LUS I- O M T AINES
La source, au pied du mont natal, A l'abri du moindre zéphire, Comme un grand disque de cristal Dans un cadre vert de porphyre,
Sous le chêne au feuillage noir, Fraîche au milieu d'un air torride, La source étale son miroir Comme un acier pur et sans ride.
L'azur sombre en est si profond, Si bien clos dans son lit de roche,
Qu'effrayé de ce puits sans fond, Jamais le chevreuil n'en approche.
Que sert le transparent bassin, Si le cygne au long cou d'ivoire Ne doit s'ébattre dans son sein, Et si la biche n'y vient boire?
11 attend de voir, à genoux Sur la mousse qui l'environne, Un couple aux yeux chastes et doux Que le myrte amoureux couronne.
Ensemble ils viennent s'y pencher, Mêlant noirs cheveux, boucles blondes:
Leurs regards, prompts à se chercher, Croisent deux éclairs sous les ondes.
Alors, animés par leurs yeux, Le bassin, fait pour qu'on s'y mire, De sombre devenu joyeux S'illumine de leur sourire.