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mènie ses ennemis. Transporté en 1653, il avait déjoué toutes les poursuites et ne s'était constitué que volontairement prisonnier. Il était parti comme tant d'autres pour l'exil. Pendant ce temps, ses amis cultivaient ses vignes. Il avait pu rentrer eo france grâce à l'intervention de Mme Sand qui, dans beaucoup de circonstances, nous avons bien le droit de le dire en passant, ne sut pas asseE respecter la conscience de ses amis, comme le jour où elle ne craignit pas d'aller demander au président la grâce de Greppo et de Marc Dutraisse. Quoi qu'il en soit, c'était là pour Patureau Francœur un titre suf- Gsanl en 1858, pour que les sévérités gouvernementales s'appesantissent sur lui. Il Tut donc aussi arrêté et transporté. Il est mort en ises , laissant sa famille presque dans l'iDdigence.
E. Perigois est un riche propriétaire de l'arrondissement de la Châtre, républicain dévoué qui, en 18/âB, a été secrétaire général de h préfecture de l'Indre. En 185J il avait été eiilé, et après avoir vécu successivement h Bruxelles et k Turin, d'où il était revenu grSce encore h. l'intervention de Mme Sand, il s'était aniqoement consacré h ses ailaires. Mais n'avait-il pas dans son passé, comme il nous le dit luï-méroe, toutes sortes de titres & ne pas €tre oublié par la nouvelle pcrsécoUon ?
Le jour, où Tordre arriva à la Châtre de l'arrêter, il était allé chasser à la campagne, chez un de ses amis. Il sortait de table quand un autre de ses amis arriva à cheval le prévenir qu'on s'était présenté chez lui pour Tarréter. Les gendarmes me suivent, ajouta ce dernier, vous n*avez que le temps de vous sauver. On entendait en effet déjà le galop des chevaux et lebruit des sabres. Il ne prit cependant pas la fuite et fut emmené par les gendarmes à la Châtre, d'abord chez lui où on procéda à une sorte de visite domiciliaire, puis à la prison.
Après un mois de secret, il lui fut possible de voir sa famille, puis une nuit on vint l'éveiller en sursaut, et on remmena entre un gendarme et un commissaire de pcH lice à Châteaurouz où il fut écroué dans le pénitencier de cette ville. Pendant son séjour dans la prison de la Châtre, il avait reçu la visite « d'un petit secrétaire » de la préfecture qui lui parla un peu de tout, mais lui faisait surtout un grief de ce que son nom, aux dernières élections, s'était trouvé dans les urnes, sans même qu'il se fût porté candidat.
Les nouvelles démarches de Mme Sand en^ sa faveur n'aboutirent qu'à changer sa transportation en exil.
l^uiTHZ eUil uo boDoéte père de famille, homme de eoBTidkn et de ci£ur qui arait joué ld certain rôle en 18%a i Issondun. En l&bi, il jouissait d'une certaine pétait (propriétaire d'un magasin de sellerie à Is- , tuais arait été complètement ruiné par la Lran- ^tortatioo qtill dut sabir i cette époque.
Kn 185 ^, il fûsaît un petit commerce de beurre ; il Tu t arrêté an cours de l'un de ses voyages. Écroué successi- TËiuent à la prison de la Châtre, puis k ccUe d'issoudun, et enfin A celle de Chàteauroux, il partit de U pour l'Afrique oiï il bit intenié à Bougie.
Xous savons qu'il j' a eu pour l'arrondissement d'Issoudun une autre transportation, mais nous n'avons pu nous procurer aocim renseignement à ce sujet.
Cb. Bmptadd était un républicain de vieille date, qui avait été en 1848 sous-commissaire do gouveroemeot h la Cbâtre. Arrêté et conduit k la prison du Blanc, puis & celle de Ch&leauroux, il Tôt relAché an bout de quelques jours, on n'avait pas osé porter une main plus audacieuse sur 5a vénérable tète blanche. Le préfet était toutf-
fois venu le congédier en personne, en lui disant : « qu'il était fort heureux d'être aussi âgé, que sans cela il eût mérité toutes les rigueurs du gouvernement, qui se bornait à le soumettre à la surveillance de la haute police. » Tout cela fut dit, nous raconte le témoin oculaire et aui^iculaire qui nous transmet ces détails « avec un ton et une attitude bien étranges, vis-à-vis d*un vieillard dont la modération et la convenance n'avaient jamais fait question pour personne.... >
M. Briffaud fut remplacé par le docteur Arthâice Plat qui, en 1852, n'avait pu échapper à la proscription que parce qu*il subissait déjà, à la prison de Ghâteauroux, une condamnât on pour l'affaire de la Solidarité répv^ blicaine. C'était un démocrate actif, dévoué et intelligent. 11 exerçait à Martezay, arrondissement du Blanc, la pro-* fession de médecin avec un dévouement et une philanthropie qui Pavaient rendu, à juste titre, très-populaire et très - influent. Envoyé en Afrique, il y est resté après l'amnistie et y est mort en 1861.