‹ Les symphonies: idylles héroïquesChapitre 6 sur 61 · LES SVjHPHONlEB · texte numérisé non relu

LES SVjHPHONlEB

n répare en un jour ces longs mois où l'eanui

Appauvrissait ta muse.

Tout s'accrott au désert, tout s'engendre de lui ; '

Dans la cité tout s'use.

Croia-en donc à I^instinct qui t'y bit sentir Dieu :

La nature est vivante ; L'inSni coule eu elle et Vabreuve , en tout lieu ,

De joie et d'épouvante.

Oui, c'est Dieu qui circule en cet immense corp§ ,

Dans la moindre corolle ; Ces formes, ces couleurs, ces parfuma, ces accords,

Tout n'est que sa parole.

Cette parole vit; c'est l'âme, c'est la vois

( De toute créature ; C'est l'amour que tu sens, la beauté que 1^ vois Au fond de la nature.

Cherche donc le désert quand ta vas poursuivant

L'esprit qui renouvelle, PoSto, et, diaque été, plonge-loi plus avant

Dans la source éternelle !

î.GoogIc

LES DEUX MUSES

L AVBUOLE

L'aveugle a deviné que la Muse, à pasteurs, Conserve encore ici deux jeunes serviteurs ; Démêlant de vos voix l'harmonieuse trame, Déjà daus votre accent j'ai lu toute votre âme. Vous Êtes doux et fiers; et, puisque vous chantez, Enfants, vous honorez les dieux et respectez Les vieillards qu'on méprise en ces jours de délire ; Car toutes les vertus sont filles de la lyre. Tous m'exaucerez donc : je fus poëte aussi ; Peut-être on sait encor mes chansons loin d'ici. Mais, trop vieux aujourd'hui, des saintes mélodies

L'urne d'or reste close b mes mains engourdies; Et, par mes yeux éteints, mais non taris de pleurs, La Muse ne fait plus sa moisson de couleurs.

Ce matin, l'air plus tiède, arrivant sous moa chaume, Me guida vers ces prés où le zéphyr s'embaume ; L'aveugle y vient encore, une dernière fois, Respirer le printemps dans l'haleine des bois, Cbanlezpourmoi,bergers,cesbeaux lieux qui vous plaisent: Ce n'est pas le printemps si les oiseaux se taisent. Pour l'aveugle, chantez I pwurlui qui ne peut voir Las cieux de rose ou d'or fleurir matin et soir. Redonnez-moi l'aspect de la nature absenta ; Qu'aux clartés de vos vers mon âme encor la sente. Ces bois si cbers, ces prés de soleil éclatauts, Faites-les-moi revoir par vos yeux devingt ans. Dites-moi la nature et la saison Douvelle Et le charme secret qui vous attire en elle.

Bendez-moi, tous les deux k ce b6tre adossés, Ces combats si charmants, bêlas I et délaissés. Où les bergers, rivaux d'amour et de génie.

D'une double cbanson mariaient l'harmonie.

La Muse aime les chants alternés; les beaux vers Sonnent mieux balancés sur deux modes divers. Ouvrez la lutte, enfantsi pour prix de la victoire. Je réserve au vainqueur une lyre d'ivoire.

Présent d'un dieu pasteur qui vécut parmi nous. L'heureux vaincu prendra cette coupe de houx

LES DEUX HUSES.

Ciselée avec art, de via vieux imprégnée ; En un pareil combat, jadis, je l'ai gagnée.

' ADIIÈTR

Salut, printemps, salutl c'est toi qui fais aimer. Salut aui champs, aux bois que tu viens ranimer; Où, BOUS chaque rameau, la volupté palpite.

Je cherche les forêts, car l'amour les habite. L'odeur des prée m'attire et leurs vives couleurs ; Car j'y trouve une enfant plus douce que les fleurs.

Nature, salut t c'est toi seule, à ma mère t C'est loi que je visite en ton palais charmant ; Je n'y viens pas, épris d'une idole éphémère, Chercher d'un autre amour l'asile et l'ornement.

' ADHitTR

Dans un sentier discret de ces taillis d'yeuse, Rose comme une nymphe et comme elle joyeuse, Hoi, j'aporgus Hyrto pour la première fois; J'aime depuis ce temps la campagne et les bois.

Ton vrai charme, ô Nature I est dans la solitude ; Quand j'erre au sein des bois sai^ guide et sans chemins.

î.GoogIc

U LES S¥llPHONI£S.

Je m'y sens préservé de toute lassitude ;

J'aime avant tout chez toi l'absence des fanmains.

J'y dépose la vie et la charge cemmufie; Tout vain désir s'y calme et cède à ton attrait; Bevant tes doux tableaux toute image importune, ToQt fantôme d'amour s'efiace et disparaît.

Aui pieds des frais buissons l'oubli des soins moroses Se respire au soleil avec l'odeur des roses ; Et la gatté captive, ainsi qu'un jeune oiseau. Chante et nargue on Fuyant la cage de roseau.

Dans ces Sots de parfums que l'air des prés balance, Non Ame tout entière hors de mon sein s'élance, Et ne songeant à rien qu'à jouir des beaux jours, Comme une abeille aux fleurs, vole toute aux amours.

EftVTTNN

Oui, plus libre en ces bois, mon Sme y remplies chaîne» Dont l'homme et les destins avaient su me lier. Oui, l'oubli se respire avec l'ombre des chênes, Sur les grèves des lacs... j'y viens pour oublier.

Tandis qu'au bruit des Dots et des forêts que j'aime, La voix des passions s'adoucit et se perd.

LES DEUX MUSES

Mon Ame en ces beaux lieux se retrouve elle-njâme, Et grandit dans sa force en touchant au désert.

Ahl le désert est doux pour être deux ensemble; J'y chéris, ô Myrto , tout ce qui te' ressemble ; C'est toi qui m'embellis la taille du palmier. Et l'ceil de la gazelle et le cou du ramier.

La nature me [datt, la nature est cbarmanle ! Hais d'un charme emprunté des grâces de l'amante. Aveugle avant d'aioier, dans mes rudes penchants, Je ne me doutais pas de la beauté des champs. .

ERWÏNN

Quels yeux ont des regards profonds comme ces ondes Sur qui le noir sapin s'incline échevelé?

Quel front si pur de vierge a, sous ses tresses blondes. De ces sommets neigeux l'éclat immaculé ?

Quelle voix a l'accent du flot baisant les rives? Quel amoureux silence est plus délicieux Et verse un plus long réveaux âmes attentives Que l'entretien muet des bois silencieux ¥

ADH£TE

Au bord du lac, un jour, sous l'aune et sous le frêne.

Belle et sans voile, ainsi qu'une jeune sirène. J'ai vn Hyrto tordant l'or de ses longs cheveux : Des pertes en tombaient et ridaient les flots bleus. La blancheur de son corps par les rameaux couverte Bend l'eau plus sombre autour et la feuille pins verte, Et sur ses pieds de roâe arrive en suruageant Parmi l'or d'un &n sable une écume d'argent De ses yeux, de son sein et de ses tresses blondes Un reflet émané flotte au-dessus des ondes ; Et des ombres du bain sous le roc abrité Cette molle lueur remplit l'obscurité.

Hoi, je bénis tout bas l'invitante Na'fade, Et Pan qui me cacha bous Mtle ombreuse arcade, Et les ardeurs de l'air «t la fraîcheur de l'eau. Les saules sur le bain étendus en berceau, Tous les dieux de l'été, ces conseillers propices, Des larcins de l'amour joyeux d'être complices, Et par qui, sans comltats, des voiles trop discrets La beauté se désarme à l'âbri des forêts.

Un jour, des passions brisant la coupe amëre, Las des bonheurs humains avec ennui goûtés, Des promesses du cœur élouSiint la chimère, J'ai fui cet air épais qu'on respire aux cités.

J'ai cherché le désert, poussé v«<s la Nature

LES DEUX MUSES

Par cet attrait sang nom des parrums, 'des couleurs. Par ce charme qui tient, malgré toute culture, L'hoinme vers le soleil tourné comme. les fleurs.

J'avais des vaiDS plaisirs pris et laissé l'amorce ; Ayant usédetçut je croyais tout savoir; Docile au sens. borné qui s'arrête à l'écoroe, Ivre de vains désirs, j'avais nié l'espoir.

Tout le néant du monde et de sa Toile pompe S'étalait dans son vide à mon œil ébloui; Sa sagesse qui méat et sa vertu qui trompe.

L'amour même, l'amour s'était évanoui I

Eh bien, je n'avais vu qu'un seul aspect des choses. Avant de les sonder avec l'œil du rêveur; Je n'allais pas plus loin que le parfum des roses, Je n'avais jugé rien des fruits que la saveur.

Hais quand les bois sacrés m'ouvrirent leurs arcades, Quand sous les noirs sapins j'eus gravi les hauts lieux, Sur les glaciers, au bruit des vents et des cascades. L'invisible apparut et dessilla mes yeux.

Dès lors à ce soleil sans nuage et sans tache, Mon ftrae voit des champs plus touffus et plus verts ; Sous les flots et les Qeui^ sentant ce qui se cache. Pour son h6\e inconnu j'aime cet univers.

ADVbTB

En aimant ces beaux li^x, moi, c'est HjTto quej'ahne; J'y cueille pas à pas ses traces qu'elle y sème ; C'est dans les c^iamps surtout qu'absente je la vois ; ' renteods ses pieds courir sur la mousse des bois ; La mentbe et le rosier m'apportent son haleine ; Ces épis en flots d'or ondulant sur la plaine , C'est l'or de ses cheveux; la neige a sa blancheur; L'alouetle a sa voix, la colombe est sa soeur ; La source est un miroir qui retient son image ; Le soupir de la vague en mourant sur la plage, Ces feuillages émus qui parlent mollement, C'est, parmi nos baisers, son doux gémissement.

Le magique pouvoir qui t'a soumis mon âme ■ N'est pas en d'autres yeux ni dans une autre main; Ta beauté ne tient pas aux traces d'une femme. Ce que je cherche en Uii n'est pas l'aspect bunûin ;

Tu ne dois rien à l'homme, et ton charme, ô Naturel Vient d'ailleurs que des traits entre vous deux pareils Une flme s'est écrite en la large structure.

Une âme a pris pour corps tes Deurs et tes soleils.

Non, tu n'as pas à l'homme emprunté cette grâce.

LES DEUX MUSES

C'est lui qui te dérobe et doit suivre ta loi ; n n'est beau qu'en portant imprimé Bitr sa Tm» Un peu de FinSni qui rayonoe de toi.

ADMkTB

L'homme n'est jamais seul dans les lieux solitaires ; J'y sais mille témoins des anioureuit mystères. Chaque arbre et chaque flot a Bon hûte divin. J'ai surpris dans les bois la Nymphe et le Sylvain. Sous l'écorce, j'ai vu le Faune en embuscade De ses longs bras ti»^as enlacer la Dryade.

Les Tritons argenté, lés Nymphes aux yeux verts. Souriant au pâdteur, s'ébattent sur les mers. J'ai vu mes gais chevreaux et mes brebis paisibles Souvent bondir au son de pipeaux invisibles; Puis un Satyre, au loin, apparaissait dansant. J'ai vu, parfois, glisser sur l'herbe, au jour naissant, La Napéé y semant le saû^n et la rose.

Pareils à nous, ces dieux nous donnent toute chose; Nous leur devons la flkits avec l'art des chansons, Et surtout de l'amour les fécondes leçons.

L'inef&ble habitant qo'enveloppe le monde

Sous mille aspects divers est le même en tous lieux ;

«P LES SYHPBOTflEB.

D chante avec, la teuiUe ât voit ï ta^verg Tonde ; Partout présent^ cet hftte échappe ti tous les yeux.

Hais, si profond qu'il soit dans sa vaste demeure, Quoique baissés toujours ses voiles sont légers; A nos cœurs par les sens il s'adresse à toute heure, Il communique à. nous par. mtlle messagers. .

Les bois, les. vents, les Qots sont'i^ins d'esprits sonores ; De vivantes Odeurs voltigent sur les prés ; L'Ame luit b travers les yeux dtis météores.

Je sens, je vois, j'entends ces envoyés sacrés.

Un soofDe, deâ forêts agitaut les grands démes, Terse et moi des accords le fécondant essaim. Dans Tor dé ce rayon des tourbillons d'atomes. Avec l'air respires, viennent vivre en mon sein.

Au penchant du coteau, des mains aériennes Effeuillent mon bouquet et mêlent mes cheveux. Écrivent leur pensée ou dessinent les miennes Sur les horizons d'or où je lis quand je veux.

A ces pouvoirs de l'air sitôt que je me livre,

Sans rien faire souvent que respirer et voir,

Je sens mes bras plus foçls, mon cœur prêt b revivre.

Comme un arbre arrosé des pleurs secrets du soir.

LES DEUX MUSES

Do quelques noms divers que la langue les nomme, Ces esprite d'une autre ftme émanent cbaque jour; Thius de l'inviùble et se montrant I rhomme, Tous me parient ainsi d'un mystère d'amour.

Tous semblent me pousser sur ane môme route, D'où le vulgaire impur s'est lui-même banni, Sur ces échelons d'or, renversés par le doute. Qui vont du globe à Dieu, du cœur à l'inllni.

f^ des liens plus doux la campagne m'attache, J'aime en toi ce qu'on voit et non ce qui se cache, Naturel et ces dons prêts pour chaque déair, Que dispensa ta main et que je puis saisir.

J'aime ce que la fleur paiiumée et vermeille Dit aux yeus, et le chant des oiseaux h l'oreille. J'aime, pour tous les fruits dont tu les as chargés, Ces coleam généreux et gatroent vendangés ; Ce bois, parcfl qu'il prËte une ombre harmonieuse Au sommeil, à l'amour, à la danse joyeuse; Ces eaux pour rafraîchir ma coupe, et pour y voir Rire avec moi Myrto, qui les prend pour miroir.

la terre a d'autres fruits que les fruits que tu cueilles.

Plus doux que les raisins dont tu bois la liquenr. Un breuvage , émana des rayOos et des Feuilles , Sans passer par ma livre enivre auttsi mon cœur.

L'oiseau n'a pas de chants, dans sa voix printaniàre, Divins cnnme les bruits du silence écouté.

Les clartés que Je vois en Fermant la paupière De l'aube orientale effacent la clarté.

Surtout j'aime, ô campagne I en tes vertes retraites.

L'asile et l'ornement qu'à nos amours tu prêtes;

Tu répands ï plaisir tes parfums sur le lit

Où dorment les amours, car l'amour t'embellit.

Pour qui n'y porte pas l'image d'une amante

Les champs mettraient en vain leur parure charmante;

De mille jleurs, en vain, le vallon est semé;

Nulle terre n'est belle où l'on n'a pas aimé.

Mais l'amour s'est sevré de voluptés sans nombre,

S'il n'a connu jamais les bois, la mousse et l'ombre ;

Si jamais, au printemps, sous ses fraîches splendeurâ.

Un vallon des plaisirs n'abrita les ardeurs.

Oui, qui n'a pas, à deux , marché par les prairies.

N'a jamais su du coeur les douces rêveries.

Oui, malgré les baisers, les pleurs, les noms touchants,

Nul ne sent bien l'amour s'il ne le goûte aux champs.

LES DEDX HDSËS.

Tu sere l'amour aux champs , et les cbampg m'end^Ivrent. Si je chéris ces bois et le désert lointain , C'est que les voluptés dont les forêts m'enivrent M'ouvrent contre l'amour un refuge certain.

Sois bénie, A Naturel et reste souveraine , Toi qui, pour des beautés que rien ne peut flétrir, ' Me soufflas cette ardeur profonde , mais sereine , La seule dont le cœur n'a Jamais à souffrir.

Oui, j'ai subi l'amour, j'ai vécu de ses flammes'' Oui , je sais qu'au désert il a mille ornements ; Qu'il agrandit parfois les ailes de nos âmes; J'ai connu son délire et ses ravissemenfs.

Hais quel tumulte, h^as! la passion déchaîne I N'es-tu donc rien. Amour, qu'un ora ge. étemel ? Amour, on te dirait toujours mêlé de haipo ; Tu t'aigris parmi nous comine un levain mortel I

Oui , le fiel est au fond de ta coupe épuisée,

Home quand deux grands cceurs se la versent entre eut ;

Tu n'es que la douleur un instant déguisée.

Qui reprend tôt ou tard ses droits sur les heureux.

Hais toi, culte paisible, amour de la Nature,

Tu D'as pas de soupçons , pas de baine li soufQer ; L'flme en te respirant se console et s'épure ; Tes [deurs Bi^r noire front tombent sans le brûler.

D'un lien étemel quoique tu nous enchaînes, . Jamais l'injuste ennui n'en alourdit le poids : Amour doux à |It>iter comme l'ombre des chênes Dans ces ctièrm- prisons que je demande aux bois !

La for6t n'a d'ombrage et de grottes profondes Que pour donner asile aux amours vagabondes.

Pour qui tous cea parfums et tous ces nids charmante. Nature, s'ils -ne sont pour les heureux amants? Qu'importeraient les fleurs si d'une bien-aimée Nul n'en venait tresser la couronne embaumée I Pourquoi la AiOusSe éE^aisse et laA^atcheur des eaui T Pourquoi tes voix de l'onde et le chant des oiseaux , Si, de hêtres touffus discràtement couverte , La coudie au fond des bois devait rester déserte T Si le Ilot qui raunnure autour des verts lapis N'y berae mollement des couples assoupis ; fit si l'oiseau d'amour par son chant plus sonore Pour des baisers nouveaux ne les réveille encore. Tandis que t'air chargé d'enivrantes odeurs De leur lèvre altérée avive les ardeurs î

LES DEUX MUSES

Les ombres sur la mousse en réseaux découpées, Lee monts rayés de bois plus jaunis ou plus verts, Les fleure qu'un art secret parmi l'herbe a groupées. Le nuage mobile aux mille tons divers,

Les sinueux détours des flots qui se poursuivent. Le vol des grands oiseaux, les tourbillons du vent, Tracent au sein des airs et sur la terre écrivent. Pour qui sait bien les lire , un langage vivant.

Ce bruit vague des airs, des oiseaux et de l'onde

Éveille mes pensées en éveillant tes sens; Ces parfums exhalant le désir qui t'inonde Versent aussi dans moi des désirs plus puissants.

Ces souffles,. ces rayons, ces chœurs de voix lointaines M'arrachent à ce monde, importune prison; Ils me font pressentir des amoure plus qu'humaines Eu m'ouvrant l'invisible et son large horizoa.

Charme invitant des bois, douce odeur, douce brise, Va prted'èlle, âprintemps, souffle et me fïvoriael

Amenez-moi Myrto, eentien qu'elle connatt, Champs où comme les fleurs l'amour germe el reoaH; Par votre charme il faut qu'en mes bras elle vienne , Brûlante d'une ardeur vive comme la mienne.

vents, semez près d'elle , en allant y gémir , , Ces parTums qu'on ne peut respirer sans frémir ! Qu'au plus secret du bois elle coure éperdue, N'implorant et craignant parfois d'être entendue , Et qu'au premier abord sentant ma main brûler, Pâle, elle me sourie et ne puisse parler I

Désert, Nature, asile où l'être se transForme, Dans tes chastes séjours reçois inon cœur lassé ; Éloigne de mon âme, afin qu'elle s'endorme, Et les bruits de la vie et l'écho du passé I

La plus sainte vertu que possède ton onde, Ce que je vais chercher dans ton sein, c'est l'oubli , Ce doux sommeil par qui s'éveille un autre monde, Lorsqu'on ta longue pais on reste enseveli.

Pariez donc, à désert , ô voix de l'invisible. Bois où tout autre amour a pour moi son tombeau. Chantez de l'infini le cantique paisible, Nature! et bercez en moi l'homme nouveau.

LES DEUX HOSBS.

Sur un mode inconnu ta idiansoQ se déploie,

pasteurl'et pourtant je l'écoute avec joie.

Avant d'être fermés au splendide univers.

Mes yeux ne l'ont pas vu tel que le font tes vers ,

Hais mon Ame aperçoit des régions plus belles

Surgir à la clarté de ces hymnes nouvelles.

Je vois qu'un dieu, manquant au ciel ionien,

Enrichit d'un accord ton luth aérien.

A mon c<Bur de vieillard cette nature est douce ; ■

Je connais cet ennui qui vers elle le pousse.

Il semble que ce luth, au son triste et charmant,

Je l'entendis en moi murmurer vaguement.

Sois salué, vainqueurl c'est à toi que j'accorde.

Puisque toi seul tu peux l'enrichir d'une corde.

Ma lyre d'Ionie, antique et saint trésor,

Qu'Athènes cisela dans l'ivoire et dans l'or.

Jeune homme , elle est aussi d'origine céleste ;

Hoi , je meurs 1 oh I prends-la I le don sacré lui reste

D'imprimer auE accords d'harmonieux contours ,

De tes vagues chansons plie à ses lois le cours ;

Et qu'un doigt plus soigneux sur la toile agrandie

Brode en vives couleurs la chaste mélodie.

Toi, prends la coupe, AdmèCe, et le don plus joyeux

Qui verse une autre ivresse et vient aussi des dieux ;

Parlage^DÎ tas fleure ainsi que Us careasea ; Son bois gardera mieux les rosée que tu tresses Que le froat de Hyrlo prête , hélas 1 dès demain, A s'orner d'un bouquet reçu d'une autre main. Dans cette coupe, alore, près de quelque autre belle Ta boire un vin plus vieut b tou amour nouvelle. J'aime aussi ta chanson 1 j'entendais autrefois Les fiâtes des bergers la dire autour des bois ; C'est d'un tel souvenir que coule cette larme. Hais, d'un dieu je subis sans douEe ici le charme , Pour un autre est le prix, puisque autres sont les lem| Je te l'aurais donné si j'avais eu vingt ans I

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