LA MUETTE
Tliisls h to bi- alo Tliiî, Tliis \i solilu.li-.
^^ AMAis les sons de cette voix chérie , N'arriveront jusqu'au fond de mon cœur ; Et ses accents à mon ame attendrie Ne pourront pas apporter le bonheur.
L'affreux silence ! hélas , qui m'environne
Jette en mon cœur et le trouble et l'effroi
J'écoute en vain aucun bruit ne résonne
Tout est muet, hélas, autour de moi.
Quoi pour jamais? oui, l'autre jour encore,
Il souriait et parlait à ma sœur :
Que disaient-ils?.,, un mal qui me dévore Vint s'emparer tout à coup de mon cœur ; Affreux tourment , inquiétude amcre , Qui me remplit d'un douloureux effroi!... En me voyant pleurer , ma bonne mère , Se prit , hélas , à pleurer avec moi !
Que disaient-ils? cette horrible pensée,
A chaque instant augmente ma douleur ;
Je suis injuste et peut-être insensée ,
Car je sens bien, que j'aime moins ma sœur.
Sa voix, à lui. je crois parfois l'entendre!
Et tout mon être en tressaille d'émoi
Comme ses yeux, oui , sans doute elle est tendre , Mais ses doux sons ne vibrent point pour moi !
Ils sont heureux ils peuvent se comprendre !
Seule , je suis étrangère ici bas !
En mots d'amour , leurs cœurs doivent s'entendre
Moi seule , hélas , je ne l'entendrai pas !
Dans l'abandon languit mon existence ,
Devant mon sort , j'ai reculé d'effroi ;
Je veux mourir , pour garder l'espérance
Qu'il versera quelques larmes sur moi.
Juillet iS'