‹ Les symphonies: idylles héroïquesChapitre 57 sur 61 · HERMAN · texte numérisé non relu

HERMAN

Od dit qu'impatients d'abdiquer la jeunesse,

Aux wrdidee calculs vous livrez vos vingt eus ;

Qu'à moins d'un sang nouveau qui du vieux sol renaisse,

La France et l'avenir ont perdu leurs prÏDtemps.

A l'âge où nous errions, livreen main, sous la haie, Tout prêts h dépenser notre cœur et nos jours, On dit que vous savez ce' que vaut en monnaie L'heureux l«mps des chansons, des songes, des amours.

On dit que le franc rire est absent de vos fêles ; Que l'ironie h flots y coule par moments ;

3M IDYLLES HÉBOIQCES.

Que chez vous le plaisir, pour parer ses conquêtes, Bève , au mépris des fleurs , l'or et les diamanis ;

Que vous refuseriez l'amour et le génie.

Si Dieu vous les offrait avec la pauvreté; Que vous n'auriez jamais pour la Muse bannie Un seul regret, pas plus que pour la liberté !

On dit vos cœurs tout pleins d'ambitions morl-nées ; On dit que vos yeui secs se refusent aux pleurs ; ' Qu'avec vous le rameau dos nouvelles années Porte un fruit corrompu , sans avoir eu des Qeurs.

Hais je vous connais mieux , malgré votre silence ; Le poëte a chez vous bien des secrets amis.

D'autres vous ont crus morls et vous pleurent d'avance, Frères de Roméo, vous n'êtes qu'endormis 1

Qu'importe un jour d'attente, une heure inoccupée ! Tous vos lauriers d'hier peuvent encor fleurir ; Vous qui portiez si bien et la lyre et l'épée. Vous qui saviez aimer, vous qui saviez mourir !

Hier, une étincelle éveillait tant de flamme I Hier, c'était l'espoir et non le doute amer; Un seul mot généreux, tombé d'une grande âme. Vous soulevait au loin comme une vaste mer.

DÉDICACE. 3S

Aux bifissonâ printaniers lout en cueillant des roses. Vous saviez des hauts lieux gravir l'âpre chemin. Et pour vous y conduire, amants des saintes choses, Elvire ou Béatrix vous prenait par la main.

Vous les suivrez encor sur la route choisie I

Vous gardez pour QambeaQ leurs regards Sera et doux ;

Celui qui cherchara la fleur de poésie

Ne la pourra cueillir, s'il n'est pareil à vous.

Aimez votre jeunesse, aimez, gardez-la toute 1 Elle est de vos aines l'espoir et le trésor ; Porlez-la fièrement, sans en perdre \ine goutte ; Portez-la devant vous comme un calice d'or.

Peut-être on vous dira à'y boire avec largesse. D'y verser hardiment le vin des passions ; D'autres vous prêcheront l'égoïste sagesse Qui rampe et se réserve à ses ambitions.

Mais aux vils tentateurs vous ser«z indociles I La Muse vous conseille, et vous saurez choisir: Restez dans le sentier des vertus difficiles ; Votre Age a des devoirs plus doux que le plaisir.

A vous de mépriser ce qu'un autre âge envie, Tout bien et tout renom qu'on acquiert sans efforts.

Dieu TOUS a faits si fiers, si purs, si pleins de vie. Pour les belles amours et pour les belles morts.

Tenez donc I je vous suis, et nous volons ensemble ; Nous remontons le cours du temps précipité ; Vous me faites revoir tout ce qui vous ressemble. Toute chose où rayonne un éclair de beauté.

kxtx vous je suis jeune; avec vous j'ai des ailes, Vos ailes de vingt ans, l'espérance et la foi I Ces deux vertus des forts, qui vous restent fidèles. Me rouvrent votre Éden , déjà trop loin de moi :

Non pour nous endormir sur ses tapis de mousse. Pour y suivre, en rêveurs, dans ces détours charmants, Sous l'ombre oij les oiseauï chantent de leur voix douce, Les méandres de l'onde et les pas des amants ;

Non pour cueillir sans fin la Deur d'or sur les landes. Pour perdre nos printemps à tresser dans les bois, A. nouer de nos mains tant de folles guirlandes Qui, l'automne arrivé, nous pèsent quelquefois.

Non I c'est pour y tenter la jc Où les héros d'ArUiur cherchaient le Saint-Graal. A vous, audacieux qui pouvez l'impossible, A vous d*y découvrir, d'y ravir l'idéal I

DÉDICACE. 3

Faisons, si vous voulez, ce périlleux voyage, Loia du sentier banal od notre ardeur se perd. Montons, pour respirer la pureté sauvage, L'héroïque vigueur qu'on retrouve an désert.

Venez vers ces sommets inondés de lumière; L'extase y descendra sur votre front bruni.

Sous ces chênes, vêtus de leur beauté première. Imprégnez-vous là-haut d'un sou&le d'inflni.

Et, dans votre âme, avec le concert qui s'élève, Avec le bruit du vent et l'odeur des ravins , Quand vous Eturez senti couler comme udc sève Tout ce que la nature a d'éléments divins .

Vous irez moissonner dans un autre domaine.

Dans un autre inSni qu'on n'épuise jamais, Les œuvres des penseurs vous ouvrent l'âme humaine ; Visitez avec eux l'histoire et ses sommets.

Là , vous évoquerez les héros et les sages ; Vou»y respirerez leur âme et leur vertu.

Gravez dans votre cœur leurs augustes images ; TIa*âsez avec eux ce qu'ils ont combattu ;

Mangez un pain vivant pétri de leur exemple,

Si bien que, nourris d'eux, plus calmes et plus forts,

Les portant comme un dieu dont vous seriez le temple. Vous sentiez vivre en vous tous ces illustres morts.

Puis, sans vous arrêter, même à ces temps sublimes, Au réel trop étroit par votre essor ravis.

Toujours plus haut, toujours plus avant sur les cimes. Lancez dans l'idéal vos cœurs ioassouvis.

Plus haut I toujours plus haut, vers ces hauteurs sereines

Où nos désirs n'ont pas de flux et de reflux,

Oit les bruits de la terre, où le chant des sirènes.

Où les doutes railleurs ne nous parviennent plus!

Plus haut dans le mépris des (aux bien qu'on adore. Plus haut dans ces combats dont te ciel est l'enjeu , Plus haut dans vos amours 1 Montez, montez encore Sur cette échelle d'or qui va se perdre en Dieu.

Crois4u qu'en ces déserts, transfuge de la vie.

Je t'apporte à nourrir quelque lâclie douleur; Que j'y vienne abriter l'égoïsme et i'envie.

Ou farder au soleil leur immonde pâleur? .

Ton flanc escaladé sent-il que je cbaDcelle?

Est-ce un débile enfant, par son rave égaré.

Qui, frappant Ion granit de ce'bâton ferré, En lait, à chaque pas, jaillir une étincelle?

l'esprit des soumets

Je sais que la mollesse et les désirs grossiers

Et les amours vulgaires.

Au seuil de mes jardina, fermés par les glaciers.

Ne se hasardent guères;

Que l'argont de ma neige et l'or du ciel en feux

Et l'encens de mes brbes N'ont jamais soulevé, du côté des hauts lieux.

Les basses convoitises.

Les simples et les forts sont mes seuls courtisans.

Hon trône de bruyère Du pAtre et du chasseur inspire, tous les ans,

La chanson libre et Gère.

Tu viens d'un pied hardi me visiter comme eux;

Un vent frais le caresse...

Et, pourtant, mon soleil laisse à Ion front brumeux

Son voile de tristesse.

Satisfiiit de mon sort et moins triste que Ser, Je ne viens pas gémir assombri par l'injure;

Si j'étais l'offensé de ce siècle de fer.

Je mettrais plus d'orgueil à cacher ma blessure.

Mais sous mon toit béni s'assied le vrai bonheur; J'y vois l'aïeul sourire au nourrisson robuste. Riche des fruits de l'arbre et des fleura de l'arbuste. Je ne désire rien,... j'ai le pain et l'honneur.

HEBMAM. 3!

Je trouve en ces Torèts et mon luxe et mes féle^ ; Plongé dans la nature, y parlant k nos dieux, Tout ce que je demande à cet âge odieux, C'est d'épargner encor tes bois et mes retraites.

Si je viens, triste et seul, au-devant du désert. C'est pour fuir, dans l'azur, sur ta cime où je monte, L'aspect même du joug dont ils aiment la honte Et leurs lâches plaisirs où ta vigueur se perd ;

Pour couvrir du silence et de l'ombre des chênes D'indignes souvenirs dont je suis innocent; Pour respirer un air plus viF et plus puissant Et qui soit pur, au moins, des serviles haleines.

Je cherche, au fond des bois, un autel, chaste encor, Qui résiste à l'orgueil des pompeux sacrifices Et, libre, en son mépris pour ie marbre et pour l'or. N'ait pas au crime heureux offert des dieux complices.

Viens ! j 'accueille et nourris ce fécond désespoir.

Ces haines magnanimes ; Je hausse les cœurs Gers et d'un ferme vouloir

Au niveau de mes cimes.

Viens! j'ouvre à tes désira cet austère jardin ;

Mon soleil t'y convie.

Râcolte, avec mes Dears, de gradin en gradin,

Les conseils de la vie.

î.GoogIc

Jusqu'au champ suspendu siir cet étroit rocher Où le chamois et l'aigle osent seuls se percher. Quel sentier a conduit, dans sa longue escalade. Depuis ce-*)it qui fume au pied de la cascade. Le hardi laboureur qui fait si haut diojssodT Quel oiseau lui prêta son aile et sa chansonT Quelle occulte vertu, sous ses mains familières. Fait jaillir tous les ans le bon grain de ces pierres? Ses bœufs n'ont pu le suivre; et, seul dans le granit, Il retourne en suant son fer que Dieu bénit; Seul dans ces hauts sillons étayés de murailles Il a porté la herse et le sac des semailles.

Le sol même est son œuvre. Au grain blond et vermeil Dieu n'a rien pour sa part fourni que le soleil. L'homme a seul amassé sur le roc qui l'appuie Ce champ aérien repris par chaque pluie.

Toi-même, à laboureur, loi seul as, sur tes reins,

Porté le riche humus à ces maigres terrains.

Ton blé germant là-haut, dans la roche brisée, V boit plus de sueurs c«nt fois que de rosée; Et, comme on bénit Dieu sous ton toit de sapin. Nous devons te bénir quand nous mangeons ce pain. Ahl qu'il est plein de vie et de saveuri Abl comme Ce pain, lait tout entier de la vertu de l'homme, Donne un plus noble sang, un plus vaillant esprit A l'aïeul qui te sème, aux enfants qu'il nourrill

Hais nous, ô voyageur, plus bauti montons encore Cet escalier des monts par oi^ descend l'aurore : Chacun de ses degrés offre au cœur agrandi L'image et le conseil d'un travail plus hardi.

Arrëlons-Dous, regarde! aui Qancs du précipice. Sur ces murs veloutés qu'un fin ga^on tapisse, Le faucheur, sur l'abîme allongeant son râteau, Haméne herbes et fleurs jusqu'au bord du plateau. '

Vois ce sapin vieilli dont les dernières branches Pendent au bord du gouffre avec leurs mousses blanches; VoisI l'homme ose attacher h ce tronc cavemeui Et preudre pour échelle un câble aux mille nœuds. Il s'en va, jusqu'en bas, couper l'herbe nouvelle. Sur le dos du faucheur la gerbe s'amoncelle.

Pour gravir sous ce poids l'Impossible chemin, Il saisit chaque nœud de sa robuste main;

Il monte; il a touché l'étroite plat^-forme.

Le voilà qui dépose, enâii, sa charge énornM. Il respire. Il repart; entre les hauts piliers Il suit de la forât les détours familiers.

Déjà, sur la collioe adoucie en sa pente, Un sentier plus batlu vers le hameau serpente; L'homme approuhe, et, là-bas, sur ce tertre avancé, Sa verte meule oscille à son pas cadencé, Voyez I le fenil s'ouvre et s'emplit; l'herbe fraîche Et les fleurs des sommets vont parfumer la crèche. Tombe aujourd'hui la neige, et grondant les autans, La vache rousse aura du foin jusqu'au prinlemps, Et tes fils accroupis, se réchauffant sous elle, Pourront s'abreuver tous sans tarir sa mamelle!

Retourne un jour eiicor, brun faucheur aux pieds nus , Jusqu'à ces prés sans maître et de toi seul connus; £mmanches-y ton fer d'un bois que rien ne rompe; Puis, reviens. Du canton, là-bas, mugit la trompe, Et, dans la gorge étroite oti roulent des tambours, J'entends les fantassins s'approcher à pas lourds.

Au soleil levant les taax étincellent ; La cascade en feu jette moins d'éclpirs Sous l'ardent rayon qui court dans les airs ;

Avec moins de bruit ses longs itols ruissellent. Au soleil levant les (aux étincellent.

Vois là-haut frémir nos fiera bataillons !

I41 liberlé soulDe et grossit la trombe ; Sur chaque berceau, près de chaque tombe, Drus comme les blés dans nos verts sillons, Ils germent du sol nos Sera bataillons.

La faux dans tes mains vaut mieux que l'épée, Montagnard fidèle aux mœurs des aïeux I Dans l'auguste foi, dans l'honneur pieux, Ainsi que ton cœur sa lame est trempée.

La ^ux dans (es mains vaut mieux que l'épée.

Ton marteau sonore a battu l'acier; Le grès du rocher près du flot l'aiguise, La hampe de frêne est faite à la guise ; Présenta la poiate au sanglant coursier.

Ton marteau sonore a battu l'acier.

Rustiques bûcheurs, l'escadron se brise Sur vos rangs pressés comme une forêt.

Frappez des chevaux le nerveux jarret; Rustiques faucheurs qu'un soldat méprise,' Fauchez plus avant, l'escadron se brisel

Les hauts cavaliers tombent lourdement

HËRMAN.

Sous i'or et l'airain des riches armures.

Les épis sont pleins, les herbes sont mûres:

Comme les pavots et le blond Tromeut, Les haulâ cavaliers tombent lourdement.

Rompez dans leurs mains, comme uoe quenouille, La lance efBlée au rouge pennon Et l'écu d'azur ofi s'écrit leur nom.

Sous l'acier des Taux lavé de sa rouille, Leur glaive est brisé comme une quenouille.

Gravissez, faucheurs, ces monceaux de morts Pareils aux sommets, votre Apre domaine; Sur ces prés sanglants le fer se promène.

Pour trancher la fleur des preux et des torts. Gravissez, faucheurs, ces monceaux de morts.

Vous n'aurez jamais de moissons plus belles; Ramenez vos chars pleins et triomphants; La liberté sainte a, pour vos enfants, Lié de ses mains les blondes javelles...

Vous n'aurezjamais de moissons plus belles.

Rentrez sous le hangar les faux et les tridents; Votre toit vous rappelle après ces jours ardents. Moi j'irai sur vos monts , qu'en rftvant je traverse, Cueillir i chaque cime une vertu diverw».

Les saintes visions habitent ces tiauteurs :

Dieu, qui s'y manifeste à vos rudes pasteurs, Accorde avec amour à leur ra^e aguerrie.

Après les grands corabuld, la grande râverie.

LB PATBB D8S MONTAGNES

I.e pfltre aux longs cheveux, roi des plateaux déserts. Seul et fort, rSve en pais sur son trône de mousse; Gouvernant, tout l'été, dans leurs pacages verts, Les noirs taureaux, les vaches rousses.

D'un geste h ses grands chiens il commande, et, le soir, Le troupeau vagabond, dispersé dès l'aurore, S'assemble autour du maître et suit â l'abreuvoir

la génisse au collier sonore.

Le vent berce les pins, ces encensoirs des monts; Dn souffle attiédi sort des bruyères voisines, Et l'homme des haulâ lieux respire à pleins poumons La vitale odeur des résines.

La robuste fraîcheur qui tombe des glaciers,

Le soleil distillant le thym et les verveines,

Le souHle et la vertu des sommets nourriciers

Ont coulé dans ses fortes veines.

Les miasme» impurs, les morsures de l'air,

Les invisibles dards dont la auit nous pénètre N'atteignent pas son Banget glissent sur sa chair, Comme sur l'écorce des iiêtrea.

Il combat, seul à seul, près du ravin béant.

L'ours au poil hérissé, qui recule et qui gronde ; Il sait, au jour fotal, de l'orgueilleux géant Percer le cràoe avec sa fronde.

L'eâprït de Dieu, souvent, a suscité sa voii. Et la harpe obéit à cette main hardie; Et le rude pasteur lance, à travers les bois, La prière et la mélodie.

Ainsi, quand le printemps met la sève en éveil.

Le vieux chine attendri se dilate en sa force,

Et l'arbre aux flancs noueux fait jaillir au soleil

Un miel blond de sa noire écorce.

Hais nous, ô voyageurs, plus hauti montons encore Cet escalier des monts par où descend l'aurore.

Les plus âpres sommets et le front le plus fier. Où les noirs ouragans grondaient peut-Ëtre hier,

an IDYLLES héroïques.

Pour qui sait les atteindre et pour qui sait y lire, Ont ïUBsi leurS'BaisoDs de fleurs et de sourire. L'amant de l'impossilile atteint lenl ces hauteurs. Connaît seul ces rayons et ces vives senteurs.

<'uei]lez sur la cime austâre Cueillez, au prix des périls, La Qear pure et salutaire Qui tient à peine à la terre, La fleur aux parfums subtils.

Dieu la sème et Dieu l'arrose ; Préférez son vague encens A l'Acre odeur de la rose, Aux parfums que l'art compose Pour le vain plaisir des sens.

L'esprit seul, au bout du rêve, Rentré sur le sol natal.

Après un combat sans trêve, Vous respire et vous enlève.

Douce fleur de l'idéal.

Nul n'atteint ces fleurs divines. S'il n'a, dans un long eRbrt,

Sur la pierre ou les épines.

Rougi de sang nos collines Et ponté... jusqu'à la mort.

Hais quand l'âme est parvenue

A ces jardins du haut lieu ,

La terre, en bas diminue,

Et, soulevé par la nue,

L'homme est tout près de son Dieu.

Hais nous, 6 voyageur, plus haut! montons encori Cet escalier des monts par oîi descend l'aurore ; Chacun de ses degrés offre au co9*ur agrandi L'image et le conseil d'un travail plus hardi.

Plus haut, toujours plus hauti Sur le glacier bleuâtre Le chasseur est debout. Les taureaux et le pâtre Apparaissent, là-bas, au soleil endormis, Noirs sur les plateaux verts et tels que des fourmis. L'ardent chasseur bondit an bord des précipices; Un chemin sans péril est pour lui sans délices. Il aime à respirer, sur la neige des monts, Un air qui brûlerait nos débiles poumons.

Il cherche au bout des pics aCTrontéa avec joie La fatigue et la lutte encor plus que la proie;

ai.

Puis, sur la toison fauve et daca l'antre des ours, H dort de longues nuits, il rêve de longs jours. Il part; le ciel est clair; dans sa force il s'enivre, Il sent sur les sommets le vrai bonheur de vivre. Et, comme l'aigle errant sans rival et sans loi, Loin de la foute impure, il est seul, il est roi.

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