‹ Les symphonies: idylles héroïquesChapitre 28 sur 61 · UNE VOIX DANS L'HERBE · texte numérisé non relu

UNE VOIX DANS L'HERBE

Voix des lorrents, des mers, dominaDt toute voix,

Pins au large murmure, Vous ne dites pas tout, grandes eaux et grands bois.

Ce que sent la nature.

Vous n'exhalez pas seuls, ô vastes instruments. Ses accords gais ou mornes ;

Vous ne faites pas soûls, en vos gémissements. Parler l'être sans bornes.

Vous ne dites pas seuls les mots révélateurs D'un invisible monde ;

leo LES SYMPHONIES.

L'Ame éclata h travers de plus humbles chanteurs, Une âme aussi prorondel

le Glet d'eau caché sous l'herbe, le buisson ,

La touffe de bruyère, L'épi, le brin de mousse, ont aussi leur chanson,

Oat aussi leur prière.

Bruit de la goutte d'eau monotone et plaintif.

Cri des feuilles froissées.

Où , seul , trouve un accent le poSte attentif

Aux choses délaissées,

Murmure inaperçu dn brin d'herbe odorant

Qui tremble à ma fenêtre , Tu sors, comme les vois du chêne et du torrent

Des entrailles de l'âtre I

Tu parles d'infini , comme sur les sommets

L'orgue des bois immenses, Qui commencent aussi , sans l'achever jamais.

L'accord que tu commences.

Ainsi TOUS, cœurs perdus dans l'ombre et dans l'oubli,

Cœurs muets pour la foule , Filet d'eau sous la pierre ou l'herbe enseveli,

Brin de mousse qu'on foule;

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