LA FENAISON
Vois, par-dessus la haie où chantent les buvettes, Dans le foin verdoyant aux teintes violetles, Cachés jusqu'aux genoux et montant de là-bas, Les faucheurs, alignés, marchant du môme pas. En cercle, â côté d'eux, frappent les feux tournantes; Le fer àSle en rasant les tiges frissonna nies. Et, dans le vert sillon tracé par les rjtteaui, L'herbe épaisse à leurs pieds se couche en tas égaux.
A l'ombre , au bout du pré , chacun souffle à sa guise ; Le travailleur s'assied, et sa lame s'aiguise, Et l'on entend, parmi les gais refrains, dans l'air. Tinter sous le marteau l'acier sonore et clair.
î.GoogIc
aSO IDYLLES HËROIQCES.
Plus loin, daos le soleil, qai le sèche à merveille. Moule 60 cône arrondi le foin coupé la veille; Là, vous écoutez rire, autour des peupliers.
Les filles de la ferme en rouges labliers, Et la meule y reçoit de la fourche de frëoe Les gerbes de sainfoin que le ràteau lui traîne.
Un char, dont l'essieu crie en montant le coteau , Balance, au pas des bœufs, son odorant ^deau, Aux arbres du chemio, chaque fois qu'il se penche. Laissant fleurs et gazons pendus à chaque branche. Un autre , vide encor, s'arrête ; et les enbats Assiégeant le timon y grimpent triomphants.
Appuyé sur le joug du taureau qui rumine.
Un robuste bouvier, jeune et de fière mine, Dont la brune faneuse accuse le repos , Sourit nonchalamment k ses joyeux propos.
Bienlât, parmi les cris, la joie universelle, Le gerbier tout entier sur le char s'amoncelle; * Tant la galle rustiqne aux lèvres de corail Sait abréger la peine et doubler le travail.
Toi , qui fuis ces labeurs que la sagesse envie , Pourquoi, sans t'arréler, passer devant la vie, Yoyageur poursuivi par ton rêve importun, Et refiiser ta part dans le bonheur o
FBANTZ. — LA FENAISON.
Nouez les ronces aux charmitles Et l'aubépine & l'églantier; Tendez vos rels, ô jeunes filles.
Entre 1^ buisM>n9 du sentier.
A ce bel étranger morose
Qui voit les fleurs sans les cueillir,
Fermez, d'une chaîne de rose,
Le chemin qu'il prend pour nous fuir.
Au rossignol dianteur préparez nne cage, Tressez pour l'enfermer le jonc et le glaïeul ; Hais au loup, s'il se montre, ouvrez vite un p Je suis méchant, et je veux rester seuil
Ton cœur vaut mieux que tes paroles; Tes regards sont tristes, mais doux; n faut qu'ici tu te consoles.
Loin des bois où vivent les loups.
Si la faux f effraye et te pèse.
Prends du moins ce râteau léger;
IDYLLES BEDOIQDËS.
Avec Dous tu peux, à ton aise.
Faner l'herbe de ce verger.
Le goAter, au fond des corbeilles, Va nous offrir, dans un moment, Blanche crème et fraises vermeilles, Et pain bis mêlé de froment.
Lè-haut, dans les pays où je veax aller vivre. Il est des Oeurs sans nom , il est des fruits divins ; Et, du tronc de chaque ari}re, un miel qui vous enivre Jaillit à Qots plus purs que tous les vins.
Nos prés ont des fleurs aussi douces; Essaye un jour de leur odeur.
Pose un peu sur ton front boudeur Ces couronnes que tu repousses.
A cûté de nous reste assis Sur ces pelouses favorites ; Laisse à nos fraîches marguerites Effocer tes piles soucis.