APPLICATION AUX SYMBOLES DES COULEURS
Dans les langues primitives, les noms des objets matériels étaient employés pour désigner les idées abstraites qui leur correspondaient ; plus tard s’opéra une réaction dans les langues , les noms des idées abstraites furent souvent imposés aux objets matériels qui les symbolisaient.
Cette action et cette réaction , qui se manifestent chez les peuples qui conservèrent l’intelligence des symboles, fut une des causes de ce fait remarquable dont l’hébreu nous a offert des exemples : que les synonymes reproduisent les mêmes homonymies, c’est-à-dire que différentes dénominations d’un
HO SYMBOLES
même objet physique possèdent le même sens moral; tantôt l’idée abstraite naissant du symbole, et tantôt le nom du symbole dérivant d’une ou de plusieurs expressions abstraites.
Il est évident que ce fait écarte toute idée de hasard dans la formation des significations symboliques , et toute idée d’arbitraire dans leur interprétation.
La loi qui imposa aux synonymes d’une langue les mêmes homonymies reproduisit les mêmes phénomènes dans des langues -étrangères entre elles, et qui n’avaient d’autre rapport que celui d’une origine symbolique : il n’est pas surprenantque l’on retrouve dans l’hébreu la raison des symboles de l’Égypte, puisque j’ai déjà montré dans l’histoire des couleurs symboliques que le nom de la couleur blanche eut la même signification dans des langues complètement étrangères les unes aux autres. Ainsi le mot grec Leukos signifie blanc, heureux, agréable, gai; en latin Casdidcs, blanc, candide, heureux ; dans la langue allemande, nous trouvons les mots Weiss, blanc, et Wissen, savoir, ich weiss , je sais; en anglais White, blanc, et Wit, esprit, Witty, spirituel, Wisdom, sagesse (1).
(1) Des Couleurs symboliques dans l’antiquité, le moyen âge et les temps modernes, p. 50 et 51 .
DES COULEURS
Les langues de la Grèce et de Rome, et celles des peuples modernes, altérées par de nombreux mélanges et un long usage, perdirent le caractère symbolique que nous retrouvons dans l’hébreu ; l’application de cette dernière langue aux symboles de l’Ëgypte en offre le témoignage , et les noms des couleurs le confirment.
Après le travail spécial publié sur cette matière , il paraîtrait suffisant d’établir que les noms des couleurs reproduisent en hébreu les significations assignées dans nos recherches antérieures ; mais il nous a semblé utile d’appliquer spécialement aux peintures de l’Égypte ce nouvel instrument de vérification.