‹ Les symphonies: idylles héroïquesChapitre 13 sur 61 · ASILE · texte numérisé non relu

ASILE

Quand j'écoute chaatôr les nids et les Tontaines,

Je suis lieureux SDcor.

Entre les voix des mers et des foréls lointaines

Je démêle un accord.

J'aime encor, sur les Qanca des montagnes désertes,

Sans songer au retour, Joyeus des horizons et des fleurs découvertes,

He perdre tout un jour.

Le soir, quand je reviens, plein de rêves sans nombre.

J'aime à voir en marchant Le noir proGl des monts découper sa grande ombre

Sur le soleil couchant.

Je liens encor la clef des grandes harmonies,

L'âme des sons divers Qui murmurent un peu des choses infinies

pans l'étroit univers.

L'aspect de nos cités m'irrite et me désole ;

Dieu ne s'y fait plus voir ; Là, tout rire est amer, toute humaine parole

M'y souflle un désespoir.

Je vais aux champs ! Les près, les oiseaux et les chi^ne^. Dès que l'homme s'est tu.

Tout me dit, m'invitant à des (êtes prochaines : L'espénincA est vertu.

Si j'ai cessé jamais d'adorer vos merveilles,

terre, à vastes cieus l Qaand vos bruits n'appreadroDt [dus rien à mes oreilles^

Vos couleurs à mes yeus ;

Quand mon cœur n'aura plus une voix qui réponde

A vos divere accords...

C'est que j'habiterai dans l'invisible monde ,

Délivré de mon corps,

Nature I et qu'au ééh de ta dernière étoile,

En face de Ion roi , L'éternelle beauté, dont tu n'es que le voile.

Paraîtra devant mol.

lA'Huse; armée

Oui, l'austère amitié qui U lie aus grands ctiénes, Ce charme du désert qui t'enivre toujours.

S'ils font fkit ignorer nos calculs et nos haines, Ont agrandi ton cœur pour les nobles amours.

Quand tu disais : Mon frërel à l'arbre sans culture : Quand les oiseaux du ciel venaient baiser tes mains, toi qui pour famille avais pris la nature, Non, tu n'abjurais pas la cité des bumainal

An fond des bois sacrés où tu loré^gies, Poëtfl aimé dit cbâne et du vieux bAcheron ,

Tu voulais échapper au bruit de nos orgies ; Hais tu redeaceadras à l'appel du claïroa.

Tu n'as point redouté nos combats, mais nos fèCes. Sur la neige étemelle ou sur le sable en feu, Tu coQSultais la voit qu'entendent les prophètes , Apprenant du déserta nous .parler de Dieu.

Ce vieil' amour du sol, cet honneur qu'on abdique, Ce cult« des aïeux et de leurs saintes lois , Ils coulent daiks ta veine, ô Huse druidiquel Je les ai respires sous les chênes gaubis.

Descends donc aujourd'hui, poëte: il n'est plus l' heure D'écouler les soupirs des flots ou des rameaux; C'est l'âme des humains qui s'agite et qui pleure : .Va retrouver ton peuple et souffrir de ses maux.

Viens Taire , au coeur de ceus qui frappent dans l'arène. Sonner des rhythmes fiers appris dans les grands bois. Tu sais tailler aussi les javelots de frêne ; C'est le jour d'épuiser ta lyre et ton carquois.-

Viens ! la toison de l'ours flotte sur tes épaules. Emprunte à nos forêts leurs divines terreurs ; Entraîne sur les pas le vrai peuple des Craules, De la faux implacable arme tes laboureurs.

LA HUSË AHMÈr;.

Abdique enfin ta paix, Muse rêveuse et leote, Avec ce flot veogeur descends de ton glacier ; Uarche, et lève k nos yeux ta hache étincelanle, La neige des sommets en a trempé l'acier.

Montre à l'homme agit^ dans les projets serviles Ce qui dort dans la paix des saintes régions, Et combien le désert, plus peuplé que les villes. Fait au jour du combat germer de légions.

Car tu peux seule, ô Husel à la fqule insensée Souffler du baut des monta un esprit sage et âer ; Et ceux que tu revêts d'une grande pensée Harcheift dans la bataille à l'épreuve du fer.

î.GoogIc

LES DEUX CIMES

Aux grands monts la nature a fait des lois divers Ainsi qu'aux grandes âmes :

De glaciers étemels ceux-là furent couverts, Ceux-«i remplis de flammes.

Toojonis dans leur cratàra , ou lave , ou passion ,

Grondent des voix latentes; Pois le volcan s'éclaire, à chaque éruption,

De gerbes éclatantes.

Jamais phare des cieux n'a lui d'un feu pareil. Quand vient la nuit, il semble

;,GoogIc

134 LES SYMPHOMES.

Qu'nn astre, ardent rival des splendeurs du soleil, Surgiftdu mont qui tremble.

De ses jets flamboyants il embrase les airs.

Rougit les eaux voisines :

Son front Eait envier sa couronne d'éctaits

Aux jalouses collines ;

Vers les Oots qu'il embrase, en voyant ondoyer

Ce torrent d'étincelles.

On dirait que ce hita est le vivant foyer

Des clartés étemelles.

KaÎB l'ombre va bientôt couvrir du mont géant

La lave refroidie :

L'astre éphémère issu du cratéra béant

N'était qu'un incendie.

Rien n'éclora de lui I Nul rayon créatMir N'en peut sur nous descendre ;

11 ne pleut sur nos champs, de ce soleil menteur. Qu'une infertile cendre.

Toi donc, que ces hauteurs ont souvent ébloui,

Gravis un jour leur cime :

Tu trouveras, an lieu de l'astre évanoui,

La nuit froide et l'abtme I

LES DEUX ClUES.

Le sein de la montagne, ea proie à cas ardeurs,

Se ronge 6t se consume ; H exhale à ses pieds les impures odeors

Du soufre et du bitume.

Telle est la passiou : brillant foyer d'abord , Chaleur, clarté sans ombres :

Fuis sa lave se change , au cœur dont elle sort, En caiUoux durs et sombres.

Et, si vient quelque enfoot par l'éclair abusé.

Il tombe au noir cratère , En respirant, du mont que !a flaoïme a creusé.

Un souffle délétère.

PréTère donc, moaàme, à cette cime eu fou, Dont l'éclair n'e^t qu'un piège.

Le sommet froid et pur, paré, sous un ciel bleu, D'un long voile de neige.

Son rempart de glaciers t'épouvantait d'abord.

Sa froideur le repousse :

Hais ses pieds sont Qauris, mais an flot clair en sort

Et coule dans la mousse,

Sitdt que le soleil, de ses lèvree d'amant

Portant la vie en elles, Bou^l sous seB baisers et presse doucement

Les neiges éternellee.

Ce mont n'a pas de feux , mais pas de gouffre obscar.

Pas de cendres éteintes :

Mais les rayons du ciel embrasent son front pur

De leufs plus vives teintes ;

Il emprunte d'en haut tout l'éclat dont il luit ;

Sa blancheur se colore De l'or ardent du soir, du bleu pur de la nuit,

Des roses de l'aurore;

Ses pieds sont revêtus du frais émail des prés ;

Et ses Qancs, pour ceinture, Ont la chaste forêt où les chênes sacrés

Grandirent sans culture ;

Ofi le neigeux ravin, tout en fleur au printemps.

Nous offre UQ lit suave...

Hais le mont plein d'éclairs se hérisse, en tout temps,

De scorie et de lave.

Or , quand tout flot tarit, éternel réservoir. Source où l'été s'abreuve.

LES DEUX CIHES.

De ses grottes d'azur le glacier fait pleuvoir L'eau mère du graod fleuve.

Telle est la froide cirae : une vive lueur

Sur sa neige étincelle, Et. la fertilité coule avec sa sueur

Dès que son front ruisselle.

mon cœurl pour qu'en t^ii le somniet nourricier

Garde sa sève anstère, Sois donc ainsi I pareil aux neiges du glacier .

Plus qu'aux feux du cratère.

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