PLUME D’AUTRUCHE
La plume d’autruche est un symbole très-usité dans l’écriture hiéroglyphique et sur les anagly-
phes , sa signification de justice et de vérité est parfaitement constatée (1).
D’après Horapollon : « L’homme rendant à tous
* la justice était représenté par la plume d’autru-
* che, parce que cet oiseau , à l’exception des « autres, a toutes ses plumes égales. » (Horap. U. 118.)
La plume d’autruche est le symbole de la déesse de la justice et de la vérité , Thmé, la Thémis égyptienne.
Le mot hébreu ion signifie une autruche et un conseil, une détermination. Ce mot vient, d’après Gesenius , de la racine njj? ose , rendre me sentence , et en même temps témoigner. (Gesenius, p. 780, B.) Ainsi , en hébreu comme en égyptien , l’autruche est le symbole d’une sentence de justice, et d’un témoignage de vérité ; ajoutons que le nom de la déesse de la justice et de la vérité, Thmé, signifie en hébreu la justice et la vérité, DH thm ou HDn thme , integritas et
dl'fiQtia.
Poétiquement, le nom hébreu de l’autruche est rU3"! rnne; ce mot signifie de plus un chant de joie f
(1) On ne peut pas avoir de doute sur le signe représentant la plume d’autruche, puisqu’on voit sur une peinture de Thèbes deux hommes occupés à arracher les plumes d’une autruche. ( Wilkin sons, Manners and customs of the ancient Egyptians, II, fi.)
DE L’ÉGYPTE
de louange , et d’après M. Champollion , les âmes bienheureuses , la tête ornée de la plume d’autruche et sous l’inspection du seigneur de la joie du cœur, cueillent les fruits des arbres célestes (Lettres écrites d’Égypte, p. 231).
Une peinture du Rituel funéraire représente le jugement de l’âme ; elle s’avance vers la déesse Thmé , qui porte la plume d’autruche sur la tête ; à côté de cette divinité de la justice et de la vérité, paraît la balance dans laquelle Anubis et Horus pèsent les actions du défunt; ils placent d’un côté la plume d’autruche , et sur l’autre plateau le vase contenant le cœur (1) ; le poids du cœur est supérieur à celui de la plume d’autruche, le plateau s’abaisse, et lame est reçue au céleste parvis; Tholh enregistre la sentence en présence d’Osiris ; au-dessus de cette scène paraissent les quarante-deux juges de l’âme assis , et la tête ornée de la plume d’autruche (2).
(1) Horapollon, I, 21; Lcemans, Adnot, et planche xlv, A. Voyez la dernière vignette, à la fin du volume, copiée sur le manuscrit de Tentamoun.
(2) Voyez l’Explication de la principale scène peinte des papyrus funéraires égyptiens, par Champollion le jeune, extrait du Bulletin universel des Sciences deM. de Férussac, novembre 1825. Cfr. la Notice du Musée Charles X ; la Description de l’Égypte, etc.