L'ERMITAGE
GoiiAtn.
EXEZ, jc veux m'asscoir sous ces portiques sombres, Portons nos pas errants à travers ces décombres'
Par le lierre couverts ; Ces lieux semblent voilés par la mélancolie Et l'infortune ici pour un instant oublie
Les maux qu'elle a soufferts.
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La tristesse se plait au milieu des ruines;
Le silence a pour moi , comme des voix divines
Qui me font tressaillir ; Et leur souffle en passant[sur ma lyre plaintive Suspendue aux rameaux des saules de la rive
En tire im long soupir.
Lorsque l'astre du soir à la clarté mourante , Ne jette qu'à regret sa lueur vacillante
Sur ces débris pieux ; Quand le fleuve écumant sur la plage se brise Et que l'air agité du souffle de la brise
Fait trembler mes cheveux.
Alors m'enveloppant dans ma douleur amère Sur ma lèvre tremblante a frémi la prière ,
Instinct des malheureux :
Hélas , lorsqu'ici bas tout nous peine ou nous blesse , Nos longs regards empreints de pleurs et de tristesse
Se lèvent vers les cieux.
Lorsqu'aux pieds du Seigneur , ma prière s'élance , La foi vient à mon cœur révéler l'espérance ,
Mes pleurs sont moins amers ; Un ange sur mon front semble incliner ses aîles , Et la suave paix des voûtes éternelles
Se répand dans les airs.
Qu'il est doux de prier, hélas, pour ce qu'on aime! De répéter son nom , jusqu'à l'Etre suprême !
Entre le ciel et nous C'est un secret d'amour et de mélancolie , Et la prière alors , rêveuse et recueillie ,
Fait ployer les genoux!
Ceux dont le cœur glacé repousse la prière
N'ont pas veillé sans doute au lit de mort d'un père !
Ils ne connaissent pas , Ces angoisses du cœur, ces peines déchirantes Qui comptent les soupirs sur des lèvres mourantes
Qu'engourdit le trépas.
Oh ! tombant à genoux! tremblant, mouillé de larmes , Grand Dieu ! l'impie ému , pour calmer ses alarmes
Lui-même t'eût nommé!
Nou , s'ils ont rejeté cette douce croyance Et si leur cœur n'a pas besoin d'une espérance"
C'est qu'ils n'ont point aimé ! !