Les ezoeptioDs sont rares, on peut le remarquer
Lfl ritoyen Whalser, arrtU en firrier, fat conduit an
voHore celluUira à Haneille. Il sortit da fort Sainl-Nîcolas \xmT Hn embipqué en Afrique le 27 mare. 11 ût la tr«v«rE(:« tvee lee Inuuportéi de 1* Meurtiu et du RaoURtiia.
Il fut interné k La, Ctlle. Quelque t«iBps apr^, il M gracié pour avoir pris une part considérable au laUT»tage du Bubfrach. Nous devons dire à ce propos, que l«s transportés de La Galle n'eurent pas à se plaindn de l'autorité militaire qui les entoura d'une véritable bienveillance , au point qu'en quittant La Gallt le docteur Wralger et quelques autres de ses corelîgionaîres politiques allèrent ofTiir à i'autorité leur témoignage de gratitude. Honneur encore à ceux qui surent en ces temps si durs compatir au malheur!
Le citoyen Bouniole fut iuterné à Delhys, en compagnie d'un certain nombre de transportés parisiens, entre
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«utres l6f citoyms Voignier, Anatrdi ligier» Cbaussade, etc.
AVEYfiON-
Le préfet de TAveyron, en 1858, était M. BaragnoD. Les victimes sont :
Edouard Fraissinbs, ingénieur de$ mines k Ville-
firanehe.
Rozié, expert à Villefranche.
Dellac, chiffonnier à Sainte-Affirique.
PoRNETTB, dit LoNGEAU, de Sainte-AflHque. ^ François Bonald, de Sainte-Eoialie, employé.
Roques, manœuvre au Gua.
Le citoyen Fraissines avait déjà subi une transportatron en Algérie, lors du coup d'État, il est rentré en France après raxnnistie, il est mort en 1868: c'était un noble cœur.
Le citoyen Rozii avait également été frappé, en 1852; transporté en Afrique en 1856| il revint daoB soo pays après l'amnistie; mais il avait perdu sa clientèle, H végéta pendant quelque temps et mourut presque de misère.
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une voiture publique, avaient entendu un monsieur déblatérer contre TEmpereur. Elles reconnurent que ce monsieur n'était pas le citoyen Bonald. Enfin quelques autres personnes vinrent déclarer que lui, Bonald, avait injurié l'Empereur et Tarchevêque de Paris; qu'il avait accusé le chef de l'État d'avoir envoyé les troupes françaises en Grimée pour les y faire périr, qu'enfin, il n'allait pas à la messe, et il fut traduit en police correctionnelle el condamné à six mois de prison.
Il en fut de même du citoyen Roques.
Tous deux cependant pensaient qu'au bout de six mois ils seraient libres. Pas du tout. La veille de l'expiration de leur peine, on les fit lever sur le coup de mihuit et on les expédia en voiture cellulaire, d'abord à Montauban où ils passèrent la nuit suivante, ensuite à Marseille. Ils ignoraient complètement où on les conduisait. Ce n'est que là, qu'ayant appris que plusieurs de leurs coreligionnaires avaient été transportés en Afrique, ils commencèrent à comprendre. On les embarqua pour Philippeville , d'où on les conduisit successivement à Sétif et à Constantine, et enfin à Bordj-bou-Arréridj\ un petit village de 200 habitants, où ils furent internés ' jusqu'à l'amnistie, époque à laquelle ils rentrèrent dans leur pays.
BOUCHES- DU -RnONE
Qe départemeot a dû compter un grand nombre dsl victimes. Nous n'avons malheureusement que les noms da deux ;
Meïnier, docteur-médecin à Rogues.
Brémonp, avocat à Aîx,
Le docteur Meynier avait autrefois exercé la profession de médecin à Marseille. Plus tard, il se retira d^nf une propriété qu'il possédait h Rogues, sur les bords ÛS la Durance. C'est !i qu'en 18S1, il fut traqué comme tous les ri^publicains et condamné à l'internemprit. De retour chez lui, il ne s'occupait plus que de voi^ ses nwlades et de visiter ses terres, lorsque, le 26 février, U fut ^rété dans son domicile et emmené. à la prison d'Aii^ où il rencontra le citoyen Brémopd. A I9 fin dt} pois de ifw; il fut transféré à Marseille, d'où iipartit le 27 avril pour l'Afrique à destination de Djidjelly, ipais il obtint, en débarquant à PhilippevîUe, d'être interné à Bougie, '
Aussitôt installé à Bougie, il voulut, sur le conseil même des autorités mjljlajres, exercer sa profession de médecin ; mais il ne tarda pas à subir à ce propos toute
espèce de tracasseries. Le maire de Bougie commença par exiger de \\xi la production de son diplôme ; puis le diplôme fine fois exhibé, il émit la prétention, ayant de passer outre, de l'obliger à faire yiser son diplôme à l'enregistrement, au greffe du tribunal et h la sons-préfecture de Philippeville. L^ docteur Meypier répondit à ce maire zélé que ces formalités, comme il pouvait s'en assurer par les mentions en marge, avaient été remplies i l^arseille, et que, comme le lieu de son domicile n'était pas Bougie, où il est loin d'habiter volontairement et où il n'a pas l'intention de transférer son domicile.... il n'y avait pas lieu de les renouveler.
Le maire, ipsistant, le docteur déclara qu'il continuerait à exercer sa profession sans s'arrêter à ses injonctions.
Mais, M. le maire, ancien militaire, habitué à voir tout le monde lui obéir passivement, et ne comprenant rien à cette résistance légale, fit signifier à un pharmacien de Bougie, défense de délivrer les médicaments prescrits par les ordonnances du docteur Meynier, les malades dussent-ils en pâtir.
Enfin le docteur continuant à visiter ses malades, le maire comprenant de moins en moins cette résistance, et rendu furieux par elle, crut faire probablement merveille en surprenant un ordre d'arrestation contre lui afin de l'obliger à l'enregistrement de « sa peau d'âne. »
Les gendarmes se présentèrent en effet au domicile du
citoyen Meynier, mais celui-ci les mil au déQ de fai usage ài.- leurs armes et leur déclara en même temps qu'ils ne l'emmèneraient pas vivant. A ce moment, deus honorables habitants de Bougie qui entraient chez le docteur, obtinrent des gendarmes d'attendre, et coururent chez le commandant supérieur lui expliquer ce qui se passait et obtinrent la révocation de l'ordre d'arrestation.
Quant au courageui: docteur , il continua à traiter ses malades avec l'in^passibilité qui le caractérisait, à Bougie, d'abord, à Alger ensuite, où il obtint d'être interné.
Il rentra à Bogues après l'amnistie. Mais il avait contracté en Afrique une maladie grave aggravée par l'éloignement des siens, de sa femme, de ses enfants. Il languit quelques années et mourut jeune encore.
Le citoyen Bhémond, avocat à Aiï, avait lui aussi été fl>appé en 1851 . Le 24 février 1858, à onze heures du soir, il fut arrêté dans la rue comme il sortait du spectacle, et emprisonné. L'ordre d'arrestation était une simple note du sous-préfet. Après être resté dix jours au secret, un commissaire de police vint lui faire subir une espèce d'interrogatoire, dans lequel il crut comprendre qu'il Mail accusé d'avoir passé une grandi revue d'ouvriers ripublicains dans la grande plaine de Gardaune, où il n'était jamais allé de sa rie et où il n'y avait jamais eu ni revue nf réunion... l
L'ordre des avocats d'Aix, plus courageux que ceux de
beaucoup d'autres villes, s'émut fort dé l'attentat à la liberté individuelle commis sur Tun de ses membres et demanda une audience au sous-préfet d'Aix, M. Delmas. Celui-ci indiqua précisément l'heure des audiences de la Cour d'appel,pensant sans doute que l'ordre des avocats serait ainsi empêché de venir en corps dans ses salons. Mais, et c'est là un fait remarquable, les magistrats, qui eux-mêmes s'étaient émus de l'arrestation du citoyen Brémomd, suspendirent leurs audiences pour permettre au conseil d'aller porter leur réclamation à M. le souspréfet. A la suite de cet incident, et après avoir passé près d'un mois en prison, le citoyen Brémond fut relaxé. Il sortit le jour même où le docteur Meynier fut conduit à Marseille.