QUALITÉ DE LA CICATRICE
La question de la valeur de la cicatrice ne nous paraît pas avoir suffisamment préoccupé jusqu'à présent les opérateurs trop soucieux qu'ils étaient de, la sécurité opératoire. Cependant elle nous semble avoir une importance capitale dans la qualité de la guérison. Il faudrait pour en juger pouvoir comparer les résultats éloignés anatomi-
y OR
ques el fonctionnels obtenus avec différentes techniques de sutures
out + DPF A x # J* I : Q ns ” mais la littérature médicale est d'une indigence rare à cet égard. Faute
donc d’avoir trouvé des textes suffisants à examiner sur ee point, nous en sommes réduits à des conjectures.
Cependant ce que nous avons vu de l'évolution des sutures obtenues après écrasement des lranches ou emploi du point de Connell, nous fait douter qu'une cicatrice obtenue par seconde intention, après des phénomènes inflammatoires marqués, soit d'excellente qualité. I en est de même des sutures des tranches par point lolal où la destruction de la muqueuse et l'infection de la plaie ne nous paraissent guère de conditions favorables à une bonne cicatrice.
Peut-être donc que la valeur de cette cicatrice n’est pas étrangère à cerlains accidents observés après les interventions digestives ?
Nous avons yu que le bouton anastomotique de l’avis unanime pré-
dispose aux sténoses des bouches : n'est-ce pas parce qu'il agit par écrasement et nécrose des tranches ? Et dès lors ne pourrait-on pas
incriminer de la même façon les écraseurs, le point de Connell où un
surjet total serré entraînant le sphacèle des bords accolés ? Tuffier di-
sait en 1922 : « La cicatrisation sans affrontement muqueux me paraît devoir donner une cicatrisation plus rétractile. » Nous verrons à
propos du plan muqueux de la suture bord à bord que cette opinion
a reçu une confirmation quasi-expérimentale d'essais de sutures en un seul plan séro-musculaire tentés par M. Robineau : sur dix gastro-entérostomies ainsi pratiquées, M. Robineau a observé deux fois des sténo-
ses orificielles.
Ne pourrait-on pas supposer d'autre part que dans certains cas des ulcères peptiques puissent venir se greffer sur une cicatrice de mauvaise qualité.
De mème au niveau de l’intestin n'est-il pas permis de se demander avec M. Robineau si les « côlisations du grêle » qu'on a décrites après les anastomoses termino-terminales surtout, ne sont pas une simple distension de l'intestin semblable à toutes « celles que l’on observe sur l'intestin en amont de lésions non sténosantes, mais qui infiltrant la paroi intestinale suffisent pour briser le courant péristaltique ». Tuf- Ber disait de même, « il suffit de voir fonctionner un inteslin qui paraît normal (après résection et écrasement des tranches) pour voir que
le siège même de la suture est inextensible lors des contractions sus-
jacentes. Si le rétrécissement est rare, l'inextensibilité est fréquente. »