‹ Les symphonies: idylles héroïquesChapitre 48 sur 61 · LES SEMAILLES · texte numérisé non relu

LES SEMAILLES

Guérir le mal dont j« succombe, HoD âme a déjà pris l'essor; J'ai les ailes de la colombe.

J'arriverai! dussé-je encor Franchir l'épaisseur de la lonbel

Hais là-bas, arrêtés au milieu du sillon.

Les bouviers, Ji genoui, plantent leur aiguilEon. Tandis qu'au-dessus d'eux les corbeaux el les cygnes Dans les sentiers du ciel passent en longues lignes. Sur la feuille jaunie un cortège nombreux Serpente, au bord du bois, le long du chemin creux : C'est la fiimille en deuil et d'amis entourée Qui porte au champ des morts l'aïeule vénérée.

Les voilà disparus dans le funèbre enclos,

Et déjà l'on entend, au milieu des sanglots,

— Le prêtre ayant Gni son oraison dernière, —

La terre, — ô bruit affreuxl — retombant sur la bière.

Or, seuls dans leur sentier, revenant à l'écart, Les époui l'un do l'autre ont cherché le regard.

Ah! je voudrais verser mon àme tout entière Au sillon que voilà;

sw IDYLLES Héroïques.

Et dormir è jamais eons cette morne pierre , Si tu n'étais pas \h.

Si ma vie en son deuil n'était pas encliatnée

Aux bras de Dos enlanle...

Hais mon cceur sera fort contre la destinée;

C'est toi qui le défends.

J'ai vu crouler bous moi le sol de ma colline;

Hais l'arbre y vit toujours, mèro de mes Glsl car j'ai pris ma racine

Dans nos saintes amours.

Beçois donc h cette beura, avec ma plainte amère

D'un bonheur envolé, Tout mon ccaur dans un mot : Dien m'a repris ma mère.

Et tu m'as consolél

Et moi dans un mot je rassemble Les plus saints noms et les plus doux ; J'ai mon père et ma mère ensemble Et mon frère en toi , mon époux I

Pourvu que ton cœur m'y réponde, Notre champ est mon univers; J'ai mon paradis en ce monde Tant que tes bras m'y sont ouverts;

FBANTZ. — LES SEMAILLES.

Tant que Dieu garde et que prospère De nos Sis le rianl essaim; Tant que je puis, devant leur père.

Les presser tous contre nwn sein.

Par eux, dans le deuil où nous sommes, Laisse ton cœur se ranimer; • Vis pour en faire un jour des hommes ; Moi je leurwiseigne à t^aimer.

FR-AHTS

A genoux , mes enrauls, priez, pleurez près d'elle;

Que nos morts soient joyeux!

Sa voix fait tressaillir la terre maternelle Pleine de vos aïeux.

Dçnnez-lour, ô mes Bis, à tous ces morts augustes,

Vos premières douleuis.

Vous devez un sang pur aux vertus de ces justes;

Qu'ils aient au moins vos pleurs I

Leuraustère travail a fondé ce domaine,

Ce champ qui vous nourrit; Leur sagesse a glané dans la sagesse humaine

Le pain de votre esprit.

Par eux ont survécu ces chânes dont l'ombrage Orne encor ce beau lieu ;

SM IDYLLES Héroïques.

Par eux l'aotique foi, pour suprême héritage. Vous transmit le vrai Dieu.

Demandons nos vertus au tombeaD de l'ancètrel OflhinB-lui DOS remordst ' Dieu sème au fond des cœurg le bien qui doit y naître, Dans la saison des morts.

Le SBUBDR

La terre est assez labourée.

Des entrailles du champ ôtez le soc d'airain.

Notre Ame est assez déchirée, Des cœurs qu'il brise encore ôtez le noir chagrin. Et vous, divin semeur, parcourez la contrée;

La terre est assez labourée; Versez, versez à Ilots les germes du bon grain.

Prêtez au sillon la seeience, Donnez aux morts chéris leur gîte hospitalier.

La vie est li qui recommence; Ce champ pour une graine en rapporte un millier. L'hiver, tout va dormir sous un linceul immense;

Prêtez au uilon la semence , Le printemps du Seigneur viendra tout réveiller.

Tu permets HU travail de priser ta mameUe, Palienle nourrice, et, depuis six mille ans. Tu gardes à 1^ fils ta richesse éteroelle, .

Tu livres sans compter les trésors de tes flancs.

Tes bois nous sont ouverts, ta plus belle panirel Noua fouillons dans tes os de marbre et detnétal. Aux besoins du réel tu donnes sans mesure...

Hais ta portes aussi ta moisson d'idéall

Tes saisons pour notre âme ont d'indicibles charmes, Je les admire en toi..., mais ils viennent d'ailleurs! S'ils font Battre si bien le sourire ou les larmes. C'est qu'ils ouvrent nos yeux ù des mondes meilleurs.

iU IDYLLES HËROlQdES.

Sois soumise an travail , ô l«rre , et sois bénie ! Donne à Dots les épis au pain de tous ies jours; Mais conserve tes bois, sources de l'harmonie. Et garde aussi tes fleurs, dont vivent les amours.

Par les vertus des morts qu'à tes champs nous donnjme:, Fuis croître la beauté, la sagesse en tout lieu: Tu dois nourrir les fruits et les fleurs pour les àme». Et les Ames pour Dieu.

î.GoogIc

ROSA MYSTIGA

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