ADAH
Les mers, si nous voguons ensemble, N'ont pas de cotuTouï dont je tremble; Je m'y berce en paii sur ta foi.
Tiensi dans ces mond^ que j'ignore, Sous îin ciel plus torride encore, mon amour, emporte-moi I
G&CBIFB DES aisilIIBS
La douce voix de la Sirène Est plus douce à qi)i vient plus près.
Le vent dort, la mer est sereine; Suis l'instinct charmant qui t'entraîne A jouir de nos dons secrets.
Cherche avec le Triton folâtre
SYMPHONIE DES SAISONS
A dénouer nos cheveux d'or, A ploQger sous l'onde bJeuAtra Qui s'enlace à dos Qaocs d'albâtre :
Des beautés s'y Toilenl encor.
C'est DOus, au pays de ces rêves, Qui portons le cœur ingénu ; Au poëte errant sur nos grèves Nous faisons respirer, sans ti'éres, L'air enivrant de l'inconnu.
Quiconque à nos flots s'abandonne Terra des palais enchantés Où tout désir a sa couronne, Où, j)ar nous, jour et nuit résonse Le plein accord des voluptés,
Si d'un regret ton Ufiur.soupire, Nous guérissons du sauveiùr.
Là, dans l'air, l'oubli se respire, Et quiconque a vu notre empire A refusé d'en revenir.
Suis l'instinct charmant qui t'entraîne A jouir de nos dons secrets :
Le vent dort, la mer est sereioe; Tenez écouter de plus près La douce voit de la Sirène.
î.GoogIc
C'en est fait des beaux jours I le soleil incertain
S'est levé dans la brume. ' De nos baisers d'hier, pleurant jusqu'au malin.
Je garde une amertume.
Nous marchions, au retour, sur les gazons flétris.
Sur la feuille jaunie, Quand j'ai vu s'allumer, dans ses yeui assombris.
L'éclair de l'ironie.
Et mon cœur se roferme I et j'oublie à jamais Nos printemps et mes songes.
Bonheurs qu'il m'a donnés, saisons où je l'aimais, Nétiez-vous que mensonges T
VENTS D'AUTOHNB
Tenez la porte close et gardez votre cœur I Je sens un soufOe aigu, j'écoute un bruit moqueur : Toîci les venls d'automne.
î.GoogIc
3VMPH0MË DES SAISONS.
Les feuilles devant moi volent en tourbillons; Un brouillard glacial étend sur les sillons Sa blancheur monotone.
Adieu, tièdes zéphyrs aux murmures discrets ! C'est la bise insolente ; elle arrache aux forêts
Des cris de mille sortes.
Je l'entends qui nous raille en ses longs slfUements... Et j'ai &it, sous mes pieds, comme des O!
Craquer les branches mortes.
Je m'éveille au milieu du lointain univers
Où tu m'as entraînée.
Je dierche aultwr de moi, dans nos jardins déserts ;
J'y suis abandonnée !
Que me font ces fruits d'or dérobés sur ta foi
Pour les goûter ensemble T Que me font ces beaux lieux où j'aspirais pour toi ?
J'y suis seule et je tremble.
Pauvre cœnr, à jamais exilé de l'amour,
Mon supplice commence.
Pourrai-je sans monrir traverser tout un jour
Ha solitude immense T
GHCBUH DB FAUNBS
Quand les fleurs tombent du rosier, Quand mûrit le rouge alizier, Quand les bois sont devenus jaunes, Entre les ceps de pourpre et d'or,' , Prompts à cueillir leur doux trésor, Toici le chœur des joyeux Faunes
Les jours ont perdu leufs clartés, Les derniers fruits sont récoltés, Hais il reste encor la vendaoge.
Le soleil, au fond du raisin, Caclie un feu pour l'hiver voisin ; En Bacchus Apollon se diange.
Vois, BOUS les chines dépouillés, Danser les Faunes barbouillés, Riant bous leur masque de lie.
Farder ainsi votre pâleur; Le rire étouffe la douleur :
On la cache, et puis on l'oublié.
plus mon âme a de lourds chagrins.
Plus ma vois a de gais. refrains.
Mon œil de railleuses t«ndressesl Voyez, sur les gazons flétris.
SYMPHONIE DES SAISONS
Le soir qui passe en loaiiteau gris...
C'est l'instant propices aux ivrssees.
Ta joue a perdu son carmin ; L'ennui rendrait cbauve, demain.
Ton Tront jauni par son baleine.
Reçois nos joyeuses couleurs :
Il fout, sur un visage en pleura.
' Mettre le masque de Silène.
Pourquoi, dans tes yeux obacnrcis, De ton cœur trahir les soucis t Veux-tu que la pitié t'accable T Laisse noire doigt acéré Sur ton masque transSguré Graver un rire ine^cable.
Des traits que vous avez reçus, Pour bien jTiérir, ô cœura déçus I Bradez des blessures pareilles. , Venez apprendre à nos leçons Comment dans le miel des chansons On tient prêt le dard des abeilles.
CHANSON ou llBni,B
Le rossignol amoureux^ LangoureuK,
Qui s'enivrait d'une rose, L'oiaeaa poSte est parti, Averti
De t'hiver et da la prose.
Mais il reste encore des voix
Au doux mois 0!ï le raUin nous arrive.
Voyez, BEUia craindre les rers.
Des forêts .
Sortir en chantant la grive:
La grive et te sansonnet
Qui connaît Les plus beaux ceps de vos vi^
Le merle, sifileur méchant, Dont le chant Raille et fait peur il vos cygnes.
H mord, le hardi voleur,
Au meilleur ; A tout fruit mûr il fait brèche ; Puis, des pampres déliés,
A nos pieds, Part sifQant comme une flèche.
n elSeure, oiseau fripon,
Le jupon Et la main de la plus belle :
SYMPHONIE DES SAISONS
Portant sur l'arbre voisia
Ud raisin Qu'il becqueté eu riant d'elle.
Sans âoale, un jour, l'étourdi, Engourdi
Par le jus divin qu'il aime.
Sans voir nos lacets subtils.
Dans leurs fils Ira se jeter lui-raftme.
Aux chasseurs qui l'ont guetté.
Sa galle Le trahit, sous le feuillage ; La mort vient dans son plaisir
Le saisir...
C'est le sort râvâ du sage.
Voici l'urne où j'ai bu la divine liqueur, Plus rien, plus rien n'y reste...
Et je garde aujourd'hui des voluptés du cosur Un souvenir funeste.
voua qui dans dos prés où je dansais pieds m
Et d'où je suis proscrite.
Interrogez encor, sous vos doigts ingénus,
La blanche marguerite ;
î.GoogIc
S8 . LliS SYMPHONIES.
Vous qui rave; encor d'innocence et d'amour,
Unfaat rieuse et blonde, Le vent qni m'a porté doit vous porter un jour
Dans ce désert du monde..
Et, quand disparaîtra le mirage trompeur,
A moitié dans la route.
Vous aussi vous aurez ma voix qui vous fait peur.
Et mes yeui qu'on redoute.
Car vgus ne voudrez pas exposer votre deuil
A lai foule qui passe; À défaut du bonheur, gardons au moine l'orgueil
Pour dernière cuirasse 1
Repoussons des humains l'insolente pitié :
Mieux vaut leur lâche envie.
Jetons comm» un mépris, à leur fausse amitié,
L'éclat de notre vie.
Je veux faire pâlir le printemps et l'été
Devant^ ma belle automne; Du charme rayonnant de ma sérénité
Je veux que l'on s'étonne.
Je veux plus haut qu'eux tous rire et chanter encor !
Je veux, je veux répandre Mes plus sombres pensers avec une voix d'or,
Avec un regard tendre. •
î.GoogIc
SYMPHONIE DES SAISONS
Que chacun loue en moi la stoïque raiwa,
La tondresBe divine...
Quaod chaque flot de mid portera son poixon,
Chaque fleur son épioe.
Viens, à consolateur que j'insultais hier I
Sois mon amer génie.
0ht viens m'ouvrir ton temple, asile d'un cœur fier.
Ironie, Ironie I