L'ENFANCE
jNFANCE, âge charmant, beau matm de la vie,
Une chaine de fleurs Unit tes jours heureux , beaux jours dont on envie
Et le rire et les pleurs.
Enfant , j'aime à te voir bondir dans nos campagnes
Poursuivant un cerceau , J'aime à te voir gravir le sommet des montagnes
Léger comme un oiseau.
J'aime ton abandon , ta douce insouciance ,
J'aime tes cris joyeux , Ta folâtre gaité , cette heureuse innocence
Rayonnante en tes yeux ; J'aime ce front si pur , qu'aux baisers de ta mère
Tu viens toujours oiîrir ; Et ta louchante voix , quand tu fais la prière
Ç^ne Dieu devra bénir.
^lais de petits chagrins , parfois , troublent tes heures
Et tes riants plaisirs , Et le cœur tout gonflé , lu t'agites , tu pleures ,
Tu pousses des soupirs :
Oh ! quelle main , alors , vient essuyer tes larmes
Et calmer ta douleur ?
Enfant , c'est l'amitié , qui déjà par ses charmes
Séduit ton jeune cœur ; Qui t'entoure d'amour ? de soins ? de complaisance ?
Qui t'ouvre le chemin Qu'à tes pas incertains offrira la science ?
Qui charme ton destin ?
Enfant . c'est l'amitié ! c'est l'angr tutélaire ,
Qu'envoya le Seigneur , Pour que l'homme souffrant supporta sa misère
Et put croire au bonheur ; Elle doit des vertus te montrer la carrière ,
Et c'est elle ici-bas , Qui marchant devant toi soutiendra la lumière
Pour éclairer tes pas.
Sans elle , pauVre enfant , égaré dans la vie ,
Où serait ton appui ?
Ton ame où doit un jour , éclore le génie
Se fanerait d'ennui ; Car l'enfant lui doit tout ; vertus , jeux et caresses ,
Jusqu'à son avenir ; Oh ! livres-toi sans crainte à ces vives tendresses
A ce touchant plaisir !
Jouis , jouis enfant , de ce bonheur suprême
Remplis -en tout ton cœur :
Hélas ! on est heureux , ici bas, quand on aime ,
C'est l'oubli du malheur.
i2 mars 183j,