FEUS FOLLETS
Les cieuz de vapeura sont chargte ; Sortez de terre et voltigez, Flammes railleuses de l'automne.
Venez, sylphes et lutios, De vos rires argentins Rompre sa vois monotone.
Levez-vous, esprits follets,
Sur l'étang qui fume; Trilby cbanle ses couplets :
Valsez dans la brume.
Saulez, sans courber les joncs, Sur les fossés des donjons
Et sur les bruyères , Sur les crânes dispersés
D,gniodD,GoOgIe
Dans les cimetières;
On entend , où vous dansez ,
Le rire des trépassés.
Fantâmes importuna de mes belles années, mes chers souvenirs, que voulez-vous de moi?
Olez ces jeunes fleurs de vos tempes fanées, Fertnez ces yeui orillants qui me glacent d'effroi.
J'aimais en vous l'espoir ; vous m'apportiez en fonle Des promesses que Dieu n'a pas voulu tenir; Désormais tout, chez moi , s'assombrit et s'écroule : Et je hais le passé, n'ayant plus d'avenir.
Je sais, ô mes printemps! j'ai vu ce que vous êtes
Sans les illusions dont vous fûtes ornés; Quand le temps a flétri vos couronnes de fStes, Le remords apparaît sur vos fronts décharnés.
Voici l'biver lugubra et son affreux cortège , D'oiseaux noirs répandus sur son linceul de-neige.
SYMPHONIE DES SAISONS
Les corbeaux ont senti le parfum de la mort.
Jls vieDRBDt, enhardis en leurs instincts funestes; De nos belles saisons ils dévorent les restes. Croassants et rougeurs, et pareils au remords,
lÀ, les débns sanglants du coursier plein d'audace Dont le vol idéal nous portait dans l'espace ; Ici , le ciiien fidèle h son maître oublieux ; Li, le cvgne plaintif et la tendre colombe... Bien, corbeau 1 fais rouler sur cette fraîche tombe Ce crAne chauve et blanc dont tu crevas les yeux.
Hier, jo vous pleurais ; je désirais peut-être, Ornes jeunes saisons, revoir vos jours si doux; Maintenant je dirais, si vous pouviez renaître: Fuyez, ô mes printemps! je ne veux plus de vous.
Je vous connais trop bien pour songer & revivre! Je sais trop à quel but mènent tous les chemins; Je sais quel est le fond du vase oii l'on s'enivre; Je sais, ô mes beaux joursl quels sont vos lendemains.
Et loi, que viena-tu faire en ces mornes ténèbres, Image encor chérie et qu'en vain je veux fuir? Je ne dois pas te voir à ces clartés funèbres; J'aime mieux t'oublier... 11 faudrait le haïr t
LBS GNOME
Les rêves sont rentrés dans leurs lointains royaumes, Et ton foyer désert ^est peuplé de fenlAmes.
L'biver évoque en loi les spectres du passé.
Nous voici, les dragons, les vampires, les gnomes 1 En vain ta porte est dose: à Ion chevet glacé L'essaim des noirs esprits dans l'ombre est amassé.
Vois du plafond qui s'ouvre une forme descendra , Vois ces nains s'acroupir, à tes pieds, sur la cendre ; Vois ces doigts tout sanglants écarter tes rideaux. On rile, sous ton lit, vient de se taire entendre; ho livre que tu tiens se déchire en lambeaux, Et le vent d'un soupir a soufflé tes Qambeaux.
Les reconnais-tu bîea sous leurs formes nouvelles. Ces folles visions que tu trouvas si belles?
Ta main blanche a serré ces doigts courts et velus : Les voilà, tes amours, sans que tu les rappellâsl Tu fais pour nous baonir des efforts superflus ; lie remords nous conduit, nous ne te quittons plus.
frère de la mort, 6 sommeil que j'enviel Dans ma suprême attente, hélas 1 tu me trompais I Je souffre, en ton linceul, les horreurs de la vie: Tu n'as pu me donner ni l'oubli, ni la paix.
;.GoogIc
' SYMPHONIE DES SAISONS
Je ne demandais pas à ta douce magie De verser à mon cteur des songes superflus; riDToqnais, pour tout bien,' la froide létbafgie. Heureux qui dort sans rave et ne s'éveille plus I
Je bornais )â mes vosux. Je ne dois plus entendre Ce vain nom du bonheur, sans objet, sans écbos: Si Dipu même, ici-bas, s'offrait k me le rendre, Je le refuserais I J'ai besoin du repos *
Tombe sans bruit, neige éternelle; Couvre de ton linceul ces pr6s jadis h verts.
Tombe sans bruit, neige étemelle.
Sur ce corps où brillaioDl tant de cbannes divers,
Sur cette âme qui fut si belle.
Tombe sans bruit, neige étanielle, Enveloppe à jamais ce corps et l'univers.
Tombe sans bruit, neige élemelle , ËtoufTe, en même temps, la crainte et le remords.
Tombe sans bruit, neige étemelle.
Interdis te réveil à tout ce qui s'endort.
Au souvenir vivant chez elle....
Tombe sans bruit, neige étemelle.
Et tais régner partent le silenCe et la mort.
D,(,niod.,GoOgIc
Bien t je vois s'effeuiller, avec mon dernier rêve. Tout ce qui fut mon cœur, mes regrets, mes désirs. Voici le vent d'oubli qui souffle et vous enlève; Tombez avec la neige, ô derniers souvenirs!
Allez où va la voix quand les lèvres se taisent , Où vont en s'éleignant les rayons du soleil. Bien I d'un sang tiâde encor les orages s'apaisent. Tout est rentré dans l'ombre, et je tiens mon sommeil-
CHGEUB DES TÉNÈBRES
C'est pour nous qu'ont fleuri les roses de l'aurore. Pour nous tous ces fruits d'or que le soir voit éclore , Pour nous chaque rayon qui sourit dans les ciens, Chaque regard d'amour qui brilla dans vos yeux. Tout revient h la nuit solitaire et profonde. Ton règne, 6 sombre hiver! s'est levé sur le monde ; Viens couvrit' de tes flots sans Forme et sans couleur Ces germes inquiets de vie et de chaleur ; L'espace ouvre son lit à tes ondes funèbres : Roule en paix sur la oeige, océan des ténèbres I