HERHAN
C'est le front de la terre où dort l'Ame du fleuve. Les fécondes sueurs où tout germe s'abreuve Jaillissent de là-hautj etTétre, h grands flots, sort De ces monts recouverts du linceul de la mort.
LB olaoibu
L'esprit des eaux, caché dans son beau corps de neige, Conserve tout l'hiver son immuable siège
Posé sur les sommets ; Sa statue au front blanc, calme, solide et pure. Semble un dieu qui s'assied ft part dans la nature
Pour dormir à jamais.
Elle y forme des monts l'impassible
Le nuage empourpré d'un manteau l'environne,
La lune s'y suspend.
Et la foudre du ciel, qui tonne à cdté d'elle, Sillonnant les glaciers sans qu'une onde en ruisselle,
S'éteint en les Frappant.
Hais qu'un soleil ami caresse enfln la cime,
Le rocher devient flot, le dieu marche et g'anime
Sur son trône argenté; L'esprit des eaux s'épancbe avec un bruit sauvage, Et, roulant vers la plaine, y porte le ravage...
Ou la fertilité.
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Tel, dans la région.dea stoïques pensées, Le béros s'est vêtu de ses splendeurs glacées ;
A voir ce front serein Pareil ans pics blanchis, sans larme et sans murmure. On a cru que l'amour glissait comme l'injure
Sur c^ homme d'airain.
Mais que le vrai rayon vienne effleurer cette âme ■Qu'an dessein généreux colore de sa flamme
Ce front indifférent, Et vous verrez la neige en flot d'azur se fondre. Vous entendrez ce cœur éclater et répondre
Au fracas du torrent.
Et le grand fleuve ira susciter toute chose : Plainte ou joie, éveillant sur les bords qu'il arrose
Mille écbos assoupis; Et l'Ame s'épandra sur les imes prochaines.
Douce et terrible; ici, faisant crouler les chênes,
Là, germer les épis.
Le livre des hauts lieux plein d'images vivantes
Devant toi s'est ouvert; Tu reçus des torrents, des oiseaux et des plantes,
Les leçons du désert.
Aujourd'hui, tu parviens à des sphères plus bautes,
Où la terre et le ciel S'embrassent, eu mêlant leurs confins et leurs hûles,
An-dessus du réel.
Dans ce monde, interdit à qui n'a pas des ailes.
Tu monteras sans peur; II suffit d'évoquer tes souvenirs fidèles;
Je le livre à ton cœur.
Réveille ici les dieux sacrés dans ta mémoire
Par l'amour filial.
Lorsque tu traversas les sommets de l'hfstoire
En quête d'idéal.'
Je les vois, dans mon &me, au-dessus aes nuages, Au-dessus des vapeurs de notre temps impur, Les aïeux, les héros! Ils passent dans l'azur. Leur goufQe excite en moi de sublimes orages.
Je viens las contempler les entendre au désert , Pour que les hauts sapins où l'inGni murmure. Les cascades, les vents et la grande nature Accompagnent leurs voix d'un plus digne concert.
Je t'ai vu, tout enlant, pleurer sur mes collines.
Ton livre dans la main. Cherchant pour ('approcher de ces âmes divines
Quel est le vrai chemin.
Et moi j'ouvre à ton cœur leurs sphères immortelles;
Viens les aimer de près.
Et leur parler loi-méme, et te baigner comme elles
Dans mes saintes forêts.
Viens, assis sur les fleurs, près de l'onde écumaiite,
Respirer tout l'été L'esprit qui les supporte et qui les alimente
Dans leur élemilé!
Sur une mer de neige, une tie verte et chaude DâDs son cadre d'argent luit comme une émeraude ; Les glaciers crénelés^ a'étageant par gradin, F'ont ua rempart d'azur à ce chasle jardin.
Le sourire empourpré du jour qui se réveille, Ruisselant sur les Qeurs de i'immense corbeille. Enflamme, sous l'or vif dont il baigne leurs fronts, La digitale rouge et les rhododendrons, Et la longue asphodèle, et mille herbes étranges Qu'ailleurs n'ont vu fleurir ni l'homme ni les anges, El mille arbres sans nom réservés à ce lieu Qui u'a pour jardinier que le souffle de Dieu.
Vers ce paisible Éden porté de rêve en rêve , De sommet en sommet i'ardent songeur s'élève, Et, comme en son berceau, vient, san» étonneraent. S'asseoir sur ces gazons voisins du firmament.
Visible pour lui seul, un long cortège d'Ames Tourbillonnait dans l'air en ellipses de Dammes, Et, formant un grand aigle aii plumage vermeil.
Comme un feu dans la nuit brillait dans le soleil. Ces radieux esprits, avec des cris de joie , Planent sur'l'étranger comme sur une proie ; Car de tout noble amour par leur gloire excité Dieu nourrit les héros durant l'éternitû.
Et Tait, entre eux et nous, flotter sans qu'il déyie Un courant de vertus de l'une à l'autre vie.
Or, l'amant des hauteurs devant lui, tout le jour. Vit ces oiseaux divins se poser tour à tour ; Et tous, en lui parlant sous leur Qgure ancienne, Échangeaient par éclaira leur âme avec la sienne. Tous, divers autrefois et de race et de lieux. Ne forment plus au ciel qu'un peuple merveilleux ; Ils ont dans l'idéal leur commune patrie Et leur même symbole où plus rien ne varie i Et, d'un nnëEoe langage alternant les douceurs. L'accent seul est divers entre ces âmes sceurs.
Des lyres, îles parfuma, une chaude lumière Accompagnent la voix qui descend la première. C'est l'héroïsme en fleur dans sa jeune fierté , C'est la Grèce enseignant la force et la beauté.
a Je t'ai vu, tout enfant, errer aux Thermopyles,
Glanant sur ces rochers, en exemples fertiles,
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