

Un arrêté de transportation fut aussi notifié dans le Bas-Rhin au citoyen Waltirs, Usserand à la Robertsau : il était dans une maison de fQUs depuis dix-huit mois ! 1

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HADT-RHIN

Ce département compte deux victimes :

BouRQUiN, propriétaire-cultivateur, à Gtiavannatte,

canton de Belfort.

Groslli, menuisier, à Baerentzwilleri canton

d'Altkirch.

U devait y en avoir une troisième, mais le mandat d'amener était délivré contre un citoyen qui depuis dnq ans habitait les États-Unis.

Quant au citoyen BouRQmN, le mandat d'amener délivré contre lui le portait domicilié dans une commune

qu'il avait quittée depuis quatre ans, à l'époque de son mariage. Comment donc avait-on pu savoir s'il s'était rendu coupable de faits nouveaux qui le rendaient dan- , gereui pour la sûreté publique?

SAONE-ET-LOIBE.

Le département ile SaAne-et-Loire qui, pendant tout le temps qu'a duré la république, fut si ferme, si courageuXj si radical, qui depuis est bien déchu et où la vie politique ne semble se réveiller que depuis quelque temps, ne fut cependant pas épargné en I8â8.

Le préfet était M. Ponsard. Tous les arrondissements ont fourni leur contingent :

Celui de MÂcon :

DoRi, vannier, à Mâcou.

Tricabd, négociant, à Hâcon.

Celui d'AutuR :

Charles Mérandon, avocat, à Aulun.

Celui de ChAlon :

ÛouiN, marchand de meubles, ji Mdcoii.

Celui de CharoUes :

DsFFORGBs, pharmacien, à Paray-le-Monial. .

Celui de Louhans :

VÉNOT, ancien notaire, à Saint-Martin en Bresse.

n parait que Tordre d'arrestation envoyé par le préfet au sous-préfet de CharoUes, portait : « Vous arrêterez le fils DézERA, s'il n'est pas marié. S*il Test, vous arrêterez Deffokges, pharmacien, à Paray le Monial. » C'est ce qui etit lieu.

n y avait à Châlon un ancien représentant du peuple revenu depuis peu d'Espagne, où le décret du 9 janvier 1852 l'avait contraint de se réfugier, le citoyen Charles BoYSSET. N'était-ce pas là un homme dangereux pour la tranquillité publique ? Le bruit courait déjà dans la ville qu'il avait été l'objet de visites domiciliaires, qu*il était traqué et il était devenu un véritable objet de curiosité publique.

Il ne fut toutefois pas arrêté. — - Voici, au surplus, ce qui s'était passé: le sous-préfet de Châlon s'était rendu de sa personne au parquet du procureur impérial. — Le chef du parquet était absent. Le sous-préfet rencontra son substitut ^ Il le pressa vivement de lancer un man-

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