‹ Les suspects en 1858: étude historique sur l'application de la loi de surété généraleChapitre 43 sur 60 · HAUTE-LOIRE · texte numérisé non relu

HAUTE-LOIRE

fin 1B51, le départeiftient de la Haute-Loire ava!t ^tissi payé Bon tribut à Cayenne, à TAlgérte, à Vexil. Mais quand éclatèrent les bombes d'Orsini, onn*y songeait plus guère à la République. Seuls, cachés au fond de leurs montagnes, quelques nobles cœurs regrettaient en silence le passé. Ce sont ceux-lii qui farent frappés.

Le préfet de la Haute-Loire était M. Emile Paul.

L'arrondissement du Puy compte trois victimes : A. JouYK, marchand de bois à Craponne.

. ifin de e dite des ■ de i^mÉR^ qu'en AuBfl,a wfMnaibA qa'ncrde Hndraftctque, qnoi qo*!» bMB, 3 cantmuenîl à l'eiacer. Le prMt m bornai quelques obMmtioitt,rcDtretiaiee»A, eteo te quittant, M. le préfet tmdit mteie la maio an âtoyeo Joon.

Hnh joon aivès le 2& fénier, la podarmerie vint arrêter Jonve dans Km lit, et il fiit emmené k pied entre deoz gendarme», par on temps de neige éponvantable, de Craponne an Pay, distant de 40 kilomètres D fnt enfermé à la prison do Pny. U, il reçut la lisite dn préfet qui lui promettait sa liberté à la condition gu'it conmiti-

rait à faire ce que lui^ préfet^ lui demanderait. Jouve se contenta de rompre un entretien de cette nature.

SoLYAiN et Ghaurand farent arrêtés dans les mêmes conditions. Le premier avait été, en 1852, placé sous la surveillance de 'la haute police.

L'arrondissement dTssengeaux eut pour représentant :

CasiNKL, chapelier à Saint-Didier la Seauve, qui, au coup d*État, avait été transporté à Gayenne.

L'arrondissement de Brioude, qui avait pour souspréfet M. Aymé de Champvant, eut aussi ses élus :

Trioulleb, maftre d'hôtel à Brioude.

DuFAUT, cultivateur à Tapon.

Les citoyens Triouller et Dufaut, arrêtés dans leur domicile, furent d'abord écroués à la maison d'arrêt de Brioude, puis transférés à celle du Puy où ils trouvèrent leur quatre autres coreligionnaires.

Le 22 mars suivant, tous six ensemble furent placés en

Ti^— iiMiiii.O fHliniit pMT MuwiUe. A Itarie <t ft .Um, Bi frinM é'mkcB bu^Mrtés, el aprts MiBirtB hisai ds vtnasi^ di MKttBBces, de soif, de tÊm, et ÉBiliMa t^ Boa, flt airlvkenl à ManeiUe isas aalidiB; ks juDbet «ft !•• pitds tiiOé« à ce poiiA ^"Sf •* parai sortir l«an duosores, qoelques-mu ■te> Aweat )•> kan teiiUes. Ib farent enfermés 4Mi «■( irâaa 4i Hanaille oA il jr avait un tel entasscBMl 4i pii—ihin. qo'Us durent couclier sur des s hi codlolrs de l'établîsjeineiit.

s U le S «Tnl, furent embarqués sur un Mxin qai hs w w Mwt à PhilippevUle; puis Qs furent ataékt %b|îd|y, Im 4e leur inUmeaent.

L*«a <%B, h olojeD Joon, y resta jusqu'au ik septenbn svtMiAt Ifoqoe i laquelle il put aller h Alger. h* mots 4> mai ISS9, il itçot Tordre de se rendre à MineiUa oi 3 ttatt interne. Au mots d'août, il demanda k aller pendant «{udqus {oors i Crapoone pour y réglor des affaires d^lMC fuoe Importance considérable. Le 16 dn mois, awali lètt k coBimwaire de police, il lui fot d«Ur« que l'antonsatian danaulAe lui était refusée, parce qull refusait lui-m^me de laire sa «oumûsùn.

Lt jour loéiue, il apprit la nonrtUa de l'amnistie. MaJ4 il dëraaihla en vaio son paase-port p«odantqiùaM jours; enltn U&s^ d'attendre, il partit.

Tous les citoyens d« la Baat»-Uiire MMt aqjMird'bDi reotréa daas leur paya.

NliVRB.

Ce départiemeat qui avait fait une si courafeusQ ri/^^r t4Dce au co\^) d'État et qui> & cette époq^ie, fut si rigoureusement frappé, eut le privilège eu 18A9 dQ fouruir à la transportation un graAd uoi^bre de victiities.

Nous n'avons pu avo^* que les noms des cltoyems qui suivent :

LÉLU, de Nevers.

MoREAUy avocat à Glamecy.

Laudet, —

Bougon, —

Quenouille, négociant, à Glamecy.

BuRET, ébéniste, à Yarzy.

Davignon, marchand de nouveautés, â Gorvol.

Yieolàrd.

Calvillot, à la Charîté-sur-Loire.

Baudelin, menuisier, —

UzoBT, teinturier, à Gorbigny.

Le citoyen Lélu, qui était menuisier à Nevers, avait «ivjfw Vaquante ana lors de sa tran9|)ortatkm. U fut interné à Souk-harras où se trouvaient la ptupart des

- us -

condamnés du Rhdne. Dévoré par le chagrin, la misère et l'ennui, Lélu était devenu sombre et taciturne, recherchait la solitude et semblait s'y complaire. Il se promenait souvent seul aux alentours du village. Dans la première quinzaine de Juin 1858, Lélu, qui habitait avec quatre autres de ses co-transportës une masure à l'eitrémité du village, disparut et on ne le revit jamais plus. Tout d'abord, ses camarades pensaient que s'ennuyant avec eux, il était allé se réunir à d'autres, et n'y prirent pas garde. Le lendemain matin , l'éveil fut donné et toute la colonie fut en émoi. On savait qu'il avait reçu la veille de sa disparition quelques petites sommes d'argent, et qu'il n'avait pris nul souci de le cacher aux habitants du village. C'est une imprudence grave, disait à ce propos le commandant de place, » de montrer son argent dans un village où des assassinats ont été commis pour moins de cinq francs'. ■

Pendant les premiers jours, toutes les recherches furent vaines. Ce n'est que le dixième, qu'un habitant de Souk-harras, allant le matin du village à ud moulin situé au bord de l'Oued -Mejerdah, trouva sur son chemin, à moins de deux kilomètres de Souk-harras une tête séparée du tronc. L'autorité judidaire se transporta sur les lieux pour faire la levée de cette tête.

: . Et c'est là qu'on avait conduit de vive force d'honnltei geai qui D« demandaient qu'à rester au milieu de leur famille I

Le citoyen Durand, médecin^ qui était parmi les transportés et à qui nous devons ces détails, fut appelé pour se joindre au médecin militaire, et ils procédèrent ensemble à un rapport médico-légal, dans lequel, après avoir constaté Fidentité de Lélu, ils reconnurent que celui-ci avait eu une aile du nez et les paupières enlevées, le maxillaire inférieur fracturé. Ils établirent ensuite que Lélu avait été assommé d'un coup de marteau ou de tête de hache, qui lui avait enfoncé le crAne, qu'enfin la détroncation avait été faite d'arrière en avant» contrairement aux habitudes des Arabes. Trois semaines après, des intestins d'homme et les chaussures de Lélu furent trouvés parmi les buissons, sur le bord du chemin, où sa tète avait été déjà trouvée. Ce qu'on ne retrouva pas, c'est le coupable !

Tous les transportés se réunirent pour assister aux funérailles de leur malheureux ami dont ils conduisirent les restes au cimetière, précédés d'un prêtre que l'autorité leur avait imposé, malgré leurs protestations.

Puis, ils s'occupèrent des moyens d'ériger un monument à la mémoire du républicain martyr. Ils n'étaient pas riches, ils prirent sur leur nécessaire. Us en vinrent à bout, et alors ils inscrivirent sur la pierre horizontale qui recouvre les restes de Lélu :

Les transportés de 1858

il Uur uni et cotceligioiinun poUbq»»

le démocrate' Lëlu, de U Nièvre,

Iransportê en 1652 ei en 18^3, mort assassiné

dans la première qulazaioa de juin 1SS8

& Souk-harras.

It0(l&l« de coDitimce «I da siaclrité,

Gloire Et konneur i U Bémoiral

Serait-il mort assassioé, cet honnête bomme, si ( l'avait laissé à Neversî

Nous ne disons rien des arrestations et transportation^ ^ des autres victimes de la Nièvre ; elles se ressemblent toutes : arrêtés dans leur domicile. Us sont conduits en voiture cellulaire à Marseille et de là embarqués pouf l'Atgérie, au nom du satutsocîall

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