PAUVRE FILLE
ROMANCE
^'oRMEz-cn paix ma bonne mûre , Près de vous je vais travailler ; Doucement fermez la paupière.
A vos côtés je veux veiller ; Pour moi , que craignez-vous encore ?
Oh ma mère ! je n'ai plus faim !
Dormez-en paix , jusqu'à l'aurore , Et Dieu nous enverra du pain .
Dormcz-cn paix ma bonne mère ^ Que le ciel calme vos douleurs î , .
Elle dort : et sur ma misère Je puis enfin verser des pleurs;
Il faut pour elle que je file , Ainsi, j'oublîrai que j'ai faim :
Puis au jour, j'irai dans la ville Pour acheter un peu de pain.
Dormez-en paix ma bonne mère ; Elle gémit dans son sommeil :
Essuyons vite ma paupière Soyons riante à son réveil ; Elle se lève , elle soupire , Et me demande si j'ai faim :
Oh ! ma mère , daignez sourire Et Dieu nous enverra du pain.
NAPLES
NAPLES
raicwell, and itIio nnswfrs : F^ivcwi-ll!
âf uoi ! vous allez partir ? de rilalie antique, Vous allez explorer la poussière liéroïque :
Et fouler tour-à-tour, Les rives de l'Arnô, la ville aux sept collines, Naples se couronnant de fleurs et de ruines, Ou'ehdort un chant d'amour.
Vous errerez Licntôt, clans la noble Florence , Poétique cité , qui blanche , se balance
Sur des touffes de fleurs ; A ous irez contempler, l'ame émue et rêveuse, Ces tombes consacrant , dans leur pompe orgueilleuse >
Le néant des grandeurs.
Ce palais de Pitti , ses bosquets , ses cascades , Ses jardins , où le soir, des hautes colonnades
Sortent de longs concerts.
Sa Vénus , ses tableaux , ces vastes basiliques Aux larges flancs de marbre, aux coupoles magiques
S'élançant dans les airs.
Et puis, vous inclinant sur la terre brûlante,
D'où , comme un dieu mortel , jaillit un jour le Dante
Les pieds sur les enfers De toute sa hauteur, se dressant sur le monde , Et cachant dans les cieux, cette tête féconde
Où se meut l'univers.
Tout palpitant rncor du sublime porte
Vous viendrez vous asseoir sous rcnccintc nuieltc
D'un temple colossal : * Michel -Ange, Alfieri , Machiavel, Galilée, A vos noms immortels, la voûte est ébranlée
D'un respect filial !
() Panthéon chrétien ! sur la noble coupole Surgit leur gloire immense, éclatante auréole.
Du ciel divin flambeau ; Sur ces restes pieux, Pamc semble agrandie. Et l'on croit , éperdu , respirer leur génie
Au pied de leur tombeau.
Mais vous touchez déjà le sol sacré de Rome ; Et chacun de vos pas , heurteront d'un grand homme Les cendres ou lautel ,
(i) L'Eglise de Sanla Ciore i, l'Icrnut.
Les reg;ards éblouis de sa triple auréole , Allez rêver h gloire au pieils du Capitole, Nid du peuple immortel.
Où sa foudre loiiuait, et doù son aii^le altière En étendant luie aile eût ombragé la terre
Tremblante sous ses lois.
Où retentit encor la parole puissante Que Cieéron jetait à la foule béante
Que maîtrisait sa voix.
Puis fjiiand le soir r('pand une eiarlt" mourante; Pensif, allez errer sous la voûte éloquente
Du vaste Pcmthéon ; Et contemplant an loin , Rome et les sept collines Où les pliases du globe ont semé des ruines ,
3îais respecté le nom !
Contemplant ce Forum , dont la splendeur passée Semble de son éclat accabler la pensée ;
Où le tribun romain , Poussait les flots d'un peuple écumant de colère, Où chaque jour voyait , les destins de la terre
Se peser dans son sein.
Oui, vous croirez revoir, ces vingt siècles de gloire Secouant leur linceul , grands comme leur histoire ,
Se lover devant vous î Vous entendrez frémir leurs mânes héroïques , Et tremblant de respect , sur leurs froides reliques
\ ous ploirez les genoux.
Mais volez au Tibur, à ces rives fameuses ^ enez redemander des ombres plus heureuses,
î n ])lus doux souvenir:
Cherchez au Tivoli , les traces de ^ irgile ; Sur ses autels brisés, allez à la Sibylle
Denian(l(>r l'avenir.
W' ISO «@
lu tout empreint cncor des sonvonirs d'Horace , Portez vos pas errants , vers la tombe du Tikssc ,
Le poète immortel ; Jîyron , iei , donna des pleurs à son génie , Et proscrit, comme lui, cherchait une patrie Loin du toit paternel.
Mais vous voguez enfin sur la plage joyeuse,
On le parfum des bords embaume l'onde heureuse ,
Comme \m souffle d'amour ; Sous les eieux enchantes où brille Parthénope , Qu'un long voile de pourpre et d'azur enveloppe
Aux premiers feux du jour !
0 magique Cité , belle comme un prestige ! Et i|ui semble aux regards , un éclatant prodige D'un art surnaturel.
Toi «]iii pris , pour llambcau de les nuilciises Ictcs , Le gigantesque luoiit uux sublimes tempêtes, Le colosse éternel.
Peut-être, un jour , hélas, le géant en furie, De son souffle étendra sur la ville endormie
Un funèbre linceul ; Et de cendres couvrant la Cité palpitante Creusera sous les Ilots de sa lave brûlante
Un immense cercueil.
Mais couvert par des chants , le râle du cratère Menace vainement cette foule légère
Qui danse sur des fleurs :
Ainsi , le nautonier dort sur la foi de l'onde . Ut se livre oublieux à la vague qui gronde
-Sans craindre ses fureurs.
O Naples ! doux séjour , qu'entourent tant d'alarmes ! Oui , l'oubli du danger se trouve dans tes charmes ,
Dans ton brillant soleil , Dans les plaisirs riants dont s'enivre ta vie, Dans ces chants de bonheur, de joie et de folie
Qui bercent ton sommeil.
Dans ce ciel azuré qui brille sur ta tête , Dans cette mer, mêlant le cri de la tempête.
Aux douces voix des eaux.
Dont la vague où se croise un esscin de gondoles, Agite mollement les longues banderoles
Que caressent tes flots.
Dans ton peuple oublieux qui pullule et mendie , Qui se rue au soleil , écoutant Erminie ,
Ou le Polichinel ; Danse la tarentelle au pied des colonnades , Et d'un temple détruit relève les arcades
Pour poser un autel.
ISS
Et qu'importe ce mont un paiiaclio de flamme , Quand la voix des plaisirs parle si haut dans lame !
Lorsque d'IIcrculanutn On e.\liume en passant une eilé niuniie, Ou qu'on foule joyeux , sur la riv(^ fleurie ,
Les roses de Piestum.
Mais il est d'autres bords, où lamitie fidèle, Qui gémit loin de vous , rêveuse vous appelle
Et vous nomme tout bas ; Lorsque des yeux en pleurs accusent votre absence , Ah ])our ne point briser une frêle evistence
Ne nous oidîlicz pas,