L'ALPE VIERGE
Et qui toujours reflète un peu du vrai soleil, Quand U plaine aseombrie est nn proie aux ora^f^.
Tu n'as que trop, aussi, d'infimes régions,
Noirs marais dont chacun cache une hydre rampante ;
Chemins â tout venant où la fânge serpente,
Et qu'en troupeaux impurâ foulent les passions-
Oui, la vallée ouverte est basse, humide, obscure, cœur par les désirs, par l'ennui fréquenté I Mais vous savez, mon Dieu, si l'humaine souillure . Jusqu'au sacré sommet a jamais remonté.
Parfois une vapeur sort d'en bas et le cache : le ne vois plus briller sa neige à l'horizon ; Hais elle reste vierge, à divine raison I Ta splendeur reluira sur ce glacier sans tache.
Nul impur voyageur du pied ne l'a terni.
A l'homme inférieur par moments invisible.
région sereine où siège l'infini.
Ta cime aux passions demeure inaccessible I
C'est toujours l'ÀIpe vierge au front éblouissant, Dont la chaste hauteur ne peut être abaissée, Tabernacle où de Dieu réside la pensée.
Échelle de cristal par où l'esprit descend.
Oui, j'ai gardé ta neige en sa Herté suprême,
Oui, ton fatte est debouti je le dis humblement : Car j'en reviens toujours indigné de moi-mâme, Quand mon cteur, de là-haut, 3e masure un moment.
Et j'oD^ à cet intelsplendide et vierge encore , Mon culte et le tribut de mos jpurs les meilleurs; Sa beauté luit en moi, mais elle vient d'ailleurs ; Eu l'adorant, c'est vous, ômon Dieul que j'adore.
Bn vous est la hauteur de ce front radieux; En vous est sa blancheur où l'arc-on-ciel se joue : Dans l'homme senl est l'ombre, en lui sont les bas lieni. k vous la neige, à moi la poussière et la boue.
Si ce mont re^ pur, c'est que vous l'habitez : Toute virginité n'est que votre présence.
L'homme, s'il eât trouvé ces cimes sans défense. Eût traîné là sa fange et ses obscurité.
A ràbri de moi-mâme, d Père I et de la foule, Garde donc i'AIpe vierge où luit ton tribunal. Ce somme} de mon cœur d'où ta grâce découle ; Henforce chaque nuit^n rempart glacial,
Pour qu'au-dessus, toujours, deslieus sombres, immondes, Brille un degré du ciel que je puis entrevoir , Et qu'aux feux do midi ce divin réservoir - * M'abreuve tout entier de ses fertiles imdes.
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Non , le fatal ennui qui nous pousse an blasphème
Ne sera pas vainqueur t Pour échapper au monde et pour me fuir moi-même,
J'ai des ailes au cœur.
Je conserve immortels l'amour de la nature,
Tob« amour, ô'monDieul Ce double asile, ouvert aux peines que j'endure.
Me reçoit en tout lieu.
L'homme sur votre nom , que l'univers atteste, A répandu sa nuit :
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J'irai vers le désert où votre empreinte reste, Où votre beauté lait.
Le désert I épanchant snr tes âmes qui saignent
Des philtres embaumés , Et faisant de mes pleurs que les humains dédaignent
Vos joyaux bien-airoés.
Le désert I où je puis ramasser votre manue.
Seigneur I où votre loi Rayonne dans l'éclair, ou de la fleur émane,
Et vient s'écrire en moi.
L'espoir coule i grands Qots de Ion sein, 6 naturel
L'eau vivo du rocher Calmant les nobles soifs qu'une source moins pure
Ne saurait élancher.
Mon cœur maudit le monde et l'ennui m'en exile ;
Toute ma foi s'y perd ; Le poëte, il qui Dieu te donna pour asile.
Ressuscite au désert.
Oui , je comprends toujours l'esprit de vos feuillages,
Arbres mélodieux!
Je trouve encor le sens des rapides images
Peintes au front des cieut.
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