ALLIER
Le préfet de rallier en 1853 était M. Genteuri aigourd*bui conseiller d'Ëtat.
Les victimes sont :
A. GazarD; ancien préfet.
Pargin-Payolle (Sobimerat), ancien représentant
du peuple.
Pélk Lartato, propriétaire à Ghan telle.
Georges G allât, propriétaire aux Beccauds.
GiaoHON, à Montiuçofi.
— Î04 — Rtlas le Moine, propriétaire h Matinel, ancien crétaire général de la préfecture de l'Allier. PmUBERT Bonnet, ancien agent voyer.
Lefidcheuh, ancien conducteur des ponts et chaul
sées.
PmLiPON, docteur médecin.
Rionx.
la-
On avait aussi lancé des mandats d'amener contre 1° le citoyen Chassebie, pharmacien à Saint- Pourçain, transporté en Afrique en 1852, internée Milianati où il était mort le 7 juin de la même année, c'est-à-dire près de siï ans avant l'attentat Orsini ; 2° le citoyen Gobert, transporté en Afrique en 1852, interné depuis 1853 à Blidaboù il exerçait la profession de défenseur qu'il n'avait jamais abandonnée.
Le citoyen A. Gazard, un des défenseurs des accusés d'avriltfn 1835 devant la cour des pairs, ancien préfet des départements de rAveyroa et de l'Allier, après avoir sous la présidence de U. Louis Bonaparte donné sa démission de préfet, s'était retiré dans une propriété qu'il possède dans le département de l'Allier, oe s'occupant plus absolument que d'agriculture. Il n'en fut pas moins saisi au coup d'État, condamné à la déportation h Cayenne', peine qui fut commuée en celle de l'exil.
1. La commiisioD miite du département da l'Allier était oompoifoi
Lors de l'attentat Orsini» il était rentré en France depuis quelque temps. Il vivait retiré dans sa propriété consacrant tout son temps à des questions agricoles et si fort désintéressé de la politique qu'il ne recevait en fait de feuilles publiques que le Journal de ràgricvl' ture de Bixio !
Quand éclatèrent les bombes, il fut probablement, conune il nous l'écrit lui-même, le dernier de tous les Français qui connut le Êdt. Il en entendait parler par ses valets de ferme qui racontaient entre eux qu'on avait lancé des bombes sur le chef de l'État , mais comme il n'avait aucune idée de ces bombes, il leur disait que bien certainement ils se trompaient et que si on avait voulu assassiner l'empereur, on ne se serait pas servi de ce moyen-là. Ce n'est que cinq ou six semaines après qu'il apprit par son beau-frère, qui était venu le voir, les circonstances de l'aventure.
Il était donc bien loin de s'attendre à ce qu'on vint le frapper pour ce fait, quand un jour, à minuit, six gendarmes pénétrèrent dans un jardin anglais contigu à sa maison d'habitation. Il fut prévenu de cette invasion par son homme d'affaires. Il crut d'abord que celui-ci se
en 18Ô1 , de M. de CharnaiUes, préfet, le général Ejn^rd et de M. Deles- Taux, alors procureur de la république à Moulins, aujourd'hui président de chambre au tribunal de la Seine. M. Delesraux deyait au citoyen Gazard, seul, les fonctions de procureur de la république, dont il était inyesti.
trompait, qu'il s'agissait de malfaiteurs, qu'il fallait repousser les armes k la main, et il maugréait déjà de n'avoir pas ses pistolets chargés, lorsqu'ouvant ses fenêtres, il entrevit dans l'obscuritâ cinq ou six hommes couverts de longs manteaux, qui lui dëclarârent • qu'ils ùLaient gendarmes et quils venaient auprès do lui pour avoir des renseignements sur un meurtre qui venait dV'lre commis dans les environs. » Le citoyen Gazanl leur répondit qu'il n'était pas dupe de leur faille, mais que ne voulant pas fuir, il allait leur ouvrir. Il leur ouvrit en eflet et les gendarmes (car c'en était) I0 déclarèrent en état d'arrestation, Le citoyen Gazard leur demanda l'exhibition du mandat en vertu duquel ils agissaient? ils lui montrèrent une simple lettre d'un officier de pendarmprie qui en ordonnant son arrestation, prescrivait d'y procéder aussi secrètement que possible.
Il fut conduit h l'iDstant dans une anbei^ voMne, où une voiture ftit requise, et il arriva à Gannat à trois heures du matin. Il fut placé dans un cachot noir muré de tous cdtés et sans fenêtre, n'ayant pour tout mobilier qu'un monceau de paille pourrie, et qui constituait à proprement parler une écurie. Il dut y demeiu^r jusqu'à onze heures du matin, tl lui fut possible d'entendre pendant qu'il était là, la voix de son ami Fiux L&r- TAUD qui, arrêté dans les mémea conditions, se trouTUt dans un cachot pareil au sien.
A onze heoresda matin, ils recivolla wilt èeM. le sous-préfet qni les fit transporter dans me churim kabitable. Quelques jours ajurès^ ils recsml la ràila êe M. Geuteur, le préfet du département qni les aborda ai interpellant le citoyen Gazard par ces motsuFourri ct- r was me dire, monsieur Gazard, pourquoi tous Mes arrêté f » Celui-ci, légitimement indigné de cette question, répondit au préfet : < Est-ce que tous Tenez ici joindre Fironie à l'inique violence dont je sois l'objet? Cest moi qui somme de me dire pourquoi je suis arrêté?
TOUS un prétexte à me donner? etc., ^c. > Le préiet se retira en lui disant qu'il serait sans doute procbainement relâché.
Il n'en deTaitmalheureus^nent rien être et peu après les citoyens Lartaud et Gazard furent conduits sons escorte à la gare de Gannat, enfermés dans une Toitore cellulaire et, au lieu de les conduire directement snr Marseille, on les fit rétrograder sur Paris. A la gare de Nevers on les fit stationner par un froid de plusieurs degrés au-dessous de zéro pendant sept heures sans ieor permettre de descendre de leurs cellules. Au point du jour la voiture fut remplie par les transportés de la Nié- Tre. Ils arrivèrent à Paris, de là ils partirent pour Marse^le où on les enferma au fort Saint-Nioolas. C'est là qu'ils rencontrèrent d'autres proscrits de l'Allier dont ils ignoraient encore l'arrestation.
De Marseille ils partirent pour l'Afrique : le citoyen
Gazard fut successivemept interné à Mostaganem et & Alger et il est rentré en France au moment de l'amnistie; il habite aujourd'hui Clermont-Ferrand.
Plus heureux, comme il nous récrit lui-même, que beaucoup d'autres, sa constitution robuste, sa position de fortune lui permirent de ne pas trop souffrir de ses exil et transportation successifs. Mais il fut et estencore atteint dans ses affections les plus chères. Mme Gazard, une noble femme, atteinte lors de la première condamnation de son mari de violentes crises nerveuses, était presque rétablie en 1 858 : lorsqu'elle apprit la nouvelle arrestation de son mari, elle retomba tout à coup, et depuis elle traîne une existence misérable, qu'on ne soutient qu'à force de soins et de précautions sans nombre.
Le citoyen Fargin-Fayolle (Sommerat) est le frère du représentant le département de TAllier à l'Assemblée législative républicaine en 1849. Il fut compromis au mois de juin de la même année dans l'affaire du Comervatoire des arts et métiers et condamné par la haute cour de Versailles à cinq années d'emprisonnement. Cependant l'arrêté qui le déportait en Afrique s'appuyait sur ce qu'il avait été déjà transporté en Afrique en 1852. Or, à cette époque il subissait sa peine à Belle-Isle-en-mer. C'est à lui que le préfet de l'Allier procédant à son interrogatoire demanda : « Que pensez-vous du gouvernement ? » Avouez que ce préfet aurait pu lui poser d'autres questions.
Le citoyen Félix Lartaud est on ridie propriétaire do département de rAllier, bon démocrate , nuôs luMonie inoffensif s'il en fut, qui n'avait jamais fait, comme il nous le dit lui-même, « que de la politique légale > mais qui avait en 1848 acclamé avec joie la république et qui à cause de cela avait été arrêté au coup d'État et conduit les chaînes aux mains en Afrique. £n 1858, il fut naturellement saisi nuitamment et conduit par la gendarmerie de son canton à Gannat où il eut la douleur de rencontrer son ami intime le citoyen Gazard. — Il fut transporté en Afrique et interné dans la province de Gonstantine. n est rentré en France et habite aujourd'hui Ghantelle (Allier), entouré de l'affection des siens et de Festime de tous.
Le citoyen Georges Gallat, très-riche propriétaire de Tarrondissement de la Palisse, est un des plus rudes champions du parti démocratique. Jamais homme riche n'a fait un plus noble emploi de sa fortune et il jouissait alors comme il jouit encore aujourd'hui, d'une grande influence sur les populations.
Courageux et dévoué, au 2 décembre, il réunit une troupe de paysans du Donjon et marcha à leur tête sur la Palisse, à la défense de la constitution et de la loi. Il ne craignit pas de sommer la gendarmerie de se retirer, et fort de son droit, celui alors de tous les Français, il engagea la lutte avec la force armée. Ils étaient maîtres de la ville, avaient fait le sous-préfet prisonnier, quand ies
— aïo — Iroupes qui étaient envoyées de Moulins arrivèrent : ils durent céder au nombre '.
A cette époque ûaluv fut arrêté au moment où il allait passer la frontière à Gex(AiD),etramené de brigade en brigade par la gendarmerie jusqu'à Moulins, Lr&il^ avec une véritable férocité par les agents de l'autorité qui, non contents de lui faire subir les plus mauvais traitements, le qualifiaient de brigand, d'assasiîn, de voleur...! Pourquoi? parcequ'il avait eu l'audace de défendre la loi et Ift constitution républicaine confiée k la garde de tous les citoyens.
11 était donc, en 1858, une victime toutâ désignée. On ne l'oublia pas. Arrêté, il fut transporté en Afrique et interné à Mostaganem.
Quant à GiGONON, il y a à son égard un fait particulier à relever, c'est qu'il ne fut arrêté et transporté en Afrique qu'au mois de novembre 1SS8, c'estr^-dire plus de neuf mois après l'attentat.
Le citoyen Htlas Leuoine était propriétaire à Uolinet, comme les autres uniquement occupé à ses aâaires, maïs il avait été sous la république secrétaire-général de la préfecture de l'Allier I En Afrique !
Le citoyen Phiubgrt Bonnet qui avait été agent- voyer, avait déjà été transporté lors du coup d'Ëtat. Sa Afrique i
Le citoyen Lefaucheub qui avait été conducteur des