‹ Les Symboles des Egyptiens comparés à ceux des HebreuxChapitre 12 sur 66 · CROCODILE · texte numérisé non relu

CROCODILE

Plutarque dit que le crocodile était consacré à Typhon. (Is. et Osir. cap. L.)

D’après Diodore de Sicile , cet animal exprimait dans les hiéroglyphes toute espèce de malice , de méchanceté (III. 4, p. 176 , éd. Wessel).

Horapollon lui attribue la signification de rapacité, de fureur (I. 67); il désignait encore l’occident (I. 69) ; la queue de crocodile était le symbole des ténèbres (I. 70); ses yeux représentaient l’orient (I. 68).

Le nom du crocodile me paraît avoir étéDDTI hemt, mot que la version des Septante traduit par oaûpa, et les lexicographes par lézard ; ce nom désigne toute la famille des sauriens , et spécialement le crocodile égyptien. Le même mot désignait en Égypte le lézard et le crocodile , puisque Horapollon dit que le crocodile était le symbole de la fécondité (I. 69), idée représentée sur les monuments par le lézard (Champ. Gramm. p. 317).

Le mot DDTI hemt, crocodile ou lézard , est formé par la racine DH hem, la chaleur dévorante, HDTl heme, l’incandescence, la fureur, le poison. Les mots formés par cette racine donnent l’histoire du mythe de Typhon , génie du mal , symbolisé par le crocodile , d’après Plutarque.

Et d’abord, nous trouvons le nom del’dne consacré également à T yphon ; "flDn hem ir ou“01hemr, Y âne.

Le nom de la couleur rousse attribuée à Typhon

DE L’ftGYPTE.

( Couleurs symlx>liques , 257) est DTI heem , la couleur noire, la couleur brûlée ; pOT! hemuts ou hemts, le rouge, le tanné, et Y oppresseur , le violent (voyez l’article de la Couleur rousse).

Le mot DDn hms signifie la violence , 1 ’ injure , la rapine , etrépondaux significations données au crocodile par Horapollon , et au nom égyptien de cet animal

l"IDD MSH (1).

Les monuments confirment le sens que lui attribuent ici le hiérogrammate égyptien et les homonymies hébraïques. Un des chapitres du Rituel funéraire se rapporte au combat du défunt contre le crocodile, c’est-à-dire contre ses passions mauvaises ; il le tue avec le sceptre à tête de roucoupha, emblème connu des bonnes affections.

Le crocodile, DDT1 hemt, est un animal immonde dans le Lévitique, comme dans la religion égyptienne.

Horapollon ajoute que le crocodile était le symbole de la fécondité (I. 69), et le mot DH hem présente les idées de parenté, de mariage; le mot grec y«ps, mariage , dérive , d’après Gesenius , de Di"l ; nous ve-

(1) Dans le copte, nous retrouvons UC2 > ^ JUtCTt °di° habere. Cfr. Gramm. égvpt. p. 384.

crocodiltu ,

nons de dire que sur les monuments le lézard était le symbole de la fécondité.

D’après Clément d’Alexandrie (Stromat. V. 7), le crocodile figurait le temps ; le Saturne égyptien est coilfé d’une tête de crocodile, et le mot pDn hemq signifie faire un cercle, tourner autour ; ce mot se rapporte à la course du soleil , puisque non heme signifie le soleil , et qu’en hébreu le nom propre du temps signifie tournerait apn, et forme JDINaijpn, une roue (Gesenius).

D’après M. Champollion , le lézard était consacré à Bouto, divinité des ténèbres primordiales (Notice du Musée Charles X, p. 42) ; d’après Horapollon, la queue de crocodile était le symbole des ténèbres (I. 70) , et le mot DTI heum signifie la couleur noire, la couleur des ténèbres.

Le nom de l’Égypte, d’après Plutarque (De Is. et Osir.) , signifiait la noirceur et la chaleur; DP1 hem , la chaleur, et DTI iieum, la noirceur, sont une même racine qui forme le nom du crocodile DDn hemt ; le nom de l’Égypte conservé par la Bible est en effet Dfl hem , et ce mot est écrit sur l’obélisque de Paris par la queue de crocodile et le nycticorax, qui phonétiquement forment le mot on hem (1).

(t) Salvolini , Traduct. de l’Obclisque, p. 16. Akerblad , Lettre à M. de Saey, p. 57. Cfr. Gesenius , verho on-

DE L’ÉGYFfE.

La signification du nom de l’Égypte se retrouve dans le copte Ktut noir. (Champ. Gram. p. 320.)

Pourquoi les Égyptiens donnèrent-ils à leur pays un nom réprouvé , composé du symbole des ténèbres , le crocodile , et du symbole de la mort , le nycticorax? (Horapol. I. 70.11. 25.) La réponse est facile; l’Égypte avait trois noms : l’un, symbolisé par le lis , désignait la haute Égypte ; l’autre , représenté par le papyrus, la basse Égypte. Ces deux noms répondent aux mots hébreux DVir© pthrus , la haute Égypte, et “TWD mtsur, la basse Égypte ; le premier indiquait la région des interprètes et de la religion , et le second la terre de l’agriculture et de la civilisation , ainsi qu’ils seront expliqués à l’article Lis. (Cfr. l’art. Vautour.)

Le troisième nom , DF1 hem ou Cham , désignait le peuple des profanes , ou des hommes morts qui croupissent dans les ténèbres de l’ignorance. (Cfr. l’art. Ane.)

Le dieu de la lumière Horus est quelquefois représenté sous la forme d’un crocodile, avec la tête d ’épervier, surmontée des cornes et du disque solaire (Champ. Gramm. p. 120). Ceci confirme ce qu’établit Horapollon , q ue les yeux du crocodile représentaient l’orient, et sa queue les ténèbres (1.68. 70).

La Bible dit : Le vieillard et l'homme dans les hon-

neurs forment la tête ; mais le prophète docteur du mensonge est la queue (Isaïe. IX. 13. 14).

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