‹ Les symphonies: idylles héroïquesChapitre 4 sur 61 · FEUS FOLLETS · texte numérisé non relu

FEUS FOLLETS

Les cieuz de vapeura sont chargte ; Sortez de terre et voltigez, Flammes railleuses de l'automne.

Venez, sylphes et lutios, De vos rires argentins Rompre sa vois monotone.

Levez-vous, esprits follets,

Sur l'étang qui fume; Trilby cbanle ses couplets :

Valsez dans la brume.

Saulez, sans courber les joncs, Sur les fossés des donjons

Et sur les bruyères , Sur les crânes dispersés

D,gniodD,GoOgIe

Dans les cimetières;

On entend , où vous dansez ,

Le rire des trépassés.

Fantâmes importuna de mes belles années, mes chers souvenirs, que voulez-vous de moi?

Olez ces jeunes fleurs de vos tempes fanées, Fertnez ces yeui orillants qui me glacent d'effroi.

J'aimais en vous l'espoir ; vous m'apportiez en fonle Des promesses que Dieu n'a pas voulu tenir; Désormais tout, chez moi , s'assombrit et s'écroule : Et je hais le passé, n'ayant plus d'avenir.

Je sais, ô mes printemps! j'ai vu ce que vous êtes

Sans les illusions dont vous fûtes ornés; Quand le temps a flétri vos couronnes de fStes, Le remords apparaît sur vos fronts décharnés.

Voici l'biver lugubra et son affreux cortège , D'oiseaux noirs répandus sur son linceul de-neige.

SYMPHONIE DES SAISONS

Les corbeaux ont senti le parfum de la mort.

Jls vieDRBDt, enhardis en leurs instincts funestes; De nos belles saisons ils dévorent les restes. Croassants et rougeurs, et pareils au remords,

lÀ, les débns sanglants du coursier plein d'audace Dont le vol idéal nous portait dans l'espace ; Ici , le ciiien fidèle h son maître oublieux ; Li, le cvgne plaintif et la tendre colombe... Bien, corbeau 1 fais rouler sur cette fraîche tombe Ce crAne chauve et blanc dont tu crevas les yeux.

Hier, jo vous pleurais ; je désirais peut-être, Ornes jeunes saisons, revoir vos jours si doux; Maintenant je dirais, si vous pouviez renaître: Fuyez, ô mes printemps! je ne veux plus de vous.

Je vous connais trop bien pour songer & revivre! Je sais trop à quel but mènent tous les chemins; Je sais quel est le fond du vase oii l'on s'enivre; Je sais, ô mes beaux joursl quels sont vos lendemains.

Et loi, que viena-tu faire en ces mornes ténèbres, Image encor chérie et qu'en vain je veux fuir? Je ne dois pas te voir à ces clartés funèbres; J'aime mieux t'oublier... 11 faudrait le haïr t

LBS GNOME

Les rêves sont rentrés dans leurs lointains royaumes, Et ton foyer désert ^est peuplé de fenlAmes.

L'biver évoque en loi les spectres du passé.

Nous voici, les dragons, les vampires, les gnomes 1 En vain ta porte est dose: à Ion chevet glacé L'essaim des noirs esprits dans l'ombre est amassé.

Vois du plafond qui s'ouvre une forme descendra , Vois ces nains s'acroupir, à tes pieds, sur la cendre ; Vois ces doigts tout sanglants écarter tes rideaux. On rile, sous ton lit, vient de se taire entendre; ho livre que tu tiens se déchire en lambeaux, Et le vent d'un soupir a soufflé tes Qambeaux.

Les reconnais-tu bîea sous leurs formes nouvelles. Ces folles visions que tu trouvas si belles?

Ta main blanche a serré ces doigts courts et velus : Les voilà, tes amours, sans que tu les rappellâsl Tu fais pour nous baonir des efforts superflus ; lie remords nous conduit, nous ne te quittons plus.

frère de la mort, 6 sommeil que j'enviel Dans ma suprême attente, hélas 1 tu me trompais I Je souffre, en ton linceul, les horreurs de la vie: Tu n'as pu me donner ni l'oubli, ni la paix.

;.GoogIc

' SYMPHONIE DES SAISONS

Je ne demandais pas à ta douce magie De verser à mon cteur des songes superflus; riDToqnais, pour tout bien,' la froide létbafgie. Heureux qui dort sans rave et ne s'éveille plus I

Je bornais )â mes vosux. Je ne dois plus entendre Ce vain nom du bonheur, sans objet, sans écbos: Si Dipu même, ici-bas, s'offrait k me le rendre, Je le refuserais I J'ai besoin du repos *

Tombe sans bruit, neige éternelle; Couvre de ton linceul ces pr6s jadis h verts.

Tombe sans bruit, neige étemelle.

Sur ce corps où brillaioDl tant de cbannes divers,

Sur cette âme qui fut si belle.

Tombe sans bruit, neige étanielle, Enveloppe à jamais ce corps et l'univers.

Tombe sans bruit, neige élemelle , ËtoufTe, en même temps, la crainte et le remords.

Tombe sans bruit, neige étemelle.

Interdis te réveil à tout ce qui s'endort.

Au souvenir vivant chez elle....

Tombe sans bruit, neige étemelle.

Et tais régner partent le silenCe et la mort.

D,(,niod.,GoOgIc

Bien t je vois s'effeuiller, avec mon dernier rêve. Tout ce qui fut mon cœur, mes regrets, mes désirs. Voici le vent d'oubli qui souffle et vous enlève; Tombez avec la neige, ô derniers souvenirs!

Allez où va la voix quand les lèvres se taisent , Où vont en s'éleignant les rayons du soleil. Bien I d'un sang tiâde encor les orages s'apaisent. Tout est rentré dans l'ombre, et je tiens mon sommeil-

CHGEUB DES TÉNÈBRES

C'est pour nous qu'ont fleuri les roses de l'aurore. Pour nous tous ces fruits d'or que le soir voit éclore , Pour nous chaque rayon qui sourit dans les ciens, Chaque regard d'amour qui brilla dans vos yeux. Tout revient h la nuit solitaire et profonde. Ton règne, 6 sombre hiver! s'est levé sur le monde ; Viens couvrit' de tes flots sans Forme et sans couleur Ces germes inquiets de vie et de chaleur ; L'espace ouvre son lit à tes ondes funèbres : Roule en paix sur la oeige, océan des ténèbres I

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