‹ Les Symboles des Egyptiens comparés à ceux des HebreuxChapitre 3 sur 66 · ANE · texte numérisé non relu

ANE

Les Égyptiens représentaient Y homme qui n'est jamais sorti de son pays par Vonocéphale (tête d’âne). (Horapollon, I. 23.)

La langue hébraïque donne la raison de ce symbole, puisque "TJ? oui, Vdnon, signifie encore une ville, une enceinte. (Gesenius.)

L’autre nom de Yâne , "HOn iiemur ou hemr “IDTI, se forme du mot non heme, entourer d'un mur, et HDTI heume, le mur d’enceinte d'une ville. Ces synonymes hébreux reproduisant les mêmes homonymies, offrent la démonstration de la vérité de notre système.

L’âne était consacré à Typhon, le génie du mal , représenté de couleur rousse (Couleurs symboliques, p. 257) , et le nom de Yâne *01 iiemr signifie rougir,

s’enflammer (1) ; la racine de ce mot est DPI hem (C ham), nom propre de l’Égypte d’après l’hébreu et les monuments (voyez l’article Crocodile ). Ce nom avait encore , d’après Plutarque , la signification de noirceur et de chaleur, DTI iiecm signifie noir (Plutarch. De Isid. Gesenius) ; il forme le mot DDT1 hems, la violence , Y injure , la rapine.

L’âne était le symbole de l’ignorance unie à la méchanceté ou à la bonté , “1DPI uemr , Y âne roux, représentait l’ignorance mauvaise ; Ydnesse blanche (Jud. V. 10) était l’emblème de l’ignorance unie à la bonté et à la candeur, ÎT1TO.

Cette ignorance bonne ou mauvaise était celle des profanes. L’âne représentait le peuple stupide de l’Égypte , Dn Cham , qui matériellement ne sortait pas de la circonscription de ses bourgades ; et qui moralement , enfermé dans les liens de l’erreur et des préjugés , n’arrivait jamais à la connaissance des mystères révélés dans l’initiation.

L’ânesse blanche représentait l’homme qui ne possédait point encore les connaissances spirituelles, mais qui pouvait les acquérir; le conte d’Apulée développe ce mythe de la manière la plus ingénieuse :

(1) De même -py , l 'âne et la ville , signifie de p\as n'erijlammcr, Y ardeur de la colère, et un ennemi (Gesenius).

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l’homme dont les affections et les idées sont étroitement enfermées dans la vie matérielle , est métamorphosé sous la figure d’un âne ; il voyage long-temps, arrive en Égypte, où il recouvre la forme humaine en recevant l’initiation. L’âne de Silène, qui portait le breuvage d’éternelle jeunesse , le troqua contre quelques gorgées d’eau (Noël, Dict. de la Fable), emblème du profane qui préfère les connaissances du monde extérieur à ces sources d’eau vive qui ne tarissent jamais.

M. Lenormant , dans ses Recherches sur Horapollon, dit que le livre de ce hiérogrammate porte des marques d’interpolations, et que l’onocéphale est de l’invention du traducteur grec Philippe : On n’a pas que je sache , dit-il , retrouvé la tête d’âne parmi les hiéroglyphes : mais des Égyptiens voyageurs ! des hommes ridiculisés dans cette contrée pour ne l’avoir jamais quittée ! évidemment ce sont là des idées aussi contraires que possible à l’esprit de l’antique Égypte (Lenormant, Recherches sur Horapollon, p. 10).

Les Égyptiens avaient en effet la plus grande horreur pour les étrangers , les hiéroglyphes en sont le témoignage irrécusable (voyez Salvolini, Campag. de Rhamsès,p. 15; et Champollion , Gramm. égypt, p. 138). Mais Horapollon ne dit pas que l’onocéphale fût le symbole de l’homme qui n 'était pas sorti

iO

de 1’Ëgypte, mais de celui qui n’avait pas quitté son pays natal, sa ville ou son nome : HvOpomov n k Ttaxpidoç

pi dT.O$r\pn<jœ)za..

Si on n’avait point encore reconnu la tête d’âne parmi les hiéroglyphes , on retrouverait cet animal dans l’hébreu avec la signification qui lui est assignée par Horapollon , et dans notre système cette preuve serait déjà convaincante ; mais la figure de lane était empreinte sur les gâteaux offerts à Typhon , le génie du mal et des ténèbres ; enfin , sur les hiéroglyphes , cet animal est une des formes de Seth ou Typhon, dont M. Champollion donne le dessin , p. 120 de sa Grammaire.

Typhon était quelquefois représenté avec la tête d’âne , ainsi que le prouve la vignette suivante ,

gravée d’après le manuscrit de Leyde , publié par

DE L’ÉGYPTE

M. Leemans (1). Ce personnage, qui porte sur la poitrine le nom de Seih, et sur la légende celui de l’dne stu, nous paraît devoir se rapporter à Yonocéphale dHorapollon.

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